Terra 31 mars 2017 à 08h00 | Par Claire Le Clève

Le projet d'abattoir de proximité relancé en pays de Pontivy

Après la fermeture des abattoirs de Malestroit en 2010 puis de Pontivy (Gallais) en 2014, le projet d’abattoir multi-espèces connaît un nouvel élan dans le Morbihan. Car le besoin existe. Il a été quantifié à plus de 700 tonnes, près de 600 exploitations sont intéressées par cet outil de proximité.

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Au premier plan Gaëtan Le Seyec, président du groupe de travail avec Dominique Loubère et Christophe Tachez de la chambre d’agriculture, en appui aux élus.
Au premier plan Gaëtan Le Seyec, président du groupe de travail avec Dominique Loubère et Christophe Tachez de la chambre d’agriculture, en appui aux élus. - © Terra

"L’abattoir est bien un outil nécessaire pour la pérennité des exploitations engagées dans la vente directe", estime Gaëtan Le Seyec, président du comité territorial de Pontivy. Il préside le groupe de travail porté par la chambre d’agriculture qui a exhumé du tiroir le projet d’abattoir de proximité qui y était resté confiné depuis 2014, faute d'accord bancaire. "Nous avions le capital, les subventions", se rappelle Dominique Loubère, assistante technique du projet, cheffe du service environnement de la chambre d'agriculture de Bretagne "Avec l’aide du sous-préfet de Pontivy, et de la Région, grâce à l’intégration du projet dans un CTEF (contrat territorial emploi formation), car les emplois agricole et agroalimentaire sont identifiés comme structurant pour le territoire, le projet est bien relancé", affirment-ils. Le contexte est donc de nouveau favorable.

Pérenniser l'activité vente directe

La fermeture en 2010 de Malestroit puis de Gallais à Pontivy en 2014 "a entraîné une diminution des capacités d’abattage de proximité", et la création d’une "zone blanche" en centre Morbihan. Côté outils, seul sur le continent et pour le Morbihan, l’établissement privé Le Floc’h à Vannes abat 1 700 tonnes à l’année. À Belle-Île a été créé un abattoir public ne traitant que les ovins et porcs, les bovins de l’île étant emmenés vers Challans, en Vendée, pour y revenir ensuite sous forme de carcasses dans les boucheries de l'île. Côté besoin, l’enquête menée en 2014 recensait 750 tonnes apportées par 560 agriculteurs dont 66 % travaillent en vente directe.

Cohérence avec les PAT

Ils estiment l’outil indispensable dans le cadre de la mise en place de projets agricoles territoriaux (PAT) et la fourniture de produits carnés locaux à la restauration collective. L’association d’éleveurs, issue du premier projet, a été maintenue et le capital collecté, a fructifié pour participer au projet estimé à 3 millions d’euros.

Ce projet multi-espèces, agréé pour les labels et l’agriculture biologique, dimensionné entre 700 et 1 000 tonnes à l’année, pour 5 tonnes/j, avec atelier de découpe et de transformation, permettrait la création de huit emplois. Fin juin, avec l’aide du bureau d’étude ADIV, et après étude sur la gouvernance au travers d’une société coopérative d’intérêts collectifs, SCIC, "la faisabilité technique et économique devrait être faite", espèrent les porteurs du projets qui ont aussi étudié le lieu d’implantation. La commune de Saint Jean Brévelay s’y prêterait bien.

 

 

"De l'emploi et de l'activité pour nos territoires"

Avec ses deux frères, sur l’exploitation familiale de Guern, Gaëtan Le Seyec fait valoir une exploitation laitière sur 150 ha. "Pour l'entretien des zones difficiles d’accès sur l’exploitation, depuis 2000, nous élevons 15 mères en race Salers et faisons de la vente directe en caissettes. 7 à 8 génisses de 380 kg de carcasse tous les ans", relate l’éleveur sur cette partie diversification, nécessaire aux revenus de la ferme. Le prestataire, TVR, auquel ils font appel pour la découpe, envoie les animaux dans les Côtes d’Armor, à Quintin, vers l’abattoir privé. Bientôt un troupeau d’Aubrac les remplacera, "plus calme et avec une finesse de viande supérieure et une meilleure valorisation économique", essentielle en ces temps difficiles. Élu référent de la chambre d’agriculture, il s’implique sur le dossier de relance du projet d’abattoir multi-espèces. "Les animaux font plus de kilomètres pour être abattus, c’est également plus de transport vers la découpe", pointe-t-il à l’heure d’une meilleure prise en compte du bien être animal et de l’impact des transports sur le bilan carbone. "C’est un frein au fonctionnement de l’élevage, beaucoup d’installations se sont aussi faites sur des projets de diversification et de vente directe. C’est de l’emploi et de l’activité pour nos territoires", milite-t-il.

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