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Soirée laitière de la FDSEA
Après les quotas, le temps des contrats

Rarement actualité laitière n'aura été si pesante dans l'effort de débat qu'a souhaité la FDSEA du Morbihan en organisant, le 15 décembre dernier, sa soirée départementale laitière. Autour de la table, coopérateurs, privés et producteurs ne sont sûrs que d'une chose. Après les quotas viendra le temps des contrats. Collectifs ou individuels, avec un prix, unique ou pas, tout reste à construire.

A la tribune : Gilles Psalmon et Serge Le Doaré de la FNPL, Frank Guéhennec, président de la section laitière de la FDSEA du Morbihan, Dominique Chargé, secrétaire général de la FNCL et Patrick Weecxteen président de la CNIL Ouest
A la tribune : Gilles Psalmon et Serge Le Doaré de la FNPL, Frank Guéhennec, président de la section laitière de la FDSEA du Morbihan, Dominique Chargé, secrétaire général de la FNCL et Patrick Weecxteen président de la CNIL Ouest
© claire Le Clève

 

 

 

Donner de la visibilité dans une période mouvementée et renforcer le maillon production. C'est le vœu qu'a formulé Frank Guehennec, président de la section laitière de la FDSEA du Morbihan, en introduisant cette soirée laitière dans l'amphithéâtre du lycée La Touche de Ploërmel, mardi 15 décembre. Pour certains, la visibilité "c'est déjà de savoir ce qu'on sera payé demain. Dans les campagnes, on va mal",  insiste un éleveur, invoquant la perte de 54 % de revenus pour les producteurs de lait en 2009. Depuis août, dernier, les cours du beurre et de poudre reprennent des couleurs. "En 2010, nous devrions revenir à des niveaux plus  normaux", tente Gilles Psalmon, directeur de la FNPL. "Peut être plus 5,5 euros des 1000 litres", esquisse  Serge Le Doaré, éleveur finistérien et administrateur de la FNPL, se référant aux nouveaux indices intégrés dans l'accord du 3 juin dernier. "Cet accord nous assure un prix le moins mauvais". "Quand il n'y a pas eu d'accord en France, le prix du lait est descendu au niveau du prix du lait allemand, c'était en octobre 2008 et avril 2009", invite à se souvenr Gilles Psalmon. Face à l'épouvantail des cours mondiaux, la volatilité des prix qu'ils entraîneront en l'absence de quotas, face à des rapports de force plus à vifs entre producteurs et transformateurs, chacun prône sa solution.

 

Contrat, un même mot, mais des visions différentes

"Il faut un prix européen", réclame un éleveur de l'APLI. Illusoire répond en substance la FNPL "nous sommes un pays parmi 27autres et cela ne nous permet pas de leur imposer ce que l'on veut", rétorque Serge Le Doaré. "Evitons de se faire donner la messe par des gens qui n'ont pas su gérer chez eux, la descente infernal des prix", note Pascal Nizan, président de l'AEBEA, se référant à l'exemple allemand. Alors quelle nouvelle forme de régulation, quelles nouvelles relations entre producteurs et transformateurs ? La réponse pour la FNPL,  tient essentiellement dans un contrat collectif négocié par une organisation de producteurs, où l'éleveur ne sera pas isolé face à l'entreprise. A l'interprofession, le soin de définir la contractualisation.  "Ce sera un outil juridique pour formaliser des relations gagnant-gagnant. Il doit organiser des relations équitables avec un guide de bonnes pratiques et des clauses permettant de faire vivre le contrat dotée d' une commission d'examen en cas de litiges", résume Serge Le Doaré. Coté Coopératives, pour amortir la volatilité des cours, Dominique Chargé, secrétaire général de la FNCL propose une version du contrat "avec un double prix", suivant la part que représente le volume A indexé sur les PGC et de volume B sur les produits de dégagements beurre poudre. "Ce n'est en aucun cas un outil d'intégration", se défend t-il soulignant que le système préserverait les intérêts de la répartition des producteurs sur tout le territoire. "Le prix différencié, ce n'est pas un prix garanti mais c'est un prix compétitif", assure t-il. "On supprime la flexibilité mais on la réinvente par une autre mécanique" relève Pascal Nizan. Reste la vision des industries laitières. Pour la porter, Patrick Weecxteen, de la CNIL Ouest. "OK pour l'interprofession, OK, pour l'organisation de producteurs, OK pour le guide de bonnes pratiques mais nous souhaitons que le contrat n'arrête ni la question du volume ni celle du prix. Il faut garder la notion d'entreprendre dans un marché concurrentiel". Une vision que sont loin de partager les producteurs présents dans la salle. Ils l'ont rappelée.  "La priorité des priorités, c'est l'organisation des producteurs. Et pour cela, il faut les fédérer", pour Frank Guéhennec. Il voit, dans la création de l'AEBEA le premier pas vers cette nouvelle étape.

Claire le Clève

 

A la tribune : Gilles Psalmon et Serge Le Doaré de la FNPL, Frank Guéhennec, président de la section laitière de la FDSEA du Morbihan, Dominique Chargé, secrétaire général de la FNCL et Patrick Weecxteen président de la CNIL Ouest

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