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398€/1 000 l, 100 % d’adhérents : l’OP Bel livre ses secrets !

C’est un désaccord sur le prix du lait, en 2017, qui a poussé l’organisation de producteurs à proposer à Bel de se lancer dans du lait différencié. Un choix doublement gagnant, sur le prix payé et sur la structuration de l’OP, qui fédère désormais tous les producteurs.

Cette année, l’OP Sill Malo a invité Gilles Pousse, président de l’APBO, à participer aux travaux de son assemblée générale.

Un lait payé à 398 €/1 000 litres en moyenne sur l’année… De quoi faire rêver tous les producteurs conventionnels ? "C’est le prix que nous avons perçu l’an dernier, TP, TB et primes qualité compris", calcule Gilles Pousse. Président de l’APBO, l’association des producteurs de lait Bel Ouest, il est venu, la semaine dernière, "témoigner d’une OP qui fonctionne pas trop mal", devant les producteurs de l’OP Sill Malo, réunis en assemblée générale.

L’éleveur a de la visibilité, sa banque aussi. Et l’entreprise a plus de poids pour négocier avec les GMS

Au plus proche des producteurs

"Tout a commencé en 2012", se souvient Gilles Pousse. Étendue sur six départements, l’organisation de producteurs regroupe à l’origine trois associations, une par territoire des usines historiques du groupe Bel, dans la Sarthe, le Perche et le Maine. "Et très vite, nous sommes arrivés à un taux d’adhésion de 75-80 %". Un taux qui s’explique, selon le président, par le maillage territorial. "Avec nos trois conseils d’administration, nous avions 75 administrateurs, au plus proche des producteurs".

Un lait différencié

Et c’est cette représentativité qui lui donne du poids pour aller négocier avec Bel quand, courant 2017, un désaccord apparaît sur la formule de calcul du prix du lait. Plutôt que d’être dans l’affrontement, les producteurs choisissent une autre stratégie. "Nous avons voulu travailler dans la durée et instaurer un climat de confiance".
L’idée naît alors d’un lait différencié et l’OP creuse deux pistes, un lait issu d’animaux nourris sans OGM et un lait de pâturage, "deux notions chères au consommateur". Séduite, l’entreprise veut recenser les éleveurs intéressés. "Hors de question", répond l’OP qui, comme les volumes, veut gérer seule le dossier. "C’est nous qui avons établi le cahier des charges. Un passage obligé si on veut avoir du poids vis-à-vis de l’industriel et de la crédibilité vis-à-vis du consommateur, estime Gilles Pousse. Nous étions les premiers à le faire, ce qui nous a demandé un gros travail de défrichage".
Et aujourd’hui, les 400 millions de litres de lait livrés à Bel sont garantis sans OGM, avec une plus-value de 15 €/1 000 l. "100 % des éleveurs adhèrent à l’OP, ce qui représente 798 exploitations". Et ils sont 97 % à livrer du lait de pâturage, payé + 6 €/1 000 l. "Nous voulions répondre à une demande sociétale mais aussi sauver des producteurs en détresse, à cause d’un prix du lait trop bas".

Un prix connu à l’avance

Face à des producteurs bretons un brin admiratifs, Gilles Pousse délivre quelques conseils. "Le pouvoir de l’OP passe par le taux d’adhésion et son autonomie financière, qui lui permet d’embaucher et de soulager les élus d’une partie des tâches". Fixée à 0,30 €/1 000 l, la cotisation à l’APBO a grimpé jusqu’à 1,40 € avant de redescendre à 1,25 €. "Nous avons deux permanents, dont l’un chargé de la qualité et de l’échantillonnage des aliments sans OGM".
Forte de son poids, l’OP parvient à obtenir, dès fin novembre, le prix de base moyen qui sera appliqué l’année suivante. "L’éleveur a de la visibilité, sa banque aussi. Et l’entreprise a plus de poids pour négocier avec les GMS, en début d’année, puisqu’elle s’est déjà engagée vis-à-vis de ses producteurs".

Des éleveurs  engagés

Tout au long de l’année, l’OP consulte ses adhérents, lors de réunions en élevage, d’assemblées territoriales et de son assemblée générale. Des réunions auxquelles les éleveurs sont assidus. "Pour qu’ils aient de l’info, il faut qu’ils soient présents au bon endroit au bon moment, explique Gilles Pousse. Et ça évite aux responsables de passer des heures au téléphone à expliquer". Et pour les inciter à se déplacer, l’OP, qui gère tous les volumes, les redistribue en tenant compte, aussi, de la participation aux réunions.

 

OP Sill Malo : à quand un prix rémunérateur ?

Avec 5 nouveaux adhérents en 2019, l’OP Sill Malo regroupe désormais 243 exploitations, en Finistère (195), Ille-et-Vilaine (26), Côtes d’Armor (8) Manche (1), pour une production de 154 millions de litres de lait.
L’assemblée générale de l’OP, le 11 mars dernier à Plouvien (29) a été l’occasion de faire le point sur l’accord-cadre. "Nous n’avons toujours pas trouvé d’accord avec la laiterie", rappelle Christian L’Hostis, le président, qui demande à ce "qu’un véritable coût de revient" soit intégré à la formule de calcul du prix payé et "une plus grande transparence sur le mix-produit de la laiterie".
Pour faire avancer ses revendications, l’OP a rencontré trois députés finistériens, Graziella Melchior, Sandrine Le Feur et Didier Le Gac. Contacté par la Sill, le médiateur lui a indiqué devoir se mettre rapidement en conformité avec la loi. "Et pour le moment, nous avons les plus grosses difficultés à négocier tous les mois le prix du lait". L’an passé, il a atteint 352 €, un prix loin de satisfaire les producteurs. "Il nous manque 5 à 10 €".

 

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