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PRIX DU LAIT
Accord à l'Ouest

Après l'échec des négociations, le 18 décembre dernier, l'interprofession laitière de l'Ouest s'est accordée, le 23 décembre sur un prix indicatif de 295 euros les 1000 litres de lait en janvier 2010 puis 282,54 en février et enfin 274,5 en mars. Ceci, hors flexibilité additionnelle qui s'élève à 4,41 euros/1000 l, bien loin des 18 euros jusqu'ici pratiqués. C'est donc sur un accord jugé favorable aux producteurs que Frank Guéhennec, responsable de la section laitière de FRSEA, revient dans cet entretien en inscrivant le renforcement du maillon production et la contractualisation collective comme les chantiers déterminants de 2010.

Avec cet accord, Frank Guéhennec, estime que  les producteurs ont été entendus par les entreprises.
Avec cet accord, Frank Guéhennec, estime que les producteurs ont été entendus par les entreprises.
© Terra

"C'est un accord où les producteurs ont été entendus", constate Frank Guéhennec, éleveur laitier de Pluvigner, dans le Morbihan. Les producteurs de lait devraient donc percevoir 295 euros de base des 1000 litres de lait, en janvier 2010 proches des 300 euros escomptés, lors des premières négociations. "Avec la qualité, on arrivera à plus de 300 euros", estime-t-il. Ce d'autant que janvier est un mois important pour les éleveurs qui pourront ainsi conjuguer, et volumes, et meilleure rémunération. Vient ensuite la fin de campagne laitière souvent synonyme d'ajustement des volumes à une période où le lait est moins  rétribué en raison de la réécriture de la grille. D'où la satisfaction, pour Frank Guéhennec, d'un accord où il estime que les producteurs ont été entendus par les entreprises.

Juin 2009, un moindre mal

Quant à celui du 3 juin dernier, "il s'en est suivi une période très difficile", constate Frank Guéghennec qui estime cependant que l'accord fut un moindre mal. "Il a permis de limiter la casse en fixant un cadre dans lequel l'ensemble des entreprises s'est tenu, même Entremont-Alliance, jusqu'à la fin de l'année". Une période durant laquelle "en Allemagne les producteurs étaient payés 220 euros quand, nous, nous en recevions 280", rappelle-t-il. Pendant ce temps, les cours du lactosérum repartaient à la hausse, en juillet, suivis ensuite par ceux du beurre et de la poudre. "Sans cela, nous n'aurions pas pu remettre la pression en septembre 2009 et avoir un accord plus favorable fin 2009", relève le responsable. Autre motif de satisfaction, la réduction de la flexibilité, "Je rappelle qu'Entremont était à moins 18 euros des 1000 l, avec son mix produits. Il est aujourd'hui à moins 4,41. La remontée des cours l'explique, mais c'est aussi le fruit de l'accord de juin avec la mise en place de nouveaux indicateurs qui réduisent la flexibilité", note Frank Guéhennec, pour lequel il n'y a pas d'ambiguïté. "Le résultat de cette variation des prix à la production que nous avons connu est lié aux choix politiques de l'Europe avec la volonté de démantellement de tous les outils de régulation et la suppression des filets de sécurité".

Renforcer en fédérant

Pour contrecarrer cette politique européenne inscrite dans le marbre, il n'y a pas d'autre solution pour ce responsable régional que celle d'une reprise en main, par les producteurs de la gestion des volumes produits. "Il faut adapter l'offre à la demande. Si nous regroupons l'offre, nous producteurs, nous serons en mesure de l'adapter au marché", estime-t-il. La création de l'association AEBEA est pour lui le premier pas vers cette nouvelle organisation fédératrice des producteurs. "Cela doit se faire désormais dans chaque entreprise, notamment chez Lacatlis, en ce début d'année". Autre chantier de taille, à l'aube de cette nouvelle année, celui de la contractualisation. "Elle n'est qu'un outil qui doit répondre en partie à la sortie des quotas. Elle ne peut être que collective", insiste-t-il mentionnant que "sans organisation de producteurs, pas de contractualisation". Il faudra donc l'inscrire dans la nouvelle Loi de modernisation agricole. "Nous y travaillons en groupe de travail. Nous devons nous poser toutes les questions (double prix, double volume, prix moyennisés...) pour avoir une contractualisation équilibrée entre producteurs et transformateurs.  Nous souhaitons avancer sur une position commune au Grand Ouest avec la Normandie et les Pays de Loire. Si nous lançons la mécanique, j'espère que le reste suivra. Il faut que ça démarre chez nous", estime Frank Guéhen-nec, qui aspire, pour les producteurs laitiers, à une année 2010 plus sereine que l'année précédente.

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