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AIM : trois questions à... Jean-Louis Tourenne Président du conseil général

Les abattoirs AIM, dont le siège est à Sainte-Cécile (Manche) et qui ont un site en Ille-et-Vilaine à Antrain, ont été placés en redressement judiciaire le 6 janvier dernier. Les entreprises souhaitant racheter les abattoirs normands en difficulté ont jusqu'au 29 janvier pour déposer une offre au tribunal de commerce de Coutances. Le point sur ce dossier avec Jean-Louis Tourenne, président du conseil général d'Ille-et-Vilaine.

Jean-Louis Tourenne
Jean-Louis Tourenne
© Terra

L'entreprise AIM, qui compte un site en Ille-et-Vilaine a été placée en redressement judiciaire. Sa situation financière était donc "délicate", avez vous été surpris par cette décision et qu'en pensez-vous ?

Jean-Louis Tourenne. Pour être tout à fait franc avec vous, nous n’avons pas été vraiment surpris par la situation financière d’AIM. D’ailleurs, lors d’une visite de l’abattoir d’Antrain en juillet 2013, la direction nous avait fait part des difficultés à laquelle elle était confrontée. C’est à cette occasion que je m’étais déjà engagé à apporter le soutien financier du département à hauteur de 500 000 € en complément de celui de la caisse des dépôts et consignation. Par la suite, les difficultés d’échange d’informations avec la direction et leur manque de clarté, ont malheureusement rendu particulièrement difficiles nos relations.

Pour compléter ma réponse, je tiens néanmoins à ajouter que j’ai été particulièrement surpris par le niveau de violence avec laquelle la direction de l’entreprise a annoncé le dépôt de bilan de l’activité. Je me mets à la place des salariés à qui on a annoncé qu’ils n’allaient toucher qu’une petite partie de leur salaire fin décembre. J’imagine que ce fut vécu comme un véritable traumatisme.

 


Craignez-vous pour la pérennité de l'entreprise et plus particulièrement de son site en Ille-et-Vilaine ?

J-L. T. Il y a toujours un risque. Mais j’ai plutôt confiance. Le site d’Antrain en particulier a une existence économique légitime. La qualité des savoir-faire des salariés ainsi que ses atouts en termes de production et de marché local sont des spécificités qui lui sont propres. Cependant, pour garder son attrait, il est aussi nécessaire de moderniser le site d’Antrain. C'est pour ces raisons que nous nous sommes engagés auprès des syndicats à aider les futurs repreneurs dans la remise en état de l’usine. La Région, la Communauté de Communes ainsi que la Ville d’Antrain sont d’accord avec nous sur ce point et ont aussi confirmé qu’ils participeraient d’une manière ou d’une autre. Enfin, il ne faut pas oublier le site de Sainte-Cécile. Nous travaillons actuellement avec nos homologues de la Manche et de la Basse Normandie pour trouver des solutions pérennes au maintien des deux entités.

 


Selon vous, quelles sont les pistes à envisager par les différents acteurs de ce dossier, afin d'assurer
la poursuite de l'activité ?

J-L. T. Je crois à la bonne coopération avec tous les acteurs locaux. Depuis les premiers instants, nous avons des échanges constructifs et de très bonne facture avec les syndicats, les représentants du personnel, les élus locaux et nationaux sur ce dossier. Tout le monde se sent particulièrement concerné et s’implique dans la recherche de solutions. C’est un dossier à enjeux : enjeu social et économique pour tous les salariés mais aussi un enjeu important pour le maintien d’activités productrices de valeurs ajoutées sur un territoire qui requiert l’investissement de chacun pour soutenir son développement. Le maintien de l’équilibre des territoires en matière de développement économique est essentiel si nous voulons que tous les habitants du département puissent s’épanouir quel que soit leur lieu de résidence.

Vers un projet commun de reprise ?

Les Abattoirs industriels de la Manche (AIM), sont détenus majoritairement par une coopérative de producteurs de porcs de la Manche, Cap 50. AIM emploie près de 600 personnes en France, dont 179 salariés à Antrain. Marcel Denieul, le président de la chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine s'est déclaré "très attentif à l'évolution de la situation, notamment sur la question de l'emploi", tout en soulignant qu'une réflexion profonde doit être menée sur la question des modèles économiques de ces outils industriels. En filigrane de ces difficultés économiques dans l'agroalimentaire, c'est une nouvelle fois la question de la valeur ajoutée et de la compétitivité qui est en jeu. Enfin,  à noter que si les entreprises souhaitant racheter les abattoirs normands en difficulté ont jusqu'au 29 janvier pour déposer une offre, différentes sources d'informations se font l'écho d'une discussion pour un projet commun de reprise par les sociétés de salaison Brient (Mordelles) et Loste-Tradi (Montfort).

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