Terra 12 avril 2018 à 14h00 | Par Julien Piro

Even résiste dans les bourrasques de la volatilité

Le groupe Even a terminé l’année avec un chiffre d’affaires en croissance de 4 % à 2,2 milliards d’euros. Cependant le contexte laitier reste toujours aussi volatil et le prix du lait payé aux producteurs devrait au mieux se maintenir sur 2018.

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Christian Couilleau, directeur général et Guy Le Bars, président du groupe Even, lors de la présentation des résultats de la coopérative à son siège de Ploudaniel le 6 avril dernier.
Christian Couilleau, directeur général et Guy Le Bars, président du groupe Even, lors de la présentation des résultats de la coopérative à son siège de Ploudaniel le 6 avril dernier. - © Terra

"Nous étions loin de penser qu’il y aurait autant de volatilité en 2017, explique le président du groupe, Guy Le Bars. En cinq ans, le prix de la matière grasse a été multiplié par trois et demi à quatre, la matière protéique a fait le chemin inverse". Résultat, le chiffre d’affaires d’Even a gagné quatre points entre 2016 et 2017, dont près de 58 % provient de son navire-amiral Laïta (1,5 milliards de litres de lait). Et le prix du lait payé à ses 1 370 éleveurs laitiers adhérents (+ 30 en un an) a atteint 325,43 euros pour 1 000 litres, prix qui bénéficiera en juin 2018 d’un retour sur résultat de 10 euros pour 1 000 litres. Mais le balancier du marché ne sera pas toujours aussi favorable. Aussi, pour mieux résister à la volatilité structurelle des marchés, Even maintient-il son cap de l’innovation, des investissements et de l’internationalisation de ses activités.

En matière d’innovations "amont", Even poursuit le déploiement de ses drônes d’aide à la fertilisation sur céréales et colza : il vise cette année les 2 500 hectares contre 1 800 hectares en 2017. En innovation "aval", le groupe de Ploudaniel (29) insuffle l’innovation partout. Dans les nouveaux produits laitiers, comme ces pâtes molles déclinées selon les usages (snacking, apéritif, cubes en salade, etc.). Le colostrum pour lequel Even s’est rapproché d’un spécialiste pour le valoriser en nutrition animale, humaine, en pharmacie et cosmétique. Ou encore dans l’organisation, les procédés, le marketing, etc. Christian Couilleau, directeur général parle "d’innovation ouverte et de voyages apprenants", c’est-à-dire la visite d’entreprises non alimentaires (le chantier naval STX spécialisé dans la construction de paquebots de croisière par exemple) pour développer la culture de l’innovation.

90 millions d'euros d'investissements en 2017

Le groupe cherche également l’innovation externe en participant à un fonds d’investissement et en lançant cette année un concours (Even’Up) pour identifier et accompagner les inventions de demain, créatrices de valeur. En matière d’investissements, le groupe a frappé fort en 2017 en injectant 90 millions d’euros, un record. Une bonne partie a été absorbée par l’usine de séchage de Créhen (orientée poudres premium et infantiles) qui a été mise en service en décembre dernier. Deux ans seront nécessaires avant qu’elle n’atteigne sa vitesse de croisière. Cette année, Even poursuit ses efforts pour augmenter la valeur de ses produits : 20 millions d’euros sont engagés chez Laïta Ploudaniel (35 000 tonnes d’emmental par an) pour améliorer la découpe et le conditionnement, 10 millions d’euros à Laïta Ancenis (44) pour faire sortir de terre un atelier de conditionnement en big bag de poudres dry mix. Even évoque encore des aménagements en cours dans différentes unités Laïta pour réduire la part des poudres de lait écrémé et augmenter celle des poudres de lait infantiles.

Even n’en oublie pas l’amont de sa production. Il continue de soutenir les nouveaux installés en leur accordant une rallonge laitière de 200 000 litres en prix A et le reste en B (234 000 litres de lait par installation en moyenne distribués en 2017), et en leur proposant une aide financière de 13 500 euros comprenant un accompagnement technique. "Nous avons installé quatre-vingt jeunes depuis 2015 dont trente en 2017", précise Guy Le Bars. Le litrage moyen par point de collecte a fait un bond en 2017, passant de 527 000 à 573 000 litres de lait.

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