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Accompagner différemment les demandeurs d’emploi

2 000 offres d’emploi ont été proposées en Bretagne dans le domaine agricole au cours de l’année 2018. Ces offres vont de l’emploi saisonnier de quelques jours au CDI le plus qualifié. 80 % de ces offres ont été "couvertes", mais il faut aujourd’hui environ quatre mois pour répondre en moyenne à une demande. Des délais qui s’allongent et qui amènent les acteurs du secteur à proposer de nouvelles formes de recrutement et de formation professionnelle.

Les responsables de la formation continue, réunis lors du Space pour présenter leurs axes de travail : Annie Guyader (Direccte), 
Jean-Claude Foucraut (Arefa), Georgette Bréard (Région Bretagne) et Gaël Lemetayer (Fafsea).
Les responsables de la formation continue, réunis lors du Space pour présenter leurs axes de travail : Annie Guyader (Direccte),
Jean-Claude Foucraut (Arefa), Georgette Bréard (Région Bretagne) et Gaël Lemetayer (Fafsea).
© Terra

Environ 70 000 actifs dépendent aujourd’hui directement de l’agriculture en Bretagne. Les deux tiers sont de la main d’œuvre familiale mais le recours à une main d’œuvre salariée représente aujourd’hui déjà un tiers. Cette proportion n’ira qu’en se renforçant, avec la spécialisation et l’augmentation de la taille des ateliers.

Certains secteurs sont d’ailleurs en tension très forte à l’image du secteur porcin où il est très difficile de trouver un salarié ou un remplaçant. Les responsables de l'Association régionale emploi formation en agriculture (Arefa) notent aussi l’arrivée d’offres de main d’œuvre étrangère, roumaine en particulier, sur des opérations de récolte ou pour des cultures gourmandes en main d’œuvre, un comble dans un pays qui compte un nombre conséquent de demandeurs d’emploi.

"Les employeurs doivent revoir les modes de recrutement"

Lors du Space, les responsables de l'Arefa Bretagne et de la formation étaient réunis pour présenter leurs nouveaux axes de travail. Georgette Bréard, vice-présidente du conseil régional de Bretagne, souligne que "nous ne sommes plus aujourd’hui dans une économie de crise. Les employeurs doivent revoir leurs modes de recrutement. Il est essentiel d’identifier les déterminants à l’emploi au plus proche des territoires, Identifier les freins, hébergement, déplacement, formation".

Jean-Claude Foucraut, président de l’Arefa, insiste sur le fait d’aller au devant des collégiens pour tenter de lever les freins par un contact direct, se donner les moyens de présenter les atouts des métiers agricoles et de la formation. Mais l’axe essentiel que veulent travailler les acteurs du monde agricole et du conseil régional est d’aller à la rencontre de publics très éloignés de l’emploi et d’accepter de les accompagner.

Un nouveau parcours proposé

Gaël Lemétayer du Fafsea (organisme de financement de formation professionnelle) développe ainsi un nouveau parcours de formation qui va être décliné en trois volets opérationnels. Il s’agit dans un premier temps de s’adresser à des personnes non qualifiées, sans aucune expérience agricole, pour leur proposer de découvrir le milieu et les métiers qu’il propose, en quelques jours ou par des visites d’ateliers ou d’exploitation. Dans un second temps, il sera proposé aux candidats intéressés de découvrir les premiers gestes professionnels pendant un mois. Enfin, pour les candidats pour lesquels l’expérience se révèle positive, l’ambition est de les amener à une formation qualifiante comme une certification en élevage laitier.

Cet accompagnement spécifique met en œuvre, en les rendant complémentaires, des processus déjà existants. Il doit permettre d’accompagner petit à petit des demandeurs d’emploi, ou des personnes en reconversion professionnelle en leur proposant des passerelles nouvelles, et une démarche nouvelle qui peut s’étaler dans le temps.

Pour Georgette Bréard, l’enjeu est aujourd’hui d’accompagner différemment les demandeurs d’emploi, de faire coïncider les attentes des employeurs et de répondre aussi à l’enjeu de l’emploi en France. Un défi toujours difficile que les associations emploi formation (AEF) veulent relever en se restructurant sous forme d’une entité unique qui s’appellera dorénavant Anefa dans chaque département français.

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