Terra 05 mai 2016 à 08h00 | Par Chantal Pape

Portrait : Jean-Pierre Coat, la tête dans les nuages

Producteur de lait et de pommes de terre dans le Finistère, Jean-Pierre Coat avait 50 ans quand il a attrapé le virus de l'ULM. Vingt ans et quelques incidents techniques plus tard, la passion est toujours intacte. Et le pilote compte à son actif une bonne douzaine de tours de France et même une incursion en Angleterre.

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- © Terra

"L'ULM ? Il peut vous en parler jusqu'à ce soir", m'avait prévenue Marie-Paule. Et c'est vrai que Jean-Pierre Coat, paisible retraité de l'agriculture, a l'œil qui brille dès qu'on évoque sa passion. Mais son épouse, qui l'accompagne volontiers lors de ses escapades, est presque aussi incollable que lui sur les avantages comparés des pendulaires ou des trois axes ou sur les performances de leur Sky Ranger...

Petit retour en arrière. Jean-Pierre a 50 ans quand cette passion hors du commun le saisit. "Nous avions assisté à un meeting aérien à Lannion, avec des démonstrations d'ULM". Il prend contact avec l'instructeur et s'inscrit pour un baptême de l'air. "J'ai tout de suite eu envie d'aller plus loin". Mais, pour piloter, il lui faut un brevet. Qu'à cela ne tienne ! Il potasse "nuit et jour" la partie théorique sur un livre. Et ses enfants, alors ados, se prennent au jeu et lui font réciter ses cours. "Ça n'a pas été simple... Mais quand on veut on peut". Après la théorie, place à la pratique. Les cours se font d'abord en duo. Puis vient le jour où l'instructeur lui annonce qu'il sera seul à bord. "Même si on est en liaison radio avec lui, ça fait drôle...". Il obtient son diplôme en juin 1996 et achète son premier ULM. "D'occasion, on peut en trouver à des prix abordables, 5 000 à 10 000 €". Être agriculteur se révèle alors être un sacré avantage. "J'ai construit un appentis au bout d'un hangar pour le ranger. Et aménagé une piste dans un champ". Même si son exploitation, coincée entre l'aéroport de Guipavas et la base aéronavale de Landivisiau, n'est pas l'endroit idéal pour décoller. "J'ai juste un petit couloir, en partant vers la mer". Mais qu'importent les contraintes, il vole dès qu'il a un peu de temps, surtout le week-end et quand il fait beau. "Quand on a commencé, on ne peut plus s'en passer ! Quand on décolle, on quitte le monde. Et on laisse ses soucis au sol pour une heure ou une demi-journée".

Dix ans plus tard, il décide de changer de catégorie, obtient le brevet multi-axes et achète un nouvel appareil. "En kit, c'est moins cher". Il reçoit trois grandes caisses et il lui faudra pratiquement un an pour arriver au bout de ce nouveau challenge.

Dangereux, l'ULM ? Jean-Pierre Coat n'élude pas la question, lui qui a connu quelques pannes moteur. "Il y a des morts tous les ans, le plus souvent dues à des causes humaines ou de mauvaises conditions météo". Et la panne doit toujours être présente à l'esprit du pilote. "Si on vole à 1 000 m, l'appareil va planer pendant 10 km, ce qui donne largement le temps de trouver une piste pour atterrir". À condition d'éviter de survoler une vaste forêt ou une grande ville... "Et atterrir n'est pas tout, il faut aussi penser à la façon dont on pourra redécoller, une fois la panne résolue".

Une piste enherbée

Le long d'un ruisseau, une bande enherbée, un peu plus large que ne l'exige la réglementation, sert de piste à l'ULM, équipé de roues un peu plus grosses pour supporter les cahots. Pour y accéder, Jean-Pierre Coat a aménagé d'ingénieux passages d'homme pour ne plus descendre du quad en traversant les prairies.

 

Un ULM trois axes

Après avoir possédé plusieurs ULM pendulaires, juste dotés d'une aile, Jean-Pierre Coat a acheté un trois axes, qui s'apparente plus à un avion. Son Sky Ranger vole à une vitesse de croisière de 120 km/h, avec des pointes à 160, et une autonomie de quatre heures. "De quoi traverser la France en une petite journée".

 

Un tour de France

En vingt ans de vol, Jean-Pierre Coat a à son actif une douzaine de tours de France en ULM. Organisés tous les ans par la FFPlum, la fédération française d'ULM, ils rassemblent plus d'une centaine d'engins et sont l'occasion de découvrir de magnifiques paysages vus du ciel et de faire de belles rencontres.

 

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