Terra 02 juin 2017 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Le désherbage mécanique pour tous en Cuma

Après l’activité de compostage, la Cuma Douar ha Deur de Saint Gérand vient de se doter d’une bineuse 6 rangs, guidée par caméra. En bio ou conventionnel, chacun devrait y trouver son compte sur maïs ou sur céréales pour diminuer les traitements phytosanitaires, ameublir le sol et limiter l’ évaporation en eau. Démonstration en a été faite mardi dernier au lycée du Gros Chène à Pontivy.

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Le désherbage mécanique en Cuma, une solution qui peut intéresser tous les systèmes
Le désherbage mécanique en Cuma, une solution qui peut intéresser tous les systèmes - © Claire Le Clève

 

 

"L’utilisation du binage se prévoit dès le semis. Là on travaille en 6 rangs", note Étienne Richard, trésorier de la Cuma Douar ha Deur. Il s’est installé en bovins viande, poules pondeuses et cultures à Noyal-Pontivy, associé à ses parents et son frère, en bio. Autour de lui, ils sont une cinquantaine à s’être déplacés pour voir travailler la bineuse autoguidée de marque Garford, dernière acquisition de la Cuma Douar ha Deur (terre et eau). Elle étoffe ainsi son activité précédemment dédiée au compostage, sa spécialité depuis 1997. "L’activité binage, on la pratiquait déjà à la Cuma de l’Espoir avec une machine qui avait fait son temps. En proposant à tous du désherbage mécanique avec la Rolls Royes des bineuses, l’idée est d’élargir un peu notre périmètre d’action. Ça peut intéresser tous les agriculteurs bio et les non bio", plaide Michel Uzenot, président de la coopérative d’utilisation de matériel. Car la bineuse s’adapte à tous les systèmes.

Polyvalence

Un matériel intéressant sur maïs et céréales, s’adaptant à toutes les cultures, "y compris sur du lupin ou de la féverole", pouvant travailler sur des largeurs modulables d’inter-rangs de 25 ou 75 centimètres, suivant le réglage. L’objectif à moyen terme est de pouvoir aussi proposer de travailler à 50 cm d’inter-rangs, largeur nécessaire pour la betterave. "Mais il faudra s’équiper pour, le devis est déjà fait". Car avec la recherche de plus d’autonomie, la betterave fourragère fait son grand retour, "elle est intéressante aussi en matière agronomique dans les rotations", l’idée donc pourrait faire rapidement son chemin. D’autant qu’un projet betterave sucrière en bio voit le jour sur la région de Pontivy "et pourrait faire bouger les choses", anticipe Michel Uzenot.

Baisse des traitements

Reste l’intérêt classique de l’outil, permettant de désherber mécaniquement et de diminuer les indices de fréquence de traitement et la charge d’intrants sur les exploitations. "C’est ce qui m’avait motivé au départ car j’avais souscrit une MAE "Phyto", témoigne l’exploitant qui poursuit sur maïs "deux binages et un traitement à quart de dose et ça suffit". Mais l’éleveur se dit également intéressé par le volet agronomique de son utilisation, "ça aère le sol, ça l’ameublit en favorisant l’infiltration de l’eau et limite l’évaporation. On dit qu’un binage vaut deux arrosages". Et de souligner, "aujourd’hui, on revient à du désherbage mécanique mais avec de la modernité", désignant la tablette embarquée pour le suivi du rang par le chauffeur et la caméra combinée au système de guidage sur vérin hydraulique positionné en interface avec la machine.

Claire le Clève

 

 

la bineuse autoguidée de marque Garford, dernière acquisition de la Cuma Douar ha Deur
la bineuse autoguidée de marque Garford, dernière acquisition de la Cuma Douar ha Deur - © Claire le Clève

En chiffres

 

En 6 rangs, avec un inter rang qui peut varier de 25 à 75 cm suivant le réglage des éléments, la vitesse de travail varie de 10 à à 15 km/h. La prestation de désherbage mécanique Douar ha Deur (tracteur, carburant, main d’œuvre, bineuse Garford) revient à 50 euros/ha.

 

Prenez date

 

Le 16 juin prochain, la bineuse de la Cuma Douar ha Deur entrera de nouveau en action pour une journée de démonstration destinée, cette fois ci, aux organismes de formation de la région, lycées et MFR mais également Missions Locales et Pôle Emploi. Organisée par l’association IPF3A pour Innovation Promotion Formation Agricole et Agro-alimentaire elle vise à montrer "que le monde agricole évolue. Toutes ces nouvelles technologies embarquées sur du matériel de récolte, drones ou binage assisté valorisent les métiers agricoles, leur donnent une visibilité et rendent le secteur attractif. Ils montrent aussi que les formations doivent s’adapter"

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