Terra 23 juin 2016 à 10h00 | Par Claire Le Clève

"Reprendre ses chantiers en main"

Certes la conjoncture pèse, mais il y a encore des économies à faire dans les exploitations. Notamment en matière de traction, de récoltes ou de distribution. "Il faut reprendre ses chantiers en main",ont conseillé les responsables de la Fdcuma lors de l'assemblée générale, vendredi dernier, à Ploërmel

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"Il y a des solutions dans les groupes, il faudra plus d'échanges et de volonté pour les faire advenir"
"Il y a des solutions dans les groupes, il faudra plus d'échanges et de volonté pour les faire advenir" - © Claire Le Clève

 

"Les prix de nos produits frôlent l'indécence, entraînant de gros problèmes de trésorerie dans nos exploitations et, par effet ricochet, dans certaines de nos Cuma", n'a pas caché Jean-Michel Roger, président de la Fdcuma, relayant les difficultés vécues au quotidien par les 154 coopératives d'utilisation de matériel qu'elle regroupe. Un contre-coup alimentant cet hiver les débats au sein des réunions de secteur, "on a senti le désarroi et le ras le bol des trésoriers des Cuma". Alors que l'été point à peine, le message délivré reste le même, "le règlement de la Cuma ne doit pas passer en dernier, il faut provoquer le dialogue et des rencontres tripartites avec les banques", relaiera Dominique Gueho, directeur de la structure, quand la Cuma reste encore aux yeux de ses responsables "un des meilleurs endroits", à bien des égards et notamment "pour rompre l'isolement et parler de nos difficultés". Coté économique, la coopérative d'utilisation de matériel n'est pas en reste "si l'on veut garder de la compétitivité", appuie Jean-Michel Roger car les charges de mécanisation pèsent, et lourds dans les fermes. "Jusqu'à 25 % des charges d'exploitation, c'est 100 euros des 1 000 litres", rappelle Dominique Guého sur ces chiffres têtus, voire entêtants à l'heure où la crise sert des trésoreries exsangues. D'où les axes de travail mis en place par la Fdcuma,

 

Récolte et distribution

En matière de récoltes, l’heure est à la réappropriation, "pour maîtriser les coûts", insiste Jean-Michel Roger pointant "les économies à la clé". Ce qui justifie la mise en place de l'opération départementale d'ensilage au tarif garanti de 145 euros/ha pour toutes les cuma et leurs adhérents souhaitant créer cette activité. "Il y a un potentiel en maïs, on fait 10 % de la surface des cumistes, on mériterait d'être à 50 % au vue des gains à réaliser, 50 à 60 euros/ha", rajoute louis Alain, administrateur en charge du dossier. "Le plus gros frein, c'est l’organisation des chantiers mais on peut faire du meilleur boulot sur l'éclatage du grain, le tassage", témoigne-t-on depuis la salle. "Le plus dur a été de franchir le cap", estime pour sa part Hervé Kervadec qui, avec sa cuma Tri Lann de Landévant, a mis sur pied l'activité d'ensilage avec la machine que la Fdcuma avait fait venir de Vendée en 2014. "Et nous nous sommes appuyés sur les cuma voisines qui avaient parfois besoin d'heures pour leurs chauffeurs, au bout de la 2 éme année ça allait", estime t-il.

"Il y a des solutions dans les groupes, il faudra plus d'échanges et de volonté pour les faire advenir" , selon son président, Jean-Michel Roger.

Claire Le Clève

 

 

 

 

A gauche, Jean Claude Racouet, de la Cuma la Pierre MehaPierre-Yves Brohan de la Cuma "Laisser dire" de Limerzel et Jean Pierre Mahé
A gauche, Jean Claude Racouet, de la Cuma la Pierre MehaPierre-Yves Brohan de la Cuma "Laisser dire" de Limerzel et Jean Pierre Mahé - © claire le clève

Jean Claude Racouet, de la Cuma la Pierre Meha a témoigné de la création du groupe créé à 4 adhérents, avec achat en commun d'une dessileuse automotrice de 12 M3, distribution faite, à tour de rôle par les adhérents, en 25 minutes, sur 7 jours, de la ration aux 250 vaches des 4 exploitations pour un coût de revient de 6 000 euros/an pour 450 000 l produits. "Cela me permet d'accéder aux avantages d'une mélangeuse à moindre coût et avec beaucoup de souplesse".  Pierre-Yves Brohan de la Cuma "Laisser dire" de Limerzel et Jean Pierre mahé ont rapporté l'expérience d’achat d'un troisième tracteurs par la Cuma avec l'arrivée de 3 jeunes installés, "nous réalisons 2 100 heures facturées 15 euros/h sans le carburant, en conduite adhérent".

 

En chiffres

La Fdcuma regroupe 154 coopératives dans le Morbihan dont 43 emploient au total 79 salariés. Elles ont investi en 2015 8,3 millions d'euros de matériels dont 30 tracteurs.

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