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Aléas climatiques, visez l’autonomie alimentaire

Augmentation des périodes de sécheresse, épisodes pluvieux plus intenses… Le réchauffement climatique est là. L’adaptation en lait passe par celle des systèmes fourragers en visant l’autonomie alimentaire. Un après-midi complet de témoignages et d’ateliers y était consacré à Kergrist (56).

Journée autonomie alimentaire, le 15 octobre à Kergrist, organisée en partenariat avec la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne, le Civam, le Syndicat du Blavet, Bretagne Conseil Elevage Ouest, la Région, l'Agence de l’eau…

Chez les Servel à Kergrist, à l’EARL de Kerloguen, en ce centre Bretagne qui n’est pas oubliée par la pluie, la bio est une histoire ancienne. 1994, début de la conversion. Elle s’est transmise à Samuel quand en 2011, il a repris la ferme sur désormais 98 hectares, rejoint par Pascal son frère, salarié. "J’ai aussi hérité du travail en Cuma". Pour être efficace économiquement, maîtriser leur temps de travail et l’autonomie alimentaire, leur regard est fixé sur la pousse de l’herbe qui donne le la à "toute l’activité qui s’y cale". Y compris les 5 050 litres de lait donnés par vache, 380 000 litres livrés à l’année.

Pâtures accessibles

"L’achat de terres que j’ai dû consentir au début pour avoir des parcelles proches a annulé les investissements que je projetais en bâtiment". Et de diminuer le nombre de bêtes en hiver et d’en supprimer également la traite avec une période de monotraite dès le mois d’octobre. "Ce sont trois heures d’astreinte en moins. Je diminue par deux mon temps de travail mais pas mon revenu. Si je perds 20 % de lait, je le compense en taux". Pour ce faire, les vêlages sont groupés en six semaines entre mars et avril, pour 80 % des vaches (croisées trois voies pour améliorer la fertilité). "Elles vêlent au moment de la pousse de l’herbe et je mets à l’herbe précocement toutes mes petites génisses, dès mai avec du lait. La deuxième année, elles font un bond de croissance !" , apprécie l’éleveur dont le taux de réforme est d’à peine 20 %. "J’élève moins de génisses, je réforme l’hiver pour ne pas charger le bâtiment", explique-t-il avec un chargement à la baisse, de 74 ares par vache, toujours veillant sur ses stocks, mi-enrubannage, mi-foin, "2,4 tonnes par vache par an, la sécurité". Ses plus gros investissements ? "L’accessibilité aux 60 hectares proches. J’ai bétonné 750 mètres de chemin et j’ai 2 100 mètres en terre pour 40 000 euros et la salle de traite d’occasion". Pour améliorer encore son efficacité économique, il a revendu 62 hectares de ses terres à un GFA, qui lui reloue les plus proches. Toutes les surfaces sont consacrées au pâturage sur des parcelles aménagées, implantées de mélanges diversifiés. "Je travaille avec du ray-gras anglais trèfle blanc et de la fétuque élevée qui résiste bien au sec parce qu’au dessus de 25 degrés le RG cale. Et puis je ne fais pas pâturer trop ras", note-t-il de la gestion de ses prairies avec ses paddocks quotidiens.

 

réchauffement climatique

Moins de charges, plus d'autonomie alimentaire

Autant d’éléments introductifs aux quatre ateliers que les visiteurs, nombreux, étaient invités à découvrir. "C’est la réduction des charges qui fait le revenu de l’agriculteur", pointera Marion Menez, animatrice du Civam, invitant à considérer l’autonomie alimentaire parmi les leviers principaux de résilience face aux aléas climatiques. "Le faible coût alimentaire et le faible coût des cultures font la différence", appuiera-t-elle. Qui dit autonomie alimentaire dit aussi autonomie protéique. "Il faut aller chercher la qualité avec des coupes précoces. C’est payant. Optimiser sa gestion au pâturage, introduire des mélanges céréaliers et protéagineux, produire de la luzerne et autres légumineuses. Plus on est autonome et plus on gagne sa croûte", pour Julie Laudren, conseillère lait de la chambre d’agriculture. "Ne négligez pas vos zones humides, outre leurs intérêts environnementaux", insisteront Yves Merle du Syndicat du Blavet et Benoît Possémé, conseiller fourrage de la chambre d’agriculture."En remettant sur elles du pâturage tournant, on a des rendements et des durées supérieures de pâturage avec des risques de parasitisme moindres", démontreront-ils. L’accessibilité est un autre point clé, pour Mickaël Fraboullet de Bretagne Conseil élevage Ouest. "Pour remettre un hectare d’herbe en pâture, il faut compter entre 700 et 1 200 euros, mais c’est pour toute une carrière ! ", encourage-t-il.

 

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