Terra 29 janvier 2018 à 01h00 | Par Emmanuelle Le Corre

A plus de 40 ans, Elisabeth est devenue aide-soignante

En 2006, Elisabeth Caillibotte quittait son élevage pour les bancs de l'école. Elle est devenue aide-soignante après avoir exercé durant 16 ans le métier d'agricultrice. Retour sur son parcours.

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Le projet de mise au norme de l'atelier naisseur de 60 truies a mis fin à l'activité d'Elisabeth Caillibotte. "Soit on refaisait le bâtiment et je restais". Mais les éleveurs Elisabeth et Daniel Caillibotte, en décident autrement car la porcherie exige de gros investissements.
En charge de la production porcine, Elisabeth installée en EARL avec son mari quitte finalement en 2006 le métier et la ferme familiale qui a vu naître leurs trois enfants. Daniel, le métier chevillé au corps, reste seul avec son troupeau de 40 vaches laitières sur 40 ha de SAU. "Heureusement ma femme est courageuse car aller à l'école à 44 ans n'est pas évident", déclare admiratif Daniel. L'un et l'autre mettront du temps à retrouver leur marque. "Toujours ensemble, nous avons vécu une coupure du couple", reconnaissent-ils un peu nostalgiques. Il faut dire que depuis 1990 juste après la reprise de la ferme des parents de Daniel près de Lamballe, mari et femme avaient pour habitude de travailler côte à côte. "Agricultrice, c'est vrai, j'ai eu le privilège d'élever mes enfants".

Elisabeth Caillibotte, aide-soignante et son mari Daniel, agriculteur en pré-retraite.
Elisabeth Caillibotte, aide-soignante et son mari Daniel, agriculteur en pré-retraite. - © terra

Une reconversion réussie
Même si aujourd'hui, l'ex-agricultrice a retrouvé un métier qu'elle aime, elle reconnaît que le cheminement a pris du temps. Attirée par les métiers de la santé depuis son plus jeune âge, elle entreprend un stage d'une semaine à l'hôpital de Lamballe pour y découvrir le métier d'aide-soignante. Expérience concluante. Elle décide donc de préparer le concours au Greta ; décroche les écrits et les oraux ce qui lui ouvre les portes de l'école des aides-soignantes, l'Ifas à Yffiniac, qu'elle intègre pour une durée de 10 mois. "C'était une belle année", confie-t-elle, partagée entre les cours et les stages en Ehpad, psychatrie...
Pour autant, il a fallu tourner la page et assimiler le changement de vie. "Auparavant j'étais toujours dehors à vaquer à mes occupations. L'hôpital, c'est une bulle, la pression était forte, il y avait beaucoup d'informations. En classe de 8h à 17h le soir, lorsque je sortais, c'était alors la bouffée d'oxygène. ".
Partir en formation, c'est une chose mais pallier aux besoins d'une famille au quotidien, c'est autre chose. Aidés par l'association Agir, les agriculteurs ont cherché un moyen de financement pendant la période de reconversion professionnelle d'Elisabeth. Une aide du conseil régional d'environ 600 €/mois, à l'époque, a aidé le couple dans sa transition. "C'était un combat, nous avions les enfants à élever".
Embauchée par l'hôpital de Lamballe au sein de l'Ehpad, Elisabeth est aide-soignante depuis maintenant 9 ans. Il y a peu, elle a décidé de travailler à domicile et se rend chez les personnes dépendantes accompagnant ses patients dans les activités de leur vie quotidienne (hygiène, toilette). Sa patience, sa bonne humeur, son expérience de la vie et son goût du contact se marient parfaitement à ce métier. "La ferme, c'est une expérience, cela forge", reconnaît Elisabeth aujourd'hui très contente.

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