Terra 01 mars 2018 à 15h00 | Par Claire Le Clève

Méthanisation : "tous les clignotants au vert"

Les planètes seraient donc enfin alignées pour que le développement de la méthanisation opère. C’est ce qu’estime Jean-Marc Onno, l'un de ses pionners. Il s'exprimait devant les porteurs de projets bretons réunis à Pontivy à l'invitation des chambres d’agriculture de Bretagne et de l’association Aile.

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Jean-Marc Onno, éleveur de porc s’est lancé il y a huit ans à Moustoir-Remungol dans la méthanisation, un pionnier qui est aussi membre fondateur de l’AAMF.
Jean-Marc Onno, éleveur de porc s’est lancé il y a huit ans à Moustoir-Remungol dans la méthanisation, un pionnier qui est aussi membre fondateur de l’AAMF. - © Terra

En ce jeudi 22 février, ils sont une trentaine de porteurs de projets, dont une majorité de costarmoricains, à participer à la réunion d’information coorganisée par les chambres d’agriculture de Bretagne, l’association Aile, l’association des agriculteurs méthaniseurs de France et le GIEE des méthaniseurs bretons. Ambition de cette rencontre, "accompagner au mieux" les projets et leurs initiateurs. Car complexes, "ces solutions d’énergie sont des leviers, des à-côté qui permettent de stabiliser un revenu et de mieux passer les crises", estime Gaëtan Le Seyec, éleveur laitier à Guern (56), élu chambre et président du comité de territoire de Pontivy, lui même engagé au sein du projet collectif des méthaniseurs du Blavet.

 

Clignotants au vert

"Je suis éleveur de porcs, j’ai fait évoluer mon élevage, j’ai pu me maintenir, me restructurer, continuer, être un producteur innovant en porc, je gagne ma vie avec la méthanisation", ne cache pas Jean-Marc Onno, le deuxième agriculteur en Bretagne et premier en Morbihan (à Moustoir-Remungol) à s’être lancé il y a huit ans dans une activité totalement nouvelle alors. Le pionnier ne regrette ni ses choix, ni les activités et 20 emplois créés autour de l’installation d’une capacité de 350 kWé, "dont 15 dans un élevage de champignons bio, avec la chaleur produite qui sert aussi à chauffer les maisons voisines. N’oubliez pas vos voisins", encourage d'ailleurs Jean-Marc Onno qui y voit un vecteur d'acceptabilité sociale. Pour ce membre fondateur de l’AAMF (association des agriculteurs méthaniseurs de France) , "tous les clignotants sont au vert pour se lancer dans la méthanisation". Il cite en premier lieu des tarifs nouveaux qui ont été présentés, "intéressants et judicieux", une fiscalité "favorable sinon la banque ne financerait pas", il y voit une vraie volonté de l'État, au travers "de son bras armé, GRDF," de développer le gaz vert injecté dans les réseaux…

 

Une opportunité

"C’est une opportunité pour nous. On a de quoi envisager l’avenir à condition de ne pas en laisser la maîtrise aux autres ", prévient Jean-Marc Onno, qui milite pour que les projets "restent dans les mains des agriculteurs". Ce à condition de s’y investir, car le sujet n’est ni simple, ni sans risques, au vu des investissements. Ainsi, l’ordre de la procédure est à respecter pour ne pas voir s’évaporer les subventions aujourd’hui disponibles au travers du plan Biogaz soutenu par l’Ademe et la région Bretagne. Et la première précaution à prendre quand on est en projet consiste à se faire accompagner, tant sur la réflexion que l’étude de faisabilité, l'ingénierie et les phases réglementaires du dossier, la construction et le suivi du fonctionnement de l’unité. "On est là pour toutes ces étapes", insiste Jeanne Lancauchez de l'association Aile (association initiatives énergie environnement) incluant dans ce "on" son association mais aussi les chambres d’agriculture de Bretagne et l’AAMF. Une recommandation particulière mérite d'être retenue : "Tout donner au constructeur est une erreur, il y a des compétences ailleurs et une indépendance, des formations, prenez-les", invite Jean-Marc Onno.

 

 

- © Source : Plan biogaz, Aile, janvier 2018

L'état des lieux de la méthanisation en Bretagne

En Bretagne, 71 installations de méthanisation valorisent leur production de biogaz par de la cogénération, de l’injection et en chaudière. Développées principalement à la ferme ou par des industries agro-alimentaires (trois), ces unités sont aussi le fruit d’engagements collectifs d’agriculteurs (cinq). 50 autres projets devraient voir le jour rapidement, ayant déjà obtenu leurs accords de subvention. 70 autres porteurs de projets se sont faits connaître auprès de l’association Aile en charge de diffuser l’information sur le plan biogaz mis en place voilà dix ans.

Prenez dates :

Plusieurs rendez-vous formation sont proposées par les chambres d'agriculture de Bretagne :

Session de formation "Exploiter une unité de méthanisation agricole" sur cinq jours en salle, un jour et demi en stage chez un tuteur agri-méthaniseur et trois réunions à distance.
Contacts chambres d’agriculture : Hervé Gorius au 02 98 52 48 61, Aile : Adeline Haumont au 02 40 16 37 81

Journées formation

- 15 mars : méthanisation, les bases d’un projet agricole

- 22 mai : approfondir son projet

- 5 et 12 juin : développer son projet de petite méthanisation.

Contact chambres d’agriculture : Carine Pessiot au 06 70 75 48 58.

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