Terra 30 septembre 2016 à 08h00 | Par Arnaud Marlet

Les atouts de la filière avicole française

Alors que la volaille devrait devenir la première viande consommée dans le monde à l'horizon 2020-2025, la filière avicole française a des atouts à faire valoir, dans l'Ouest en particulier. À condition de savoir relever les défis de l'autonomie protéique, de l'usage des antibiotiques, de la question du bien-être animal et de l'élevage de précision. C'était tout l'enjeu de la conférence donnée au Space par l'Itavi.

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Qualités diététiques et nutritionnelles, coût relativement faible par rapport aux autres viandes, diversité des produits et des signes de qualité... sont autant d'atouts pour les produits volaille. (© Pascal Le Douarin) Paul Lopez, FIA avec LDC © Terra Gérard Sarreau, Syndicat des petits et moyens abattoirs © Terra Christophe Courousse, Terrena © Terra

Selon les perspectives de la FAO et de l'OCDE, la volaille devrait donc dépasser la viande de porc à l'horizon 2020-2025, pour devenir la viande la plus consommée dans le monde. Au niveau national, le marché de la volaille est également dynamique. Ainsi, en Bretagne et Pays de la Loire, les deux grands bassins de production, le nombre d'abattages progresse de 2,9 % et de 4,1 % en 2014. A noter que cette dynamique est essentiellement due au poulet, le volume d'abattage de dindes étant lui en recul. Qualités diététiques et nutritionnelles, coût relativement faible par rapport aux autres viandes, diversité des produits et des signes de qualité... sont autant d'atouts pour les produits volaille.

Dans ce contexte, le grand Ouest a également des atouts à faire valoir. En effet, les produits élaborés et charcuterie de volaille sont en augmentation et porteurs d'innovations, l'impact sur le changement climatique de cette production est modéré et elle s'inscrit pleinement dans l'économie circulaire, avec des coproduits valorisables. La filière, elle, se restructure, avec des investissements, rénovations, et modernisations pour le maillon élevage. Et une restructuration des entreprises de l'aval, qui compte avec LDC et Gastronome, des entreprises leaders en Europe. La filière volaille représente 38 100 emplois directs et 72 300 emplois indirects.

Des défis à relever

Le marché et le contexte sont donc favorables. Reste toutefois des défis à relever. A commencer par l'autonomie protéique. "La filière est dans une démarche d’amélioration sur l’approvisionnement durable et l’utilisation d’une alimentation plus locale", souligne Isabelle Bouvarel, de l'Itavi. Si la réduction du soja n'est pas si simple, des travaux sont menés notamment pour mieux comprendre les mécanismes de digestion des protéines et utiliser de nouveaux ingrédients, comme les algues par exemple. Un autre défi est à relever, avec l'utilisation des antibiotiques. "En France, des données existent mais nous avons besoin d’un dispositif national avec une méthodologie commune", ajoute Isabelle Bouvarel. La charte d’engagement des filières volailles de chair va dans ce sens. A condition que tous les maillons de la filière : accouveurs, fabricants d’aliment, éleveurs, OP, vétérinaires, abatteurs s'y engagent. Sur la question du bien-être animal, l'élevage intensif est de plus en plus remis en question. "La filière est dans une démarche d’amélioration continue sur le plan du bien-être animal et de nouveaux outils seront bientôt disponibles", déclare Laure Bignon, de l'Itavi. L'outil Ebene a vu le jour dans cette perspective. Reste maintenant à le déployer auprès des organisations de production et des éleveurs volontaires. A noter également qu'une application smartphone va voir le jour prochainement.

Gagner en compétitivité avec l'élevage de précision

Enfin, l'élevage de précision doit être une opportunité pour les filières de gagner en compétitivité. "Le suivi en temps réel et en continu des animaux et la gestion précise des paramètres d’ambiance du bâtiment sont autant d'éléments qui visent à améliorer le bien-être et la santé des animaux", développe Pauline Creach. Pilotage et surveillance à distance, alertes, automates, robots, objets connectés et applications smartphone conduisent eux à faciliter le travail de l'éleveur. D'autres outils voient le jour pour améliorer le suivi et la gestion de l’alimentation, mais aussi maîtriser les émissions et consommations, améliorer la
traçabilité du produit ou encore optimiser les performances techniques et économiques. Avec les mesures sonores et le drônes, des perspectives de développement sont encore possible. "Si il ne doit pas se substituer à la présence humaine et au rôle essentiel de l’éleveur, l’élevage de précision n’est encore qu’à ses débuts", conclut Pauline Creach.

La compétitivité française progresse

A l'occasion du Space , FranceAgriMer a organisé une conférence pour présenter les résultats 2015 de la veille internationale sur la volaille de chair, menée par FranceAgriMer depuis 2013 pour le compte des opérateurs de la filière.

L'étude confiée au cabinet AND, révèle que la compétitivité de la filière française de la volaille de chair progresse depuis 2013, face à ses compétiteurs. La France se classe désormais à la dixième place, grâce aux efforts entrepris par la filière toute entière pour mieux se structurer et s'internationaliser. La filière a pris conscience de la pression extérieure et des mutations nécessaires pour préserver, voire développer ses parts de marché. Le Brésil reste en tête du classement, suivi par l'Ukraine et la Russie, pays à très fort potentiel, avec des coûts de production très bas notamment en Ukraine. La Thaïlande recule à la 5e place derrière les Etats-Unis mais devant l'Argentine. La Pologne, au premier rang dans l'Union européenne, les talonne à la 7e place.

Les parités monétaires ont eu un impact non négligeable dans l'évolution du classement 2015. Les exportations américaines ont été pénalisées par un dollar fort alors que le Brésil et les pays de l'Est ont profité de la faiblesse de leurs devises.

Ils ont dit :

Paul Lopez - FIA avec LDC

Demain, il faut que tous nos élevages soient visitables et que nous allions plus vite sur la transparence et les antibiotiques. Peut-être faut-il revoir les moyens de financement, mais le défi est celui de l'investissement afin de faire baisser le prix de revient. Le distributeur est un maillon indispensable, nous devons bâtir avec eux des moyens de différenciation, et un partenariat durable, comme certains autres pays le font.

 

Gérard Sarreau - Syndicat des petits et moyens abattoirs

La volaille n'est pas un métier facile. L'image d'Epinal où on vient 2h le matin et 2h le soir dans son élevage, c'est terminé. Il est vrai que nous avons une filière ancienne, alors que nos concurrents ont une histoire plus récente et donc partent avec des équipements neufs. Mais nous avons besoin d'éleveurs sur l'ensemble des secteurs.


Christophe Courousse - Terrena

Nous avons vécu une quizaine d'années difficiles qui ont généré un retard d'investissement. La modernisation doit être importante, avec des bâtiments qui puissent durer plus longtemps et donc un amortissement plus long avec d'autres méthodes de financement. Il faudra aussi accepter de changer certaines habitudes, comme le calibrage par exemple.


 

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