Terra 11 août 2016 à 08h00 | Par François-Xavier Simon, Agra

La PAC 2020 en débat sur fond de Brexit

Comme il l'a annoncé le 27 juin à sa sortie du Conseil de l’UE à Luxembourg, Stéphane Le Foll a convié ses homologues européens à une réunion informelle les 1er et 2 septembre à Chambord, pour des échanges de vues sur le futur de la PAC dans le contexte du Brexit.

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La réunion sera co-présidée par le ministre fédéral allemand, Christian Schmidt. En revanche, le commissaire européen, Phil Hogan, ne devrait pas faire le déplacement. Les conséquences du référendum britannique en faveur de la sortie de l’Union sont d’ailleurs à l’ordre du jour, les deux jours précédents, d’un séminaire des membres de la Commission de Bruxelles destiné notamment à préparer le discours annuel sur "l’état de l’Union" que leur président, Jean-Claude Juncker, prononcera le 14 septembre devant le Parlement européen à Strasbourg.

Des visions divergentes

La rencontre des ministres de l’agriculture à Chambord sera notamment mise à profit par la France pour insister sur le projet pour la PAC après 2020 qu’elle avait présenté lors de la réunion informelle des Vingt-huit le 31 mai à Amsterdam. À savoir, une réforme prévoyant notamment une épargne individuelle obligatoire sur les aides directes, en lieu et place de la réserve de crise européenne, l’introduction de la couverture des sols comme quatrième critère du verdissement et un régime d’aides couplées plus souple.

Pour leur part, les Pays-Bas, qui présidaient alors le Conseil de l’UE, avaient proposé une vision très différente axée sur une libéralisation maximale de la PAC permettant aux entreprises de saisir les opportunités du marché mondial et accompagnée d’un soutien aux petits producteurs locaux pour les bénéfices qu’ils apportent à la société (environnement, aménagement du territoire...). Une vision que ne renierait pas le Royaume-Uni...

La task force sur les marchés agricoles a besoin de temps

Le rapport final de la task force sur les marchés agricoles, consacré notamment à la volatilité et la transparence des prix et au fonctionnement de la chaîne alimentaire, ne sera présenté qu’en décembre, plus tard que prévu, compte tenu des questions "larges et complexes" qu’il traitera, a annoncé Phil Hogan. Celle-ci devrait tenir en janvier une audition publique sur la conclusion de ces travaux.

La 6e réunion du groupe d’experts européen est prévue le 15 septembre et sera consacrée à une nouvelle discussion sur les instruments collectifs pouvant être mis en œuvre par les agriculteurs pour renforcer leur position au sein de la chaîne alimentaire.

Michel Barnier, désigné négociateurs avec les Britanniques.
Michel Barnier, désigné négociateurs avec les Britanniques. - © EU/Shimera/Etienne Ansotte

Débats et échéances

Si des appels à une révision anticipée de la PAC, notamment pour la rendre plus "verte", sont lancés par tel ou tel député européen ou conseiller spécial de la Commission de Bruxelles, c’est plutôt la réflexion sur l’avenir de cette politique qui va dominer les débats. Un après-2020 sur fond de Brexit, thème des échanges de vues informels auxquels le ministre de l’Agriculture a convié ses homologues tout début septembre. Le retrait du Royaume-Uni de l’UE, dont la demande officielle ne sera pas déposée par Londres avant la fin de l’année, sera nécessairement évoqué devant les eurodéputés par le président de la Commission dans son traditionnel discours de rentrée. Jean-Claude Juncker a d’ores et déjà choisi son négociateur pour tractations à attendre avec les Britanniques. Il s’agit de Michel Barnier, qui a été ministre de l’agriculture et commissaire européen, et qu’on ne risque pas de soupçonner de faiblesse face à ses futurs interlocuteurs.

Dans l’immédiat, le secteur du lait, mais aussi de la viande bovine, attend la mise en œuvre du nouveau plan de soutien de 500 millions d'euros, enveloppe qui sera dégagée sur le budget 2017 de l’UE. Les producteurs de fruits et légumes, confrontés à l’embargo russe, attendent, de leur côté, la hausse annoncée des prix de retrait. Mais d’autres inquiétudes apparaissent, en France par exemple pour les céréales. La rentrée de septembre ne sera pas de tout repos.

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