Terra 22 juillet 2016 à 10h00 | Par Claire Le Clève

FDSEA : "solidarité où es-tu ?"

A l'issue des neuf réunions cantonales que la FDSEA du Morbihan a organisées depuis trois semaines, le syndicat a fait le point mardi dernier. Si des avancées sont à mettre au crédit des actions menées, reste une conjoncture difficile, particulièrement en lait. La FDSEA en appelle à la solidarité de tous, y compris du maillon transformation.

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Pour cet appel à la solidarité lancée par la FDSEA, de gauche à droite, Pierre-Jean Jarno, François Valy, Frank Guéhennec, Jean-René Menier, Marie-Andrée Luherne et Benoît Jarno.
Pour cet appel à la solidarité lancée par la FDSEA, de gauche à droite, Pierre-Jean Jarno, François Valy, Frank Guéhennec, Jean-René Menier, Marie-Andrée Luherne et Benoît Jarno. - © Claire Le Clève

"C'est un appel à la solidarité, on a l'impression que nos transformateurs en lait ne sont pas conscients de la situation du maillon production", pointe Frank Guéhennec, président de la FDSEA, "alors que Lactalis annonce 256 euros des 1 000 litres, j'ai peur que la corde lâche pour beaucoup d'entre nous". Après le temps de la colère, "on sent beaucoup de résignation et de lassitude chez les éleveurs", déplorent les membres du bureau du syndicat qui ont tenu à souligner les avancées permises "par les actions menées ; le manger français et le droit à l’expérimentation sur l’étiquetage, les 10 points de MSA, c'est un acquis et c'est 25 % de cotisation MSA en moins...100 % des agriculteurs peuvent émarger désormais à l'année blanche, nous les invitions à le faire", liste le responsable.

Partage des marges

Reste des chantiers de taille, "nous continuons à nous battre sur le partage des marges" souligne Frank Guéhennec, "tout le monde connaît notre prix d'équilibre mais nous ne connaissons pas celui de la transformation et de la grande distribution. Or les marges sont là et nous réclamons de la transparence pour qu'il y ait partage avec le maillon production", insiste t-il en rappelant que "toutes ces organisations économiques se sont développées grâce aux agriculteurs qui ont le droit à un juste retour pour passer ce cap difficile". "Les transformateurs ont l'impression que la ressource ne pose aucun problème", met en garde Marie Andrée-Luherne. Dans cette guerre qui se joue entre bassins laitiers européens en surproduisant, "la France n'a pas produit plus". Et la responsable du dossier lait insiste "en Bretagne et dans le grand ouest, nous devons garder notre position de grand producteur de lait", et pour ce faire, "il faut aider le maximum d'éleveurs à passer ce cap, mobiliser l'économique et le technique", renchérit Frank Guéhennec faisant appel "à la solidarité de tous", car "il y a des perspectives, nous sommes une grande région agricole, c'est sûr".

 

Claire Le Clève

 

Sur la butte de la Ville Bouquet à Ploërmel, domine le bâtiment flambant neuf dont le Gaec du Rocher vient de se doter
Sur la butte de la Ville Bouquet à Ploërmel, domine le bâtiment flambant neuf dont le Gaec du Rocher vient de se doter - © Claire Le Clève

"On ne sait pas comment on va finir"

Sur la butte de la Ville Bouquet à Ploërmel, domine le bâtiment flambant neuf dont le Gaec du Rocher vient de se doter pour accueillir, en logettes, 140 laitières avec salle de traite. Une TPA 2X16 en double équipement pour produire 1,3 million de litres de lait livrés chez Sodiaal et au final, "un bâtiment simple, efficace pour travailler dans de bonnes conditions", résume Benoît Jarno sur l'ambition du projet entamé il y a 3 ans. Plus d'un million d'euros y a été investi. "On voulait pérenniser l'outil et pouvoir le transmettre", enchaîne Pierre-Jean, son frère qui, a 53 ans, s'interroge, "on ne sait pas comment ça va finir". L'épouse, sociétaire, a rejoint ce Gaec familial qui emploie également deux salariés. "Le bâtiment a été mis en route en janvier dernier. On a travaillé toute notre vie et on l'a tout le temps gagnée. On a du mal à comprendre ce qui nous arrive ! ", poursuit Pierre-Jean Jarno. "On a pris 30 % de perte en 6 mois l'an passé". L'évolution de la paie de lait sur trois ans en dit long : "A la même période en 2014, nous étions payés 335 euros des 1000 l, en 2015, 310, là cette année 270 euros. La différence, c'est notre revenu car notre prix d'équilibre aujourd’hui, c'est 335 euros. Il y a des charges incompressibles". Pour faire face, les associés ne le cachent pas : "On compte, tout, on gère les paiements, nous avons mis fin aux prélèvements automatiques, on puise sur les fonds propres mais c'est limité alors...". Il y a le doute et il est immense sur l'avenir.

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