Terra 28 juillet 2016 à 08h00 | Par Jean Dubé

Il y a urgence à une remontée des prix payés aux producteurs

Le 18 juillet a marqué une nouvelle étape dans la reconnaissance de la crise laitière par la Commission européenne, par le déblocage d’un budget supplémentaire. Marie-Thérèse Bonneau, membre du bureau de la Fédération nationale des producteurs laitiers (FNPL), et Pascal Clément, président de la section lait de la FRSEA Ouest, reviennent sur ces décisions et sur les perspectives dans les semaines à venir.

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Pascal Clément, Président de la section lait  de la FRSEA Ouest © Terra Marie-Thérèse Bonneau, Vice-présidente  de la FNPL © Terra

Comment analysez-vous les décisions de la Commission européenne ?

Marie-Thérèse Bonneau. La Commission européenne vient enfin, la semaine dernière, de débloquer une enveloppe de 500 millions d'euros. Cette enveloppe va se diviser en deux, une partie de 350 millions d’euros pour l’ensemble des filières en crise et une autre de 150 millions dédiée à la production laitière. Mais, il faut maintenant être dans le concret.

Sur la première enveloppe, l’État français a la possibilité de cofinancer pour la porter à 100 millions d’euros. Le ministre ne doit pas tergiverser, les pouvoirs publics doivent aider les éleveurs ayant des problèmes aigus de trésorerie et ayant stabilisé ou réduit leur production.

Pour les 150 millions d'euros dédiés à un soutien individuel à la réduction de production, la FNPL demande qu’ils soient réservés aux seules coopératives et organisations de producteurs dont la production globale est stabilisée ou en réduction. Notre objectif est de peser pour avoir un effet réel sur l’équilibre offre/ demande pour restaurer des prix plus décents.

Dans tous les cas, il y a urgence à mettre en œuvre ces mesures pour retrouver de meilleurs cours sur les marchés et une remontée du prix du lait à la production.

Certaines annonces répondent aux propositions de la FNPL,
comment avez-vous travaillé et peut-on aller plus loin ?

M-T.B. C’est un travail de longue haleine mais la principale difficulté est de convaincre nos homologues des autres pays de l’Union européenne du bien-fondé de nos propositions. Cela fait plus de deux ans que nous portons un dispositif gestion de crise sur les volumes, en lien avec les outils de gestion de marché et doté d’un budget. Certains profitent de la crise pour se relancer sur la régulation mais ce travail c’est la FNPL et son réseau qui l’a réalisé.

Pascal Clément. Il reste encore du travail. Notre demande, vis-à-vis de la Commission, était et restera d’avoir une régulation européenne des volumes voire une aide aux États qui gèrent leurs volumes. Nous n’avons pas demandé d’aides individuelles sur la production ! Par ailleurs, cette aide n’aura malheureusement qu’une capacité d’effet très aléatoire sur le marché. Certains États membres n’en sont pas encore convaincus !

Et pour le court terme, comment envisagez-vous la suite ?

P.C. Même si les cotations remontent depuis quelques semaines, les effets sur le prix du lait sont encore incertains. Le travail réalisé par le réseau syndical de la FNPL et de la FNSEA depuis de longs mois sur le marché intérieur a conduit à un écart de prix par rapport aux pays européens. Voilà tout l’enjeu des semaines à venir : maintenir cette valorisation qui est le résultat du travail syndical mené au travers de la Charte de valeurs de la FNPL. Syndicalement, nous ciblerons les entreprises qui entrainent l’ensemble de la filière laitière dans une spirale déflationniste.

Autre gros dossier, obtenir des soutiens pour les éleveurs et les aider à passer le cap. Sur ce dossier, nous attendons particulièrement les pouvoirs publics mais également les banques.

Pour nous, à la FNPL, l'objectif final de tous nos combats est d'observer une reprise des
prix payés aux producteurs, pour qu'ils puissent vivre de leur travail. Nous ne demandons pas uniquement des aides mais bien une politique agricole européenne commune et
efficace.

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