Terra 28 juillet 2016 à 08h00 | Par Emmanuelle Le Corre

Passage de témoin aux vergers de Kernivinen

La filière cidre attire des jeunes et c'est tant mieux. à Perros-Guirec en Côtes d'Armor, François Le Jaouen, a repris l'exploitation de ses parents et posé ses valises aux vergers de Kernivinen sur la côte de granit rose.

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François Le Jaouen, propriétaire récoltant.
François Le Jaouen, propriétaire récoltant. - © Terra

François Le Jaouen a roulé sa bosse avant de reprendre la suite de l'exploitation familiale qui comprend 5 ha de vergers et 54 ha de SAU. Mais avant de s'installer, le jeune cidrier a accumulé une solide expérience. Une fois son BTS machinisime agricole en poche, il sillonne les routes de France en tant que compagnon du devoir dans le secteur de la construction mécanique... Cela durera six ans. Il est aussi formateur puis devient inspecteur technique dans le nord de la France pour un grand groupe, constructeur de "valet de ferme".

"Le gros souci était de concilier mon travail itinérant et une vie de famille qui se construisait", explique-t-il. "Evoluer en Bretagne dans mon secteur d'activité n'est pas facile non plus. En accord avec ma femme, je me suis installé il y a un an et demi", confirme le jeune trentenaire, attiré par la qualité de vie, motivé par la production et la vente directe de cidre.

Un Èlevage porcin à l'origine

Ses parents depuis les années 70 conduisaient un élevage porcin naisseur-engraisseur de 120 truies. C'est en 1995, dans une parcelle de terre inexploitée, que son père décise de planter des pommiers. De fil en aiguille, la production de cidre fermier s'installe. "En 2010, mes parents ont arrêté totalement leur activité d'élevage compte tenu de la proximité de la ville de Perros-Guirec, des mises aux normes et des bâtiments inadaptés...,", indique François Le Jaouen. Aujourd'hui, le propriétaire récoltant commercialise 40 000 bouteilles et 10 000 bouteilles de jus de pomme par an.

Production et vente de cidre

Aux abords de Perros-Guirec et sa côte de granit rose, les vergers bénéficient d'une bonne situation géographique vis-à-vis de la clientèle et des débouchés. Les visites en période estivale font le plein. Deux tiers de la production sont écoulés en direct, le reste est commercialisé auprès des restaurants, crêperies et grandes surfaces. "Du côté de la commercialisation, il y a encore de la marge de manœuvre", analyse François Le Jaouen avant d'ajouter : "Le travail consiste à maîtriser la production et produire un cidre régulier". Pour ce faire, le cidrier fait appel aux conseils techniques de la chambre d'agriculture. Et si le producteur souhaite évoluer vers le label AB, jeune installé, il sait qu'il doit "garder sa marge" entre le prix de vente à la bouteille peu élevé et les charges d'eau, d'électricité, de matériel... Ses compétences en mécanisation sont forcément un atout : l'achat de machines d'occasion et leur entretien réduit les dépenses. "De la pomme à la bouteille, il y a beaucoup de manutention. En plus des vergers productifs, il faut aussi investir dans la mécanisation. Fabriquer du cidre est moins accessible que la bière. Et pour ceux qui démarrent de rien, c'est difficile d'accès", prévient le jeune cidrier.

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