Terra 02 octobre 2015 à 08h00 | Par Jean Dubé

Les GES nouvel Everest pour l'élevage... et pour la nutrition animale ?

Les productions animales sont très régulièrement montrées du doigt pour leur contribution à la production de gaz à effet de serre. Elles sont aussi accusées en Europe de participer à la déforestation au Brésil, de par leur utilisation de soja. Logique donc que le sujet soit au cœur du 22e carrefour matières premières organisé lors du Space par les entreprises de nutrition animale.

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Le 22e carrefour international organisé par Nutrinoe et Feedsim Avenir* a beaucoup mobilisé. © Terra Laurent Morin, directeur de Feedsim Avenir © Terra

Les différentes études publiées démontrent que 89 % du carbone émis pour produire un kilo de viande proviennent des matières premières de l'aliment, 7 % du transport, le solde étant émis lors du processus de fabrication.

Un potentiel de réduction faible ?

Les entreprises de nutrition animale estiment qu'elles ne peuvent donc agir qu'à la marge de façon directe sur la production de GES. Pour Laurent Morin, directeur de Feedsim Avenir, le potentiel de réduction de GES à l'échelle des fabricants d'aliments est estimé à seulement 13 % avec une marge d'erreur forte, et un surcoût très important... sous-entendu que les filières animales sont incapables de supporter aujourd'hui.

Christophe Chrétien, directeur de Sanders Bretagne, souligne que le principal levier de réduction des GES a déjà été largement activé au travers des substitutions de matières premières : 50 % du soja importé a été substitué par des productions européennes de colza et de tournesol. Il est évident pour lui que "les axes du développement durable vont souvent dans le sens de la préservation économique".

Du carbone et des mots

La bataille qui s'ouvre, au travers de la COP 21 par exemple, est aussi celle de l'image et des mots. Face à l'enjeu du climat, les entreprises de nutrition animale ont bien l'intention de mettre en avant leurs atouts : celui en particulier de valoriser les sous-produits de transformation et contribuer ainsi à la lutte contre le gaspillage.

Mais face à l'augmentation des besoins alimentaires de la planète, ils rappellent que le choix du type d'agriculture sera primordial. Une agriculture performante consommant moins d'espace, utilisant moins d'énergie, est une agriculture bonne pour le climat que le consommateur devrait privilégier s'il est cohérent avec ses exigences environnementales.

Reste à l'échelle des fabricants d'aliments, l'arme fatale : les OGM. Pour ses partisans, l'aliment OGM sera le meilleur contributeur à la réduction des GES. Moins de phyto, moins de techniques culturales, de meilleurs rendements. Ce devrait être l'arme atomique des écologistes… et pourtant l'Europe s'obstine à interdire leur culture tout en autorisant leur utilisation !

Au delà de la technique et des chiffres, ce débat a montré surtout que ces notions deviennent un peu moins idéologiques et plus techniques. Les chiffres sont sur la table. La volonté de transparence est affichée. Agriculture et agroalimentaire exposent leur ambition de contribuer à la réduction des GES… un tournant ? Un atout sans doute.

 

* Feedsim Avenir est une association d'expertise et de prospective créée par les entreprises de nutrition animale.

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