Terra 31 juillet 2015 à 08h00 | Par Emmanuelle Bordon

Un partenariat pour conforter la position de Josselin porc abattage

Le 21 juillet dernier à Josselin, Agromousquetaires a signé un contrat de partenariat avec trois coopératives pour créer la filière Louis d'Armel, dont le but est de permettre la reconnaissance des produits de viande de porc et de charcuterie 100 % français. L'entreprise annonçait également un investissement de 20 millions d'euros consacrés au développement de la transformation effectuée sur le site.

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Les signataires du partenariat : Patrice Drillet, président de Cooperl'Arc Atlantique, Yves Audo, président de JPA, Phillippe Bizien, président d'Aveltis, Didier Duhaupand, président d'Agromousquetaires et Guillaume Roué,
président de Prestor.
Les signataires du partenariat : Patrice Drillet, président de Cooperl'Arc Atlantique, Yves Audo, président de JPA, Phillippe Bizien, président d'Aveltis, Didier Duhaupand, président d'Agromousquetaires et Guillaume Roué, président de Prestor. - © TERRA

En octobre 2014, SVA-Jean Rozé, filiale d'Agromousquetaires rachetait le dernier site de la société Gad, à Josselin (56). L'entreprise, devenue JPA (Josselin porc abattage), se dit aujourd'hui en régime de croisière avec 23 500 porcs abattus par semaine.

Dans la continuité du processus visant à une remise en route de cet outil, l'usine josselinaise fait à présent l'objet d'un projet d'extension et d'automatisation qui devrait la conduire à augmenter sa capacité à hauteur de 28 000 porcs par semaine. Yves Audo, président de JPA, a d'ailleurs annoncé "une montée en puissance sur la découpe et le piéçage des viandes". En outre, la préparation des commandes sera assurée par un robot. 20 millions d'euros vont être consacrés à cette modernisation, qui comprend la construction d'un nouveau bâtiment. Un projet inscrit dans un plan plus vaste qui devrait conduire les Mousquetaires à investir 55 millions d'euros en cinq ans dans leur filière d'abattage.

Créer une filière à part entière

Les responsables d'Agromousquetaires ont profité de la pose de la première pierre du chantier pour formaliser un partenariat avec trois groupements d'éleveurs de porcs : Prestor, Aveltis et Cooperl'Arc Atlantique. Par ce biais, ils relancent Louis d'Armel, la marque créée en 1998 par les Mousquetaires et quelque peu délaissée ces dernières années. Celle-ci entend réunir sous sa bannière tous les acteurs de la filière, depuis le producteur jusqu'au distributeur, dans un accord qui implique directement 1 200 éleveurs. Des débouchés leur seront assuré de manière permanente et régulière, grâce à des contrats pluriannuels. L'objectif, qui est de sécuriser l'approvisionnement des points de vente du groupe (Intermarché et Netto) en viande fraîche et en produits de salaison, concerne non seulement les volumes mais aussi l'origine et la qualité. Il s'agit également de valoriser le travail des agriculteurs auprès du consommateur via le label "Charte éleveurs Louis d'Armel" qui figurera sur l'étiquette.

Signe de reconnaissance, la marque Louis d'Armel s'adosse à un cahier des charges qui définira différents types de produits. Ceux qui réglementent le porc frais et le porc salaison sont dès à présent opérationnels. "Nous poursuivrons par le bio, le porc sans antibiotiques et le label rouge", a précisé Yves Audo. Ainsi, une gamme complète va voir le jour, dans l'objectif avoué de séduire le consommateur, en lui donnant les moyens d'un choix éclairé au moment de faire ses achats.

Une réponse à la crise

Au cœur d'une période difficile, qui voit les éleveurs dénoncer les importations à bas coût, cette filière se veut garante d'un approvisionnement intégralement français. "Nos destins sont liés" a affirmé Jean-Pierre Meunier, président des Mousquetaires. Il est donc important de "s'engager fortement au cœur de la filière porcine". Opérateur de premier ordre, le groupe revendique un ancrage important dans le tissu régional par le biais de 3 abattoirs et 7 usines de salaisons en Bretagne.

Pour Jean-Pierre Meunier, la filière souffre d'un manque de compétitivité, dont la crise conjoncturelle que traversent les éleveurs n'est qu'un révélateur. C'est pour améliorer cette compétitivité qu'Agromousquetaires veut investir et construire une filière performante.

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