Terra 30 juin 2016 à 10h00 | Par Claire Le Clève

Le salariat agricole, une solution d'avenir

Le salariat, ils y croient. L'AEF, Solutis-Séremor l'ont démontré lors de la 7 éme journée de l'emploi en agriculture, le 21 juin dernier. Face à l'agrandissement des exploitations, il pourrait même être une des clés pour maintenir les productions agricoles, un "investissement pour limiter la délégation".

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Michel Guernevé, à l'origine de Seremor-Solutis, Pierre-Yves Le Bozec, président et Sophie Jamois, directrice
Michel Guernevé, à l'origine de Seremor-Solutis, Pierre-Yves Le Bozec, président et Sophie Jamois, directrice - © Claire Le Clève

"Nous avons pour responsabilité de répondre aux besoins de main-d’œuvre pour que demain, il puisse y avoir de la production dans nos élevages". L'enjeu est clair pour Frank Guéhennec, président du CDEA*, tout autant que le constat, "même s'il est une réponse à la surcharge de travail, le salariat peine à se développer". Et l'absence de prix rémunérateurs dans toutes les productions agricoles, n'aide pas. Pourtant, la profession a su mettre en place des outils pour répondre au besoin de main-d’œuvre. C'est le cas de l'AEF, bourse de l'emploi. En 2015, elle a mis en relation 244 offres, (84 % en élevage et machinisme), avec 342 demandes dont le tiers1/3 formulé par des demandeurs non issus du milieu agricole.Un constat traduisant "les mutations à l’œuvre et les défis de formation à relever" , pour Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture, soulignant le plan d'investissement prévu pour le centre de formation de Kérel à Crédin. "C'est notre outil pour porter la formation qualifiante, on va mettre les bouchées doubles pour que ce dossier, prioritaire, avance".

Séremor-Solutis, un jeu de complémentarités

Autre outil, créé il y a 25 ans par la profession agricole, le service de remplacement, Séremor, "qui a connu un développement sans nuage", relève son père fondateur, Michel Guernevé. Première de ses vertus, "assurer la continuité de l'exploitation", en cas de pépins, et "il est de plus en plus sollicité sur ce motif", met en garde Pierre-Yves Le Bozec, président. L'activité est soutenue pour la structure forte de ses 103 salariés effectuant 22 257 jours d'interventions. Elles se répartissent à 71 % pour des motifs d'accident-maladie-décès (13 % vacances, 11% maternité-paternité) avec recours grandissant à l'assurance collective. La maîtrise des coûts reste donc une préoccupation majeure pour la structure "afin de rester accessible, on s'adapte". Solutis-emploi, groupement d'employeurs "bien mis sur les rails en complémentarité avec le Séremor", lui aussi poursuit sa croissance, avec une hausse de 15 % pour 6 411 journées effectuées par 40 salariés.

Organiser l’activité

Car les besoins sont là. "Solutis tombe à point nommé", analyse Michel Guernevé. Face à l'arrivée concurrentielle du travail intérimaire sur le marché,"la profession agricole à tout intérêt à organiser cette activité en interne", défend-t-il, "Solutis et Séremor sont les meilleures structures capables d'appréhender la globalité du travail dans les exploitations", estime-t-il. L'enjeu, avec 2/3 de salariés non issus du milieu agricole ? "Mettre l'accent sur la formation, car si l'on doit être reconnu, c'est par la qualité des interventions", résume Frédéric Daniel, membre du Comité pour l'emploi. "Aujourd'hui, nous sommes dimensionnés pour répondre à ces besoins", assure Pierre-Yves le Bozec. Les témoignages délivrés en ont rendu compte.

Claire le Clève

*Le comité départemental pour l'emploi en agriculture est constitué par la FDSEA, JA, la chambre d'agriculture, l'AEF, Séremor-Solutis), il a été créé en 2008.

Entendu

"Le Seremor a appris aux exploitants à être employeurs ", Michel Guernevé

"Que les gens viennent d'un autre milieu et la mixité, c'est favorable" Anne-Françoise Le Bihan, exploitante à Nostang

"Un salarié sur l’exploitation, permet de ne pas être seul. Il peut aider à passer un cap difficile car on aura des jours meilleurs", Frank Guehennec

"La main d’œuvre fait peur, c'est vrai, mais ça peut être un bon investissement pour un peu moins déléguer des prestations qui coûtent chers et retrouver le goût au boulot", Pierre-Yves le Bozec

"Le relationnel avec le salarié, c'est essentiel, pour éviter le turn-over et faire venir des jeunes", Jean-Luc Hilary, président de l'Asavpa

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