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1 000 vaches dans la Nièvre... en une semaine !

Mi-mars, les BTS Productions animales du Nivot (29) et leurs enseignants ont traversé la France, direction la Nièvre, afin de découvrir l’élevage allaitant, sa filière et ses modes de commercialisation au travers de visites d’élevages et d’entreprises dans un département où la production allaitante est très majoritaire (62 % des exploitations).

Au programme des visites, le marché au cadran de Moulins Englibert, l’un des plus gros marchés en France, qui a ouvert ses portes aux étudiants en plein jour de marché. Avec ses deux salles de vente (broutards et bovins d’embouche), les ventes se succèdent le mardi de 6 h à 12h. La qualité de la préparation des animaux, la logistique et les cadences de vente y sont impressionnantes. Pas d’improvisation possible dans ce marché où sont commercialisés 55 000 animaux par an. Les camions sont prêts à embarquer les broutards, direction l’Italie, à peine la vente terminée.

Des troupeaux de grande taille

Côté exploitations, la Nièvre confirme son statut de grand département allaitant. Comme partout, le nombre d’exploitations diminue (- 22 % en dix ans), avec un effectif global stable (- 0,3 % en dix ans). Cela se traduit par une augmentation du nombre moyen de vaches par exploitation (67 vaches en moyenne dans la Nièvre). Ce séjour est conforme à cette statistique, puisque étudiants et enseignants du Nivot ont visité des élevages allant de 60 à 350 vaches, soit 1000 vaches dans la semaine. Dans la dernière exploitation, 180 vaches et leurs veaux sont logés dans une stabulation en bois de 96 m de long. Impressionnant !

Des systèmes majoritairement naisseurs

Avec des systèmes fourragers majoritairement en herbe, les exploitations sont essentiellement tournées vers la production de broutards ou de laitonnes. L’engraissement ne concerne que les femelles et est associé le plus souvent à une activité de vente directe de viande, à Paris notamment. La majorité des vêlages a lieu en hiver sur une période relativement courte (deux à trois mois) ce qui est très contraignant au niveau du sommeil pour les exploitants ! Les animaux ne vêlant pas dans ces périodes sont systématiquement réformés. Les étudiants ont été agréablement surpris par le niveau technique des exploitants : caméra de surveillance, alimentation, échographie, gestion du taureau.

Malgré la taille des troupeaux, le recours à l’insémination animale à partir du taureau de ferme est une pratique répandue. Ainsi au Gaec Debout (Chougny), les taureaux achetés sont collectés pour produire un stock de sécurité de 800 à 1 000 doses avant d’être utilisés en monte.

 

Les troupeaux se colorent

Autre constat, la race charolaise a du plomb dans l’aile. Avec l’agrandissement des troupeaux, les éleveurs se disent des plus sensibles aux conditions de vêlage des animaux. "La Charolaise, c’est beaucoup de problèmes au vêlage aujourd’hui", souligne Sébastien Ducrot, éleveur à Saint Germain des Champs. La Limousine, la Salers ou même l’Aubrac grignotent des effectifs dans ce département. Plus rustiques et maternelles, elles permettent de pallier l’augmentation de la taille des troupeaux à main d’œuvre constante. À L’EARL du Perhuis, l’éleveur est passé en trois ans de 160 vaches charolaises à 160 limousines, il n’intervient plus aux vêlages. Autre exemple : au Gaec des Bordes, 50 Salers sont conduites en plein air à 800 mètres d’altitude avec des vêlages en février-mars.

Des Èleveurs bio qui peinent ‡ trouver des dÈbouchÈs !

Comme ailleurs, les éleveurs biologiques peinent à trouver un débouché à leurs broutards en circuit biologique : la majorité d’entre eux sont commercialisés dans le circuit classique. Le salut économique des exploitations vient en partie des primes versées dans le cadre de la PAC.

 

Des éleveurs qui síinterrogent et des prairies quíon laboure !

En pleine réforme de la PAC, les éleveurs s'interrogent sur l’avenir de leur production : baisse du montant des primes PAC, difficultés de trésorerie, dépendance aux marchés italiens. Comme en témoigne D. Adam qui a préféré cette année retourner 10 hectares de prairie et les semer en blé malgré une exploitation très performante "au cas où", dit-il, prudent.

Inquiets, les éleveurs le sont aussi sur l’avenir de leur territoire : désertification, absence de médecin ou absence de voie importante de communication. Un problème pas uniquement bourguignon.

 

Un bilan très positif

Pour le lycée, le bilan de cette semaine est très positif aussi bien d’un point de vue de la pédagogie que de la cohésion du groupe d'étudiants. Le voyage s’est déroulé dans une bonne ambiance. Et les élèves, qui avaient déjà mis "la main à la pâte" pour le financer en organisant des ventes de crêpes, de sweat-shirts, de chocolat et une soirée cabaret, ont pu démontrer tous les soirs leurs talents de cuisinier. Et devinez ce qu’ils ont cuisiné et su mijoter ? Du bœuf bourguignon bien sûr, gracieusement offert par un éleveur.

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