Terra 07 octobre 2016 à 08h00 | Par Gabrielle Joly - Adevia

Des Roumains viennent prendre des idées en Bretagne

Une délégation roumaine est venue en Ille-et-Vilaine à l’occasion du Space, dans le cadre d’un partenariat avec le Conseil de judet de Sibiu et l’Association d’amitié Ille-et-Vilaine Sibiu (APIVS) où l’agriculture tient une part importante.

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Le groupe de Roumains en visite en Ille-et-Vilaine.
Le groupe de Roumains en visite en Ille-et-Vilaine. - © Terra

Les agriculteurs se sont déplacés notamment chez René Collin, vice-président de la chambre d’agriculture en présence de Bernard Marquet, vice-président du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine, et chez Jean-Louis Hervagault à Pocé les Bois.

Un enjeu, la transmission

Jean-Louis Hervagault a présenté de façon très pratique son élevage et proposé un échange sur les projets d’installation avec son fils Thomas. "Pour moi transmettre mon expérience, c’est transmettre ce que j'ai reçu moi-même. Cet échange concret, de paysan à paysan, c’est l’entraide, et c’est ça qui permet de se comprendre : rien ne remplacera jamais le fait de poser ses pieds sur les terres de l’autre. C’est de l’humain qui se construit, et en étant allé chez eux, on voit mieux quels conseils pratiques leur donner sur des projets qu’ils ont déja". D'une façon générale, deux axes essentiels de travail doivent être envisagés en Roumanie. Il s'agit tout d'abord d'améliorer l’organisation du travail et la mécanisation sur la ferme, avec des critères comme la pénibilité du travail, l’économie de main d’œuvre et la qualité finale du produit. Le second axe concerne l'amélioration des conditions de la vente directe avec un étiquetage clair et attractif des produits et renforcer les conditions sanitaires et la chaîne du froid dans les labos à la ferme.

Déjà des projets

Les agriculteurs roumains envisagent d'ores et déjà des pistes d’actions dès leur retour. Il s'agit notamment de créer à Medias un marché de producteurs, en demandant à la mairie la mise à disposition d’un espace. Certains envisagent de réduire leur troupeau de chèvres et de produire seulement du lait transformé pour mieux le valoriser. Enfin d’autres veulent introduire plus de technologies sur leurs fermes et/ou développer l’entraide et s’associer avec d’autres producteurs. Plusieurs projets d’achat vont probablement se concrétiser dans les semaines à venir portant sur 60 vaches Salers et 3 moutons Suffolk. Et les participants ont souhaité donner une suite à cet échange en envisageant la venue d’un agriculteur roumain en Ille-et-Vilaine pour un stage en fabrication de fromage, et l’accueil de jeunes stagiaires français sur des fermes à Sibiu.

Au regard des dix années écoulées d'échange entre les deux régions, René Collin fait le constat d'une très nette évolution des préoccupations des agriculteurs roumains. Qu'il s'agisse de technique, d'économie, d’organisation du travail ou de réflexion stratégique, les agriculteurs de Sibiu veulent prendre en main leur avenir.

Ils ont dit

Florin Popa, producteur de poules pondeuses, élu du Conseil de Judet de Sibiu (Roumanie) / Voir ce que vous faites, nous donne du courage et de l’ambition ! Oui le métier d’agriculteur permet de bien vivre et d’investir pour développer mon exploitation. Mais on peut aller plus loin en s’associant, on a vu ici les groupes qui font de la vente directe, en magasins collectifs comme Jean-Yves et Christine Trubert à la ferme du Chatellier, ou en marchés de producteurs comme à Saint-Meen, sur la ferme de Vincent Esnault. Par contre, pour que ça marche, on sent bien que le projet doit venir des agriculteurs, avec l’appui de la collectivité locale. Le marché de producteurs mis en place par le Conseil de Judet va donc devoir être réorganisé pour associer les producteurs à la réflexion et la définition des critères de participation. Autre aspect visible ici, c’est l’impact de la mécanisation, pour une organisation du travail économe en main d’œuvre - on doit introduire plus de technologie dans nos fermes. Le robot chez René est un bon investissement dans les gros élevages mais pas assez rentable dans notre région.

Florian Dragomir, producteur de moutons, président d’un groupement de producteurs de lait bio / C’est en 2007 qu’est né notre projet de groupement : tous les éleveurs du village se sont regroupés en association. Cette fois encore, c’est la façon de travailler ensemble que je retiens chez vous. Il faut que les agriculteurs se sentent représentés dans les chambres d’agriculture et qu’on trouve les appuis financiers pour pousser et accompagner les projets collectifs. C’est la priorité maintenant, la situation a évolué, les agriculteurs sont prêts. On le voit bien ici, c’est en s’associant qu’on arrive à se donner les moyens de nos ambitions. Nous avons le projet d’achat d’un équipement collectif pour la fabrication du fromage. Pour l’installation, nos contextes de transmission sont différents, mais nous sommes confrontés au même problème du remplacement et du vieillissement de la population agricole.



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