Terra 13 avril 2018 à 14h00 | Par Claire Le Clève

Pondeuses, de la cage à la volière poulettes

Transformation ! À Priziac (56), la famille Le Parc vient d’aménager un de ses bâtiments doté de 40 000 cages pour pondeuses, en une poussinière-volière pour 60 000 poulettes préparées à intégrer des élevages code 2. Une des réponses à l’évolution du marché. C’est le premier bâtiment ainsi équipé en Bretagne. Des portes ouvertes y étaient organisées le 28 mars dernier.

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"Compte tenu de l’évolution du marché, il fallait évoluer", estime Bruno Le Parc, éleveur avec son épouse, son fils et un salarié, de la SCEA Kerfrançois à Priziac.
"Compte tenu de l’évolution du marché, il fallait évoluer", estime Bruno Le Parc, éleveur avec son épouse, son fils et un salarié, de la SCEA Kerfrançois à Priziac. - © Terra

Dans 1 700 m², quatre batteries indépendantes de volières grillagées, à deux étages, ont pris place. Dès le 9 avril, elles abriteront, durant 17 semaines, du poussin à la poulette, 60 000 jeunes gallinacées prêtes à se percher depuis le sol. Un vrai bâtiment d’apprentissage. "On n’avait plus d’emprunt sur ce bâtiment pondeuse depuis deux ou trois ans. Nous y avions fait en 2012, 25 000 euros d’aménagement bien-être. Compte tenu de l’évolution du marché, il fallait évoluer", assure Bruno Le Parc, éleveur du groupement Armor œufs.

Évoluer avec l'existant

Faire du code 2, "nous aurions bien fait le pas du plein air, mais c’était difficile". Car la réflexion sur l’évolution n’est pas nouvelle pour ces éleveurs dont le site réaménagé se situe en plein bourg, limitant les possibilités. Alors, au vu du contexte, après de mûres réflexions alimentées notamment par une visite en Allemagne sur un site équipé de ces volières Big Dutchman, ils se sont lancés. Ce sont les premiers en Bretagne à opérer cette transformation de la poule en cage à la poulette en volière, pouvant évoluer depuis le sol grâce à des rampes et des perchoirs amovibles. "Techniquement, c’est le système de matériel qui répondait le mieux à la transformation du bâtiment". C’est aussi celui qui permet le meilleur compromis en matière de densité d’animaux. Trois semaines ont suffi pour convertir le bâtiment. "On a sorti pour la ferraille les cages des 40 000 pondeuses pour installer à la place quatre rangées de volières poulettes en gardant le système de ventilation, de tapis et le hangar de stockage pour les fientes", présente Bruno Le Parc qui, avec son épouse Christelle, Florian, leur fils de 22 ans et David, le salarié, font valoir à Priziac, la SCEA de Kerfrançois.

Meilleure visibilité

"Sanders m’a encouragé", ne cache pas l’éleveur de 47 ans qui, embauché à 18 ans comme salarié sur ce site en 1989, en a repris les rênes à 22 ans. Aujourd’hui, sur trois sites et 70 ha, à côté du bâtiment de 1 700 m² datant de 2001 transformé en volières, un autre de 3 000 m² est réservé à 50 000 poulettes élevées au sol, un troisième de 1 000 m² en cours de transformation pour 44 000 poulettes et deux autres accueillant sur 2 400 m², 90 000 poules dans des cages datant de 2012, aux normes "bien-être" et pour lesquels un contrat de cinq lots sur six ans, vient d’être signé."Ça a aidé dans notre décision", reconnaît Bruno Le Parc en soulignant le gain en matière de visibilité et de négociation avec son fournisseur d’aliment, Sanders. Qu’envisager pour la suite alors qu’on parle déjà d’un amendement au projet de loi Egalim visant à interdire la vente au consommateur d’œufs provenant d’élevages en cages en 2022, dans quatre ans ? "On verra, note l’éleveur serein, j’attends de voir comment les choses se passent sur ce bâtiment".

"En poulettes on sait où on va"

Côté investissement, il en aura coûté 450 000 euros, dont 30 000 de subventions perçues au titre du PCAEA (plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles). Soit un prix de revient à sept euros par poulette, "y compris l’éclairage au LED et les turbines qui ont été changés". En matière de rentabilité ? "Par rapport à un élevage au sol, il y a du travail supplémentaire, la rémunération par poulette est alors de 0,20 à 0,23 euros", pointe Noël Lotout, technicien élevage chez Sanders. "La rentabilité ne sera pas la même qu’en poule mais c’est régulier. En poulettes, on sait où on va", estime l’éleveur qui ne partait pas de rien. "J’avais ce bâtiment sur dalle béton et le hangar à fiente. En neuf, ce n’était même pas la peine d’y penser".

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