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Agriculture conventionnelle ou bio, prendre le meilleur des pratiques

L'agriculture conventionnelle doit-elle s'inspirer des pratiques de l'agriculture biologique ? C'est autour de ce thème que les adhérents de Ceta ont travaillé, vendredi 29 mai, lors de l'assemblée de leur fédération départementale.

Travail en groupe lors de l'assemblée générale de la FDCeta
Travail en groupe lors de l'assemblée générale de la FDCeta
© Cécile Julien

En s'appuyant sur l'exemple de Christian Dragon et de ses associés du Gaec du P'tit bois, à Meillac, la FDCeta, pour son assemblée générale du 29 mai, s'est penchée sur le passage d'un système conventionnel à l'agriculture biologique et des pratiques à valoriser d'un système à l'autre. A partir des résultats de ses adhérents, la FDCeta a croisé les performances économiques d'exploitations laitières conventionnelles et biologiques. Ces dernières sont plus gourmandes en main d'œuvre, car elles dégagent 50.500 euros d'EBE pour 2,6 UTH,alors qu'en système conventionnel, l'EBE est de 70.700 euros pour 1,8 UTH. Des résultats économiques qui s'inversent quand on ramène aux 1.000 litres. Puisqu'en agriculture biologique, elle est de 238 euros/1.000 litres pour 193 euros en agriculture conventionnelle. Cela s'explique par plus de produits en agriculture biologique, où, en 2008, le lait a été valorisé 428 euros/1.000 litres, plus 85 euros de produit viande. En système conventionnel, la valorisation a été, en moyenne, de 359 euros/1.000 litres, plus 53 euros de produit viande. L'actuelle meilleure valorisation du lait bio permet d'absorber les charges plus importantes, notamment de main d'œuvre. En 2008, le prix d'équilibre, main d'œuvre rémunérée hors aides découplées, était de 461 euros/1.000 litres en agriculture biologique et de 352 euros en système conventionnel.

 

Plus d'intrants intellectuels

Côté système fourrager, le coût de production de la tonne de matière sèche d'herbe est similaire dans les deux systèmes. Le maïs est plus cher à produire en agriculture biologique, car l'économie en phytosanitaires est largement dépassée par le coût du désherbage mécanique et le prix élevé des semences. De même, une recherche d'une plus grande autonomie en protéines intéresse tous les systèmes. Au Gaec du P'tit Bois, l'autonomie alimentaire a été améliorée grâce à un séchage en grange. Installé en 2003, ce système permet de valoriser les vastes surfaces en herbe de l'exploitation, située sur une zone de captage. Le séchage en grange permet de préserver la valeur alimentaire des fourrages, notamment des légumineuses. Donc, de réduire les apports de complémentation.

En cultures aussi, des pratiques utilisées en agrobiologie peuvent être valorisées dans un système conventionnel, notamment pour réduire l'utilisation de phytosanitaires. Pour Arnaud Cozannet, animateur des groupes cultures, "tout nous pousse a remplacé les intrants phytosanitaires par des intrants intellectuels". Sous la boutade, transparaît la nécessité de mieux raisonner les itinéraires pour éviter les problèmes, plutôt que de les anticiper avec des phytos. En agriculture biologique, le bon déroulement des cultures s'appuie sur un assolement cohérent avec des rotations longues, en alternant semis d'automne et d'hiver, mono et dicotylédones. Pour contourner le risque de maladies, l'agriculture doit jouer sur plusieurs tableaux avec des semis tardifs, le choix des variétés, les mélanges d'espèces. Pour la gestion des adventices, le désherbage mécanique et les couverts végétaux ont fait leurs preuves. Rien ne faut une approche multi-stratégique en combinant rotation, paillage et couverts. Le tout avec une excellente connaissance des cycles des ravageurs. Pour expérimenter et partager, le travail en groupes a encore de belles pages à écrire.

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