Terra 01 août 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

Quelle conduite pour les vaches taries ?

Souvent parent pauvre de l'élevage, les vaches taries sont parquées dans une parcelle lointaine ou un coin de bâtiment en attendant le vêlage. Pourtant, la période de tarissement est cruciale pour la poursuite de la carrière de la laitière. Le point avec Benoît Portier, du pôle herbivores des chambres d'agriculture de Bretagne.

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Souvent parent pauvre de l'élevage, les taries méritent pourtant toute l'attention pour que la future lactation se passe au mieux.
Souvent parent pauvre de l'élevage, les taries méritent pourtant toute l'attention pour que la future lactation se passe au mieux. - © Chantal Pape

Avant de réfléchir à la conduite des taries, il faut se poser la question de l'utilité du tarissement. "Le non-tarissement va induire une baisse de la lactation suivante de l'ordre de 700 à 800 kg de lait, avec un gain de 1,6 point de TB et 2,3 points de TP", détaille Benoît Portier. Le tarissement court, 4 à 5 semaines, sera moins pénalisant, avec une chute de l'ordre de 300 à 500 kg de lait, et un gain sur le TP et le TB de 1,3 point.

 

Deux mois ou moins ?

 

La durée du tarissement va dépendre de plusieurs facteurs. "Il faut compter deux mois pour les premières lactations, qui vont en profiter pour finir leur croissance, les vaches maigres et les vaches infectées, préconise Benoît Portier. Et un peu moins si on ne cherche pas de pic de lactation, si on veut réduire les maladies métaboliques et si la situation sanitaire est saine".

 

Pas de mise à la diète

 

Séparer les taries des laitières ? La réponse n'est pas si évidente. "Le tarissement sera plus facile, car les vaches seront sorties de l'ambiance de la traite. Il sera plus simple de maîtriser apports énergétiques et minéraux. Et il n'y aura plus de problème de tri ni de risques inhibiteurs, détaille Benoît Portier. Mais la transition alimentaire sera plus compliquée à gérer. Et les vaches seront stressées au moment de la réintroduction". Le choix se fera donc en fonction des possibilités de logement, des fourrages disponibles, de l'organisation du travail...

En cas de séparation des taries, la diète n'est pas préconisée. "Certes, elle réduit la production laitière. Mais elle entraîne une destruction de la flore microbienne, qui ne se rétablira que très progressivement; Et l'absence d'abreuvement prédispose à l'acidose".

 

Ni trop grasses ni trop maigres

 

Au moment du vêlage, il faut viser des vaches ni trop grasses ni trop maigres. "Des notes d'engraissement supérieure à 3,75 ou inférieure à 2,75 augmentent le risque de troubles métaboliques et utérins, prévient Benoît Portier. Et les vaches grasses ont moins d'appétit, des vêlages plus longs et des pertes d'état après vêlage". De plus, il faut qu'elles arrivent au tarissement dans un état corporel proche de celui souhaité au vêlage. Car les vaches ayant maigri pendant cette période délivrent moins bien et ont des vêlages plus difficiles tandis que celles qui ont grossi ont plus souvent de l'oedème mammaire.

"Les vaches en bon état ont des besoins énergétiques estimés à 7-8 UFL, avec 80 g PDI/UFL, rappelle Benoît Portier. Dans ces conditions, une herbe de qualité ou du foin et de l'ensilage d'herbe à volonté feront l'affaire. Un régime à base de 5-6 kg d'ensilage de maïs et de foin à volonté devra être complété par 800 g de correcteur azoté, une ration à base de foin par 0,5 kg de concentré de production. "Pour des vaches maigres, il faudra augmenter les apports énergétiques de 3 à 3,5 UFL".

Si les besoins en calcium, potassium et magnésium de la vache tarie sont couverts par la ration, oligo-éléments et vitamines nécessiteront un apport de l'ordre de 50 à 150 g de minéral, en prêtant attention au magnésium, pour faciliter vêlage et délivrance, à la vitamine E et au sélénium pour stimuler les défenses immunitaires et favoriser le tonus musculaire.

 

Préparer la lactation suivante

 

"Durant le tarissement, les papilles du rumen régressent. Et plus leur régression est marquée et plus leur restauration en début de lactation sera lente, pouvant aller jusqu'à 8 semaines", rappelle Benoît Portier. La solution ? "Adopter un tarissement court, deux mois ou moins. Distribuer des fibres, pour maintenir volume du rumen et capacité d'ingestion, et de l'énergie pour conserver papilles ruminales et valorisation de la ration". Dans l'idéal, les taries recevront donc la même ration que les laitières, mais en quantité moindre. Sinon, la transition alimentaire devra avoir lieu au moins deux semaines avant vêlage. "La flore du rumen aura le temps de s'adapter, les papilles commenceront à se restaurer".

 

 

 

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