Terra 04 janvier 2018 à 08h00 | Par Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne

La Bretagne agricole, une chance pour la France et l’Europe

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Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne
Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d’agriculture de Bretagne - © Terra

Beaucoup de mots-valises ont parsemé les évènements marquants de l’année 2017 : la bienveillance, la résilience, la transition, l’agilité… Le monde agricole n’y a pas échappé. Est-ce que ces mots parlent aux agriculteurs quand ils commencent leur journée, quand ils démarrent un projet dans leur entreprise ? Pas sûr.

Il en est un qui manque fortement : la reconnaissance ! Pas dans les discours, mais dans ce que le président de la République a appelé "les nombreux fils tendus" au sein de notre société qu’il souhaite plus solidaire, ou quand il réitère dans ses vœux à la nation, la nécessité de "voir les agriculteurs vivre dignement de leur métier". Le chef de l’État a aussi mis en avant la valeur travail. Les actifs agricoles n’en manquent pas, ce qui fait défaut c’est sa juste rémunération, alors que ce sont leurs savoir-faire et leurs efforts dans leur façon de produire que les consommateurs plébiscitent.

S’il faut plus de "sans" (sans antibiotiques, sans phytos, sans labours, sans OGM…), il faut donc aussi plus de "sens". On ne réhabilitera pas la valeur travail, on ne progressera pas dans l’attrait pour nos métiers sans faire partager le sens aux agriculteurs, et sans leur renvoyer davantage de reconnaissance. Les États généraux de l’alimentation ont objectivement permis de faire partager un état des lieux sur la destruction de valeur par le prix anormalement bas des produits agricole.

Pourtant, la reconnaissance par le prix se fait toujours attendre, et la charte des engagements signée dans l’attente d’une loi fait déjà l’objet de nombreuses entorses.

De son côté, le nouveau président du comité de bassin Loire-Bretagne, communique sur les progrès constatés en matière de qualité de l’eau en Bretagne, mettant en avant la mobilisation des acteurs économiques, et notamment la volonté d’agir des agriculteurs. C’est un début de reconnaissance.

Elle doit trouver davantage d’écho dans l’expression des élus territoriaux, les agriculteurs ont besoin de l’entendre. Ce serait l’occasion de remiser enfin un mot-valise qui emprisonne notre capacité à aller de l’avant sans rester crispés sur le passé. Je veux parler du "modèle". Répondons aux enjeux alimentaires de demain en facilitant la cohabitation d’une diversité de choix et de trajectoires, tant du point de vue des consommateurs que des producteurs. Dans tous les cas, la combinaison économique et écologique sera réussie si les chefs d’entreprise trouvent, pour eux, leur famille, leurs associés, leurs salariés, la bonne combinaison entre capital foncier, capital d’exploitation et capital humain. Les exploitations familiales bretonnes à taille humaine et à responsabilité personnelle peuvent être en France et en Europe un modèle de responsabilités économique, sociale et environnementale. Cela donne en tout cas du sens aux politiques publiques en faveur de l’agriculture.

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