Terra 11 décembre 2013 à 08h00 | Par Jean Dubé

La chambre régionale en session : pour un plan opérationnel Breton

Alors que le premier ministre est aujourd'hui à Rennes, pour la signature du pacte d'avenir, la chambre régionale d'agriculture consacrait mardi l'essentiel des travaux de sa session à des propositions pour le plan agricole et agro-alimentaire breton. A partir d'une analyse filière par filière, les responsables ont décrit leurs attentes pour la construction du plan pour l'agriculture. Pour éviter que tous ces travaux ne deviennent un rapport de plus dans un tiroir, Jacques Jaouen a proposé que l'agriculture se dote d'un "plan opérationnel" pragmatique, avec pour chaque ligne d'objectif des questions simples, "quoi", "réalisé oui / non" de façon à quantifier et structurer le travail de tous ces plans, qui ressemblent de plus en plus à des poupées russes.

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Jacques Jaouen : "un gros travail reste à faire pour aller du concept à la réalisation".
Jacques Jaouen : "un gros travail reste à faire pour aller du concept à la réalisation". - © terra

Rappelant le contexte général dans lequel le pacte d'avenir a été décidé, Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture de Bretagne a salué "la mobilisation de mesures d'urgences pour accompagner notamment les salariés victimes de plans sociaux". Mais il a aussi exprimé ses "doutes", la "dangereuse précipitation" avec laquelle ce pacte a été élaboré. "Les orientations stratégiques ont été insuffisamment partagées". Selon lui, "cette précipitation" fait qu'il "n'est pas parti sur de bonnes bases". Pour autant, loin de rejeter le travail réalisé, il a souligné l'attente engendrée par les annonces du Premier Ministre, qu'il s'agisse de la simplification administrative ou de la question de la réduction des écarts de compétitivité. Attente qui ne pourra être déçue ou repoussée à plus tard.

Puis Jacques Jaouen s'est situé résolument dans la construction en indiquant que le pacte d'avenir, comme d'ailleurs le plan agricole et agro-alimentaire dont il est l'un des piliers, étaient des points de départ, "un gros travail reste à faire pour aller du concept à la réalisation". Le Premier Ministre s'inscrira-t-il dans cette méthode de travail ?


Plan agricole,des atouts aux actions

Lors de la session de mardi dernier, les 7 rapporteurs de groupes de travail filière rendaient compte de leurs travaux. Les filières légumes, (frais et industrie), lait, viande bovine, porcs, volailles et oeufs, ont chacune réalisé le même travail d'analyse des atouts, faiblesses, opportunités, et menaces, de leur filière. Mais l'essentiel des présentations consistait en des propositions concrètes d'actions permettant de dresser des pistes d'avenir, pour la partie agricole du pacte breton.

Danièlle Even rappelle d'ailleurs que l'essentiel "est de redonner confiance aux agriculteurs, et de faire reconnaître leurs pratiques actuelles". "On s'est laissé manger sur les questions environnementales", ajoute Jacques Jaouen, "il faut inverser la tendance, changer de logiciel".

 

Du porc au lait, retrouver des volumes

L'ensemble des filières soulignera les baisses de production enregistrées depuis des années, ou les pertes de compétitivité. En aviculture, l'objectif sera de reconquérir les marchés en France et en Union européenne en poulet standard. En lait, Marcel Denieul fixe l'ambition de production à 6 milliards de litres pour la Bretagne soit + 18 % à l'horizon 2020.

Pratiquement dans chaque filière le premier levier d'action sera de moderniser le parc bâtiment qui était selon Paul Auffray "un atout il y a 20 ans et qui est devenu une faiblesse".

Olivier Allain reprend la même proposition en viande bovine d'une modernisation "pour accroitre la productivité du travail, réduire la pénibilité et gagner en efficacité économique".

 

De la production à la valorisation

Mais bien évidemment pour permettre ce "redémarrage de l'agriculture", certains préalables doivent être levés.  André Sergent rappelle que "l'agriculture ne demande pas seulement des aides" mais bien "la possibilité d'atteindre un objectif de performance économique et de rentabilité dans les productions d'élevage".  La simplification administrative et réglementaire sont les préalables les plus attendus aujourd'hui mais semblent aussi les plus difficiles à atteindre.  La rentabilité, ce sont aussi les prix , les relations avec la grande distribution, les relations dans la filière et en particulier la contractualisation.

 

Du pacte d'avenir à la loi d'avenir, en passant par la loi de modernisation de l'économie, la réflexion bretonne devra demain trouver des relais réglementaires, et probablement des relais parlementaires.

Martin Gutton, directeur régional de l'agriculture et de l'alimentation rappelle que l'Europe connait actuellement des avancées : "la mise en place de Smic en Allemagne dans l'ensemble des branches d'activité, la circulaire sur les travailleurs détachés, l'étiquetage". "On ne pourra pas dire que la Bretagne n'a pas été écoutée".

Le Premier Ministre dira vendredi si elle a été entendue.

 

Jean Dubé

Vote de 3 motions


Trois motions étaient présentées lors de la session :

La première sur le projet d'arrêté régional du 5e programme d'action directive nitrates.

La session a validé une motion qui à la fois prend acte d'avancées positives notamment la fin du gel de toute évolution imposée aux exploitations en ZES et ZAC et l'objectif renforcé de valorisation agronomique des effluents. Mais elle refuse la proposition d'extension au samedi de la période d'épandage et l'extension au 31 mars de l'interdiction d'apports d'effluents de type II avant maïs.

La session n'a donc pas pris de position tranchée pour ou contre, dans une motion en forme de  sursis à statuer.

la seconde motion portait sur l'équitaxe. Présentée par la Coordination rurale, elle a reçu l'adhésion de la session et de Thierry Coué pour la FRSEA, qui a souligné cet élément, insistant sur le risque que fait peser l'augmentation de la fiscalité sur la filière cheval.

La dernière motion sur l'identification électronique des ruminants présentée par la Confédération paysanne a été rejetée dans un vote un peu plus partagé, entre d'un côté la nécessité du maintien d'un statut sanitaire irréprochable pour la Bretagne et de l'autre les considérations pratiques et de coût notamment supportés par les plus petits élevages.

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