Terra 03 juillet 2015 à 08h00 | Par Gaëlle Michineau

La Salers, vache des 35 heures

Cette race "moderne qui vêle sans aide et au fort taux de fécondité" a de quoi séduire de plus en plus d’éleveurs, à l’instar du Gaec Bon vent qui l’élève depuis 2002.

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Les effectifs de vache Salers dans le Grand Ouest représentent 15% du cheptel national.
Les effectifs de vache Salers dans le Grand Ouest représentent 15% du cheptel national. - © terra

"On l’appelle la vache moderne ou encore la vache des 35 heures", sourit Hervé Grelier, éleveur de vaches Salers au Gaec Bon vent situé à Chaillé-sous-les-Ormeaux en Vendée. Jeudi 18 juin, l’association bretonne Salers de l’Ouest a convié des éleveurs venus de toute la Bretagne et des Pays de la Loire dans cette exploitation pour échanger sur cette race mixte "simple d’élevage". "Quand j’ai créé l’association, en 1998, j’ai dit que ce serait la race de l’an 2000", raconte Jean-Louis Hervagault, président de l’association.

Une cinquantaine d’agriculteurs ont fait le déplacement. Pour certains, déjà éleveurs de Salers, il s’agissait de comparer les expériences, pour d’autres, qui envisagent de changer pour cette race, l’heure était aux conseils. "Nous avons présenté notre système. L’idée de cette journée c’est de partager les expériences et les fonctionnements qui sont différents d’une exploitation à l’autre", explique Hervé Grelier. "Voir des éleveurs aussi heureux et enthousiastes dans des périodes moroses comme en ce moment, ça veut tout dire, c’est génial", confie le président.

240 écographies,
232 bêtes pleines

Anciens éleveurs de Blondes d’Aquitaine, en 2002, Hervé Grelier et ses associés ont fait le choix de la Salers en race pure. "C’est principalement pour ses qualités maternelles. C’est aussi une conduite de troupeau moins stressante qu’avec d’autres races". Aujourd’hui, le Gaec familial compte environ 200 vaches allaitantes et les cinq associés ne tarissent pas d’éloges sur leur choix. "C’est une race moderne qui va vêler sans aide et avec un très fort taux de fécondité. L’année dernière, dans notre exploitation, sur 240 écographies, nous avions 232 bêtes pleines. Le pourçentage d’animaux vides est très bas, ce qui nous permet d’avoir une très bonne productivité numérique".

Outre ses qualités maternelles, la Salers est également réputée pour sa production laitière soutenue qui lui permet d’élever son veau de manière autonome. "Ne pas donner de compléments aux veaux est intéressant économiquement et ils grandissent aussi plus vite", précise le président de l’association. Du fait de sa facilité d’élevage et d’une exigence moindre en temps de travail, la Salers trouve donc sa place dans une exploitation possédant une autre activité ou production agricole. "Facile, elle intéresse beaucoup de jeunes éleveurs et aussi des éleveuses", poursuit-il.

Des ventes jusqu'en Belgique

"Nous vendons des génisses reproductrices dans les Alpes, en Ardèche, en Corse ou même en Belgique, se félicite Hervé Grelier. Il y a une vraie demande pour les animaux de reproduction dans cette race là".

La Salers est également prisée des restaurants. "À Paris, des restaurateurs haut de gamme demandent de la Salers en raison de sa texture, sa couleur rouge prononcée et son goût persillé qui lui donne une puissance gustative", indique Jean-Louis Hervagault. Avant de créer son association, le président faisait des présentations de la race à Rennes et des bouchers lui disaient "ça c’est de la viande excellente". Pour autant son prix au kilo s’aligne selon lui sur celui des autres races que l’on touve dans la région.

Mais alors, pourquoi ne voit-on pas plus de Salers dans les champs du grand-Ouest ? Race à l’origine du Cantal, elle était selectionnée en tant que race mixte. Aujourd’hui, elle l’est aussi pour sa viande, son épaisseur de muscle, son développement squelettique… "On arrive à avoir des carcasses de vaches qui sont à 450 kg. Mais dans la tête des éleveurs, ça reste une race à lait. Maintenant, à force de la selectionner sur la viande, elle fait parler d’elle", explique Hervé Grelier. "Aujourd’hui, la Salers est une race qui compte. En termes de cheptel, elle est la quatrième race en France", précise Jean-Louis Hervagault. Sa présence dans le grand-Ouest, elle, a d’ailleurs progressé de 26 % en cinq ans.

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