Terra 26 mai 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Les MAEC accessibles sur toute la Bretagne

Le président de Région Jean-Yves Le Drian a dévoilé lundi matin, lors d'une visite sur une exploitation à Bédée, son plan d'aide pour les producteurs de lait et de viande bovine. Une enveloppe de 30 millions d'euros supplémentaire qui porte essentiellement sur les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). Explications.

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Lundi matin, Jean-Yves Le Drian s'est rendu sur l'exploitation de Jean-Paul Ronsin, ici à gauche.
Lundi matin, Jean-Yves Le Drian s'est rendu sur l'exploitation de Jean-Paul Ronsin, ici à gauche. - © Terra

Ce plan d'aide porté par la Région Bretagne ne sera finalisé définitivement qu'en cette fin de semaine. Mais pour le président de la Région Bretagne, et son vice-président chargé de l'agriculture, Olivier Allain, il y avait urgence à faire cette annonce. En effet, l'essentiel de ce plan porte sur les MAEC... alors que les agriculteurs ont jusqu'au 15 juin, date limite des dossiers PAC, pour s'engager.

"C'est un plan de soutien à la production laitière et viande bovine, qui se veut ambitieux, à l'image de l'enjeu majeur que représente l'agriculture dans notre région", a souligné en préambule Jean-Yves Le Drian, venu pour l'occasion en visite sur une exploitation laitière à Bédée (35). Et la grande nouveauté, c'est que dorénavant tout le territoire breton est ouvert au dispositif MAEC (maintien et évolution) (1). L'élargissement de ce dispositif s'accompagne donc d'une enveloppe supplémentaire de 30 millions d'euros, qui viennent s'ajouter aux 183 millions d'euros prévus initialement, sur cinq ans.

Maîtrise des coûts, plus d'autonomie, meilleure compétitivité, résilience accrue pour les exploitations... Autant de leviers que le conseil régional entend actionner à travers cette incitation. "En termes de compétitivité, aujourd'hui la réferénce c'est l'Irlande. Avec les MAEC, nous voulons faire encore mieux que ce pays", a souligné Olivier Allain.

Des dispositifs d'accompagnement

Le deuxième grand volet de ce plan porte sur des dispositifs d'accompagnement. La Région propose ainsi trois types de "Pass". Un Pass bio doté de 150 000 e par an pour aider à la réflexion vers la conversion en bio pour les agriculteurs qui souhaitent engager leur exploitation dans ce système de production. Le deuxième Pass concerne les MAEC (mesure agroenvironnementale climat). Il est doté quant à lui de 200 000 euros par an pour les agriculteurs qui se posent la question de contracter une MAEC. Enfin le dernier dispositif d'accompagnement est le Pass avenir, doté de 300 000 euros par an et qui a pour objectif d'aider les exploitations dont le coût de production est supérieur à 350 euros/1 000 l, à engager une réflexion stratégique et globale pour leur exploitation. Sur ce dernier point, Olivier Allain a déclaré que le souhait de la Région est que les industriels du lait, les banques et la grande distribution abondent cette enveloppe pour la porter à 1,2 million d'euros. Pour les agriculteurs, cette aide au diagnostic se chiffre à hauteur de 1000 euros par exploitation.

Enfin, d'autres mesures ont également été annoncées, toujours dans une volonté d'augmenter la compétitivité des exploitations bretonnes. Ainsi, pour la filière lait, en cas de création d'une AOP, une aide de 500 000 euros est proposée pour accompagner la filière dans cette démarche. La dernière mesure concerne la production de viande bovine, avec l'annonce d'un d’un prêt d’honneur de 40 000 euros étalé sur 10 ans, avec différé de remboursement de trois ans, "à l’image de ce qui se fait en porc".

Si toutes ces mesures sont perçues positivement par les responsables professionnels agricoles, il n'est pas acquis qu'elles rencontrent l'adhésion inconditionnelle des éleveurs, dans le contexte d'une crise qui s'éternise. Les interrogations sont d'autant plus fortes que, comme l'a souligné le président de la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine, Marcel Denieul, présent lors de cette présentation, "c'est un coup de main, mais ce n'est pas non plus ce plan qui va sauver le monde laitier". Par ailleurs, s'engager dans une MAE demande une réflexion, car c'est aussi engager les équilibres de son système, il faut donc bien mesurer toutes les incidences, notamment en termes de coûts... au risque d'être déçu par le différentiel entre bonus financier et frais engagés.

 


CONTACT

Vous pouvez prendre contact avec un conseiller de la chambre d’agriculture de votre département si vous souhaitez vérifier votre capacité à respecter l’ensemble du cahier des charges MAEC. Ce diagnostic peut être pris en charge selon les secteurs.

Contacts :

- Ille et Vilaine : Anne Courtois 02 23 48 27 34

Finistère : Anthony Charbonnier 02 98 59 42 00

- Morbihan : Bertrand Couedic 02 97 46 22 00

- Côtes d’Armor : Charles David 02 96 79 21 77

- © Terra

Trois niveaux de MAEC

Trois mesures MAEC sont donc disponibles. Ce sont des mesures système qui engagent systématiquement toute l’exploitation. Elles se distinguent sur le "menu" assolement en fonction de la part de maïs dans la surface fourragère principale et de la part d’herbe dans la SAU. Les autres contraintes du cahier des charges sont identiques pour les trois mesures.

Pour les trois niveaux de mesures systèmes herbivores, on distingue le maintien et l’évolution. Seront considérées en maintien, les exploitations qui atteignent déjà le ratio herbe/SAU (70, 65 ou 55 %) à la déclaration PAC 2016. Dans ce cas, tout le cahier des charges est à respecter dès l’engagement. Pour les mesures en évolution, les critères herbe/SAU, maïs/SFP et plafond de concentrés/UGB sont à respecter à partir de la 3e année d’engagement (PAC 2018).

Ainsi, si la déclaration PAC 2016 conduit à 71 % d’herbe dans la SAU, seule, la "MAEC SPE 12 Maintien" est accessible. Si le taux d’herbe est de 50 % de la SAU, toutes les MAEC SPE Evolution peuvent être envisagées. A 66 % d’herbe dans la SAU, les "MAE SPE 18 Maintien" ou "MAE SPE 12 Evolution" sont accessibles.
Comment contractualiser ?
L’engagement dans une MAEC se fait en même temps que la déclaration PAC, soit jusqu’au 15 juin dernier délai. Un désengagement est toujours possible tant que le dossier n’est pas instruit.


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