Terra 24 juin 2016 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Tous à la ferme, le 26 juin

Il est éleveur de lapins, engagé dans l'écologie pratique qu'il applique avec passion, il la mène au quotidien par l'agroécologie. Dimanche prochain, 26 juin, Yoann Février ouvrira sa ferme de Monteneuf (56), comme 19 autres exploitations bretonnes, dans le cadre de l'opération Tous à la ferme avec Agriculteurs de Bretagne. Rencontre.

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Un métier d'éleveur passionnant pour Yoann Février. Il recourt aux nouvelles technologies et à de nombreuses combinaisons et essais pour préserver et dynamiser ses sols.
Un métier d'éleveur passionnant pour Yoann Février. Il recourt aux nouvelles technologies et à de nombreuses combinaisons et essais pour préserver et dynamiser ses sols. - © Terra

"Je suis presque né dans un nid de lapin ! Je les ai faites rouler mes petites voitures dans la maternité de l'exploitation de mes parents". Alors, il y a plus de 8 ans, quand son père pose sa brouette en bas de la cour et se tourne  vers lui pour lui demander "tu fais quoi, parce que moi, je vais arrêter", Yoann Février lui dit banco ! Il avait 25 ans à l'époque et avait déjà roulé sa bosse durant 7 ans comme chauffeur pour des ETA. Associé un temps avec sa mère, il vole ensuite de ses propres ailes pour exercer ce métier passion quand Sandrine, sa compagne, continue elle à travailler à l'extérieur, affaire d'équilibre et d'ouverture.

Excellence technique et économique

"Il faut bien maîtriser le sanitaire, la qualité de l'air, l'hygrométrie, la température, la qualité de l'eau consommée, l'aliment....On est très bon ou on n'est pas", dit-il avec le sens de la formule. Excellence technique et économique vont aujourd'hui de pair pour continuer à exister. "Il faut être en haut du tableau et moi, je n'ai que des élevages d'occasion". Il en a deux, distants de 11 km, l'un avec 600 cages mères à Monteneuf (56), l'autre à Maure de Bretagne (35) avec 350 cages mères, pour 5 000 et 2 000 places d'engraissement, en plein air. Un système rare en Bretagne. Dès son installation, pour se garantir un prix fixe avec son groupement Celtalliance, il adhère à la charte Bleu-Blanc-Cœur*. Un coup de pouce "important quand on démarre mais insuffisant pour honorer des annuités sur 15 ans. Il n'y a que les grandes surfaces à pouvoir rembourser un bâtiment sur 2 ans", tacle-t-il, ne cachant pas ses 70 heures de travail hebdomadaire. Il recrutera un salarié, "pour pouvoir gérer aussi mes cultures. J'ai cherché un système pour consacrer moins de temps à tout, tout en ne déléguant pas", raconte l'ancien chauffeur qui a la passion de l'agronomie chevillée au cœur.

L'agronomie, une passion

"Je suis arrivée tout naturellement au semis direct", raconte Yoann Février dont les recherches sur internet l'ont menées à l’association Base, à l'agroécologie et à l'agriculture de conservation. "J'ai acheté des vidéos, pour comprendre le système... Toutes mes cultures sont menées en semis direct ou très simplifiées, avec des essais de semis sous couvert en limitant les passages. Je ne rentre plus avec des bennes dans mes champs. Seuls la moissonneuse et le semoir ont le droit, tous les 24 m, d'y pénétrer". Et il n'est pas peu fier de raconter que ses deux petites filles, âgées de 2 et 5 ans, reconnaissent ses parcelles, "celles où il y a des fleurs, elles les repèrent dans les couverts végétaux". Et, en matière de couvert, il se permet d'oser, par exemple semant du blé noir dans de l'orge. Une fois celle-ci récoltée, le blé noir repasse par dessus la paille d'orge. "Et j'ai récolté ça ! ", raconte-t-il, amusé, curieux et heureux de semer plusieurs plantes "pour voir la symbiose". Il tente un  autre essai dans le même esprit, avec du colza sous couvert de blé noir et du trèfle blanc au 1er juillet... "Le blé noir cherche à tout dominer, une floraison superbe ! On a eu des abeilles, on a récolté plus tard que les autres mais avec 1,44 t à l'ha après 7 t de pois légumes non irrigués et 38 quintaux de colza. Une fois le colza battu, le couvert était semé et j'ai resemé un blé au 19 octobre dans un trèfle haut de 20 à 30 cm", détaille cet adepte de l'écologie au quotidien. Il apprécie ses sols riches en vers de terre et cherche à parfaire "la cohérence globale de l'exploitation". "Il y a la charte Bleu-Blanc-Cœur, il y a de l'échange céréale-aliment mais j'aimerais produire de la viande avec mes couverts", envisage-t-il, comme une manière de boucler la boucle. Il le fera dans quelques années, "une fois les prêts payés".

Une cohérence dont Yoann témoignera lors de l'ouverture de sa ferme dimanche prochain lors de l'opération Tous à la ferme menée par l’association Agriculteurs de Bretagne, dont il se dit sensible à la vocation affichée : "bien plus que vous nourrir".

* L'association Blanc-bleu-cœur a choisi l'élevage de Yoann Février comme élevage de référence auprès du ministère de l'agriculture.

 

 

Vous avez dit "Agriculteurs de Bretagne "

Si Yoann Février s'est engagé au sein de l'association "Agriculteurs de Bretagne" c'est "parce que nous avons une carte à jouer en Bretagne, celle de l'agriculture. On fait vivre 7 à 8 personnes et on a du mal à se sortir un salaire... Ici, l'agriculture est le socle de l'économie, si on ne la soutient pas, on ne sera pas mieux que le Nord de la France, avec une économie complètement sinistrée. Adhérer, c'est soutenir cela, reprendre la main sur la communication. Ouvrir nos portes, c'est monter ce que nous faisons. On n'a rien à cacher quand on est droit dans ses bottes".

 

Dix ateliers "découverte "


Maternité
de l'élevage de lapin,

Engraissement des lapins en plein air,

Découverte d'un profil cultural,

Présentation d'un analyseur en continu des valeurs NPK sur le lisier et du N'sensor,
un matériel de semis-direct,

Quizz sur les couverts végétaux et les cultures, sur le lapin et ses vertus diététiques avec l’association Bleu-Blanc-Cœur.

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