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Après la crise sanitaire, une crise économique et alimentaire mondiale majeure ?

Les dirigeants de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ont alerté d’un risque de crise alimentaire mondiale dans le cas où il y aurait une vague massive de restrictions à l’exportation. Face à cette éventualité, la FAO a établi une feuille de route afin d’atténuer les répercussions sur l’agriculture et les systèmes alimentaires mondiaux. Car en confinant la population, et en fermant les frontières à l'échelle de continents entiers c'est un déséquilibre alimentaire majeur qui se crée et qui viendra s'ajouter à une crise économique et à toutes les perturbations que le déconfinement va révéler.

© geralt

 

Qu Dongyu de la FAO, Tedros Adhanom Ghebreyesus de l’OMS et Roberto Azevêdo de l’OMC mettent en garde, dans un rare communiqué commun publié le 31 mars, contre un risque de crise alimentaire mondiale. Ils soulignent que "les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l’exportation, provoquant une pénurie sur le marché mondial (...) de telles réactions peuvent contribuer à altérer l’équilibre entre l’approvisionnement alimentaire et la demande, avec pour conséquence des augmentations de prix et une hausse de leur volatilité. Les populations les plus vulnérables et en situation d’insécurité alimentaire seront alors les plus durement touchées". Le problème n'est donc pas tant la production mondiale qui est aujourd'hui suffisante que l'impossibilité de faire coïncider offre et demande sur un plan géographique.

Il faudra empêcher les politiques protectionnistes (FAO)


Déjà, le gouvernement suisse a notamment octroyé un crédit de 3 millions de francs suisses (2,8 millions d’euros) qui doit aider à financer le stockage de viande. Dans ce pays la production de beurre pourrait "pour la première fois depuis des années" ne pas suffire à couvrir les besoins du marché. Le gouvernement a demandé à l’Office fédéral de l’agriculture (Ofag) de revoir les restrictions tarifaires à l’importation pour le beurre mais a aussi décidé de revoir le contingent pour les œufs, qui partent rapidement dans les rayons.
À l'autre bout de la planète, l’Australie a décidé d’interdire l’entrée sur son territoire à tous les "étrangers" durant les six prochains mois. L’île-continent reste pour l'heure relativement épargnée par le Covid-19. Mais, à plusieurs moments-clés de la saison, entre 40 et 50 % de la main-d’œuvre employée par les agriculteurs notamment en fruits et légumes est étrangère. Les producteurs sont très inquiets, l'enjeu étant bien d'assurer la production correspondant au marché local.

Un plan d’urgence
Qu Dongyu, directeur général de la FAO, a indiqué aux leaders des pays du G20, qu’"il est important d’assurer que les chaînes de valeur alimentaires ne soient pas perturbées et qu’elles puissent continuer à bien fonctionner tout en favorisant la production et la disponibilité d’une nourriture saine, diversifiée et nutritive". Il a également assuré que, pour l’instant, "les marchés alimentaires mondiaux étaient bien approvisionnés" tout en insistant sur "la nécessité de prendre des mesures fortes afin de garantir la transparence et la stabilité des marchés nationaux et mondiaux, grâce à des informations opportunes et fiables".
Pour atténuer les répercussions sur l’agriculture et les systèmes alimentaires mondiaux, la FAO propose ainsi aux pays un cadre de travail afin de mettre en place des plans cohérents et solides. Il s'agit notamment de maintenir le commerce alimentaire mondial en particulier pour les pays importateurs de denrées alimentaires de base (pays africains principalement) qui sont particulièrement vulnérables en cas de ralentissement du volume commercial et de dévaluation monétaire. Qu Dongyu précise qu’à cette fin, "il faudra empêcher les politiques protectionnistes, qui se sont manifestées sous la forme d’une hausse des taxes à l’exportation ou par des interdictions directes à l’exportation lors de la crise des prix des produits alimentaires en 2008".Jean Dubé  avec Agra

 

Un ralentissement économique pire que celui "de la crise financière mondiale" de 2008

L’impact de la pandémie de coronavirus sur l’économie, le commerce et, par conséquent, sur l’emploi et le bien-être des citoyens "sera énorme" et ne pourra être dépassé que grâce à une solidarité mondiale, prévient Roberto Azevêdo, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), dans une vidéo adressée depuis son domicile, le 25 mars. Selon lui, les projections récentes laissent prévoir un ralentissement économique et des pertes d’emplois "pires que ceux de la crise financière mondiale il y a douze ans". Face à la pandémie la réponse se doit d’être mondiale, estime Roberto Azevêdo : "Aucun pays n’est autosuffisant, aussi puissant ou avancé soit-il", rappelle-t-il. Et d’ajouter : "L’histoire n’oubliera ou ne pardonnera jamais si nous ne soutenons pas ceux qui en ont le plus besoin".

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