Terra 24 novembre 2016 à 08h00 | Par Marylise Le Guénic, chambre d'agricuture de Bretagne

Écoantibio 2012-2017 : un essai réussi à transformer

Le 16 octobre l’Anses organisait un colloque sur l’antibiorésistance en santé animale. L’occasion de montrer que les objectifs du plan écoantibio et de la loi d’avenir agricole sont en bonne voie d’être atteints, et que parallèlement l’antibioresistance diminue également pour certains antibiotiques. Mais pas pour tous.

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Toutes les espèces ont contribué à la baisse des usages d'antibiotiques.
Toutes les espèces ont contribué à la baisse des usages d'antibiotiques. - © J.M. Nicol

Les problèmes de résistance à la colistine ont mobilisé des intervenants du mode médical et vétérinaire. L’après-midi a permis de montrer la mobilisation et la concertation des grandes institutions internationale et des exemples d’actions concrètes à l’échelle de la planète.

Des ventes et des usages en diminution en France

L’exposition* des animaux aux antibiotiques a baissé de plus de 20 % ces quatre dernières années, laissant espérer que l’objectif d’une baisse de 25 % du plan écoantibio 2012-2017 sera atteint. Toutes les espèces ont contribué à la baisse, à des niveaux différents  . La diminution d’utilisation des antibiotiques critiques (céphalosporines de dernières générations et fluoroquinolones) était aussi bien enclenchée, avant la restriction de leur usage au 1er avril 2016. L’exposition à la colistine a elle baissé de 25,3 %. En Europe également, les ventes d’antibiotiques ont baissé.

Antibioresistance : des évolutions contrastées

Pour les antibiotiques critiques la résistance est en baisse ou stable. Un point de vigilance est mis sur les veaux et notamment sur l’utilisation du lait de délai d’attente. La colistine fait l’objet d’une surveillance renforcée depuis l’apparition d’un nouveau mécanisme de résistance en novembre 2015 et du fait qu’il s’agit d’un antibiotique de dernier recours pour certaines infections à bactéries résistantes chez l’homme. Le réseau français de surveillance de la résistance animale (resapath) montre une situation maîtrisée sur les dix dernières années, avec une augmentation des souches sensibles.

L’évolution de la résistance aux autres antibiotiques n’a pas été favorable cette année, en espérant qu’elle reparte à la baisse. On observe une tendance à la baisse de la multiresistance (capacité d’une bactérie à résister à plusieurs familles d’antibiotiques) pour toutes les espèces sauf les bovins.

Transfert animal-homme

De nouvelles situations de tranfert animal-homme (ou inversement) ont émergé, notamment chez les animaux de compagnie. Les plans de surveillance à l’abattoir montrent des présences très rares de colibacille resistants aux cephalosporines dans les viandes et aucune résistance chez la majorité des salmonelles isolées en abattoir.

Des initiatives mondiales

Les résolutions des institutions internationales se sont succédé ces dernières années sur l’antibioresistance. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Office international des épizooties (équivalent vétérinaire de l’OMS) et la FAO pour l’agriculture sont mobilisés aux quatre coins de la planète par un plan global de lutte contre l’antibioresistance, fléau qui fait 700 000 morts par an aujourd’hui et pourrait en causer dix millions en 2050. Tous les pays doivent avoir un plan d’action pour mai 2017. L’ONU elle-même a donné une impulsion politique claire en septembre 2016.

 

* L'évaluation de l'exposition aux antibiotiques tient compte de la posologie, la durée d'administration et l'évolution de la population animale.

 

Le gouvernement débloque 330 M d'euros contre l'antibiorésistance

"330 millions d’euros sur cinq ans (2016 à 2020) seront mobilisés pour mettre en œuvre" quarante actions pour diminuer la consommation d’antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire, selon un communiqué commun du ministère de l’Environnement, de l’Education, des Affaires sociales et de l’Agriculture. Ces quarante actions seront réparties en treize mesures qui visent à la sensibilisation et à la communication sur le sujet auprès du grand public et des professionnels de santé, à la formation des professionnels de santé, à la recherche et à l’innovation en matière de maîtrise de l’antibiorésistance ainsi qu’à la mesure et à la surveillance de cette antibiorésistance. L’objectif de ce plan est de réduire de 25 % la consommation d’antibiotiques en médecin humaine et vétérinaire d’ici 2018. Il fait suite au Comité interministériel pour la santé qui s’est tenu le 17 novembre.  / Agra


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