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44 Tonnes : Un pas en avant deux en arrière.

Vieille revendication professionnelle s'il en est, l'extension à 44t accordée au transport routier de marchandises avait enfin été acceptée par le Président de la République en avril 2010, dans un souci d'améliorer la compétitivité des filières agricoles et agro-alimentaires. Oui mais voilà, le diable se cache souvent dans le détail, et le texte remis par JL Borloo a fait dresser les cheveux sur la tête de tous les responsables régionaux, qui l'accusent de réduire à néant cette avancée. Le Ministère du développement durable fixe en effet des contraintes à plusieurs niveaux. Tout d'abord, il dresse une liste limitative des produits concernés. Cette liste par définition fermée crée selon les professionnels des distorsions à l'intérieur d'une même filière, et semble difficile à appliquer face à des métiers et des productions qui évoluent chaque jour. Le projet de texte donne ensuite des contraintes techniques, les camions ou ensembles utilisés devront comporter 6 essieux, alors que la plupart des investissements réalisés récemment comportent 5 essieux souvent parce qu'ils sont moins gourmands en gasoil, et parce qu'ils sont plus manœuvrant dans les cours d'exploitations. De plus, ces ensembles auront interdiction d'utiliser pour les remorques des ridelles amovibles alors que pour la plupart des transports de légumes, ou transports de produits agricoles dans des remorques bâchées, ce type de ridelles est utilisé. Enfin, ces camions n'auront accès qu'à un nombre limité de routes alors que les entreprises concernées se situent par définition sur l'ensemble du territoire.Bref, un nombre de produits limité, des contraintes lourdes sur les matériels utilisés, des limitations de circulation, de la belle annonce du Président de la République de réduction des charges et d'harmonisation des conditions de concurrence, il ne reste plus grand chose alors que dans le même temps, de la viande de porc arrive en Bretagne par transport de 44t aux pieds des entreprises bretonnes, directement dans les centrales de distribution ! Jean Dubé

 

 

 

 

 

Nous avons demandé à Laurent Kerlir qui a suivi ce dossier 44 t comment il pensait faire pour redresser la barre .

 

l Laurent Kerlir comment percevez vous ce revirement de position gouvernemental ?

Laurent Kerlir. "Nous sommes totalement opposés aux dispositions qui vont complètement à l'encontre de la volonté affichée par le président de la République d'améliorer la compétitivité du secteur agricole et agroalimentaire. Revenir à 6 essieux par exemple, c'est augmenter les coûts, la consommation de gasoil, et recréer une distorsion supplémentaire vis à vis des Belges et des Espagnols qui sont déjà à 44t mais en 5 essieux. Nous demandons de plus que l'on ré-élargisse les catégories de produits autorisés. Depuis des mois, les agriculteurs mais aussi tout le groupe des entreprises de la FNTR, du Medef, de l'ABEA, de l'UGPVB, etc sont mobilisés c'est en leur nom à tous que nous agissons."

l Quelle est votre réaction, allez- vous décider des actions ?

L.K. "S'il le faut, si nous ne sommes pas entendus, nous reprendrons les actions comme à la Gravelle en février 2009."

 

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