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Sica de Saint Pol de Léon
2011, une année difficile

Crise économique et bactérie E. coli ont conjugué leurs effets pour plomber l'année légumière.

"2011 a été une année difficile pour nos productions légumières". Et Jean-François Jacob, secrétaire général de la Sica de Sant Pol de Léon, de revenir sur la crise économique, qui a réduit la consommation, y compris en légumes frais. Puis sur la crise médiatique de la bactérie E. coli, courant juin. "Aussitôt, la consommation de légumes a plongé partout, sauf en Italie, où l'affaire n'a pas été médiatisée". Et il aura fallu attendre l'épisode de froid de cet hiver pour que les prix repartent à la hausse. Avec des conséquences dramatiques en tomates, - 19% de chiffre d'affaires à la Sica, mais aussi pour d'autres légumes, - 23% en chou-fleur, - 20% en pommes de terre...

 

Frais et transformation

 

Si certains légumes trouvent peu à peu leur place sur le marché, comme le Romanesco, qui mise à la fois sur le frais et la transformation, ou le chou-fleur de couleur, le brocoli connaît un parcours plus chaotique, avec des tonnages réduits de moitié en 6 ans. "La compétition est violente sur le marché européen, détaille Jean-François Jacob. Nous avons dû nous cantonner au marché français, ce qui a limité les volumes".

L'artichaut globuleux, Camus ou Castel, a connu une année en demi-teinte. "Le marché n'a pas tiré. Mais il n'y a pas eu d'invendus". Le petit violet a mieux tiré son épingle du jeu, notamment grâce à l'export vers l'Italie.

Avec moins de 6 000 t livrées à la Sica, la pomme de terre primeur continue à voir son tonnage s'éroder d'année en année. "A une époque, la Bretagne en produisait jusqu'à 185 000 t, contre moins de 20 000 t aujourd'hui", rappelle Jean-François Jacob. La faute à une forte concurrence avec de la pomme de terre en provenance du Maroc, d'Egypte... "Et ce n'est même pas de la primeur !" Car la distribution rechigne à travailler ce produit ultra-fragile mais au goût incomparable. "Jusqu'à présent, la Primaline, en tout début de saison, parvenait à mieux s'en sortir. Mais elle a connu des difficultés l'an passé. Et, cette année, la saison démarre mal".

 

Une bonne année en échalote

 

Après deux années difficiles, l'échalote a retrouvé des couleurs en 2011, avec un rendement en baisse, - 13%, et un prix de vente en forte hausse, à 0,8 €/kg. "Cette année, nous avons lancé un nouveau mode de mise en marché, la vente télématique, indique Pierre Bihan Poudec, le président de la Sica. Elle permet de mieux confronter l'offre et la demande". Ce qui a permis au marché d'être dynamique jusqu'à la fin novembre. "Depuis, il est plus mitigé". Pour un prix de vente moyen à 0,52 € au 31 janvier.

 

Une offre très diversifiée

 

Mini-légumes, courges, mâche, petits pois, haricots verts... : la diversification est plus que jamais à l'ordre du jour à la Sica. "Elle représente désormais 32% du chiffre d'affaires légumes, explique Jean-François Jacob, qui cite aussi la gamme bio, dont les volumes ont augmenté de 27% en un an, ou les légumes anciens, qui proposent désormais 12 références. "En tomates, aussi, la segmentation progresse. Et, d'ici un an ou deux, elle devrait représenter plus de 50% du chiffre d'affaires tomates".

 

 

 

Stations, transport rail-route, valorisation des coproduits...

Tous les projets de la Sica bloqués

 

 

"Seuls 6% des camions qui transportent nos légumes sont remplis sur une station. Les autres doivent en faire au moins deux". C'est parce qu'elle voulait regrouper la production et optimiser la logistique que la Sica de Saint Pol de Léon (29) a décidé de construire deux stations, aux normes agroalimentaires. Le terrassement de la station de Vilar Gren, à Saint Pol de Léon, a commencé, avant que le tribunal administratif ne décide de stopper tous les travaux, pour cause d'interprétation de la loi littoral. "Ce sont 220 emplois arrêtés du jour au lendemain, chiffre Jean-François Jacob. Mais c'est aussi l'avenir de la zone légumière qui est en jeu". Et le secrétaire général de la Sica d'évoquer Combiwest, une plateforme rail-route reliant Rennes à Lyon et qui projette d'ouvrir une ligne au départ de Morlaix. Mais aussi l'extension de l'usine de salades 4ième gamme Bakkavor, à Saint Pol de Léon, le développement d'Agrival, chargé de valoriser les coproduits de fruits et légumes, le projet Ulvans de stockage et valorisation d'algues vertes, à Plouénan. Des projets dans lesquels la Sica allait investir 100 millions d'€ et qui sont bloqués, dans l'attente de la construction des deux stations. "Les producteurs sont très inquiets. A-t-on encore la volonté de garder une agriculture performante en Bretagne ?"

 

 

 

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