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Lait
Atouts et handicaps de l'Europe du Nord

"La production laitière est solide en Europe du Nord et les logiques de filière sont propices à la croissance, mais Allemagne, Pays-Bas et Danemark ont chacun leurs handicaps", selon Gérard You de l'Institut de l'élevage, intervenant à l'AG de Bretagne Contrôle laitier Ille-et-Vilaine.

Dans le principal pays qu'est l'Allemagne, la filière laitière est positionnée sur des produits à moindre valeur ajoutée mais très concurrentiels à l'export (la moitié de la production est exportée) du fait de moindres coûts de collecte, de transformation et de marketing. En investissant sur la recherche développement, le marketing ou le commercial, les transformateurs français créent quant à eux plus de valeur ajoutée qu'ils conservent à leur niveau. Deux positionnements différents sur les marchés mais qui n'ont pas d'impact sur le prix payé au producteur, qui bien que plus volatile en Allemagne, est sensiblement identique en moyenne sur une longue période entre les deux pays. "L'Allemagne est plus ouverte mais plus offensive", résume l'expert. Le tiers du cheptel y est détenu par des élevages de plus de 100 vaches. La logique de modernisation est assez poussée avec des politiques d'aides aux grands investissements, et le mode de succession, qui privilégie le repreneur, est en faveur de l'agrandissement. Cependant, "le devenir de grands élevages ateliers est aujourd'hui en question dans l'est du pays face à la disparition de la main d'œuvre salariée, selon Gérard You. La conjoncture céréalière et le développement du biogaz deviennent aussi des obstacles à la production laitière".

Les Pays-Bas ont quant à eux bâti un modèle laitier des plus performants et rentables d'Europe (370 000 l et 36 000 euros par UTA) permis par une densité très élevée (6 000 l/ha), une intensification des élevages (250 g concentrés /litre), une spécialisation de la main d'œuvre avec délégation de tous les chantiers hors élevage, et aussi grâce à une dérogation sur la directive nitrates. Mais ce modèle néerlandais et son potentiel de croissance sont aujourd'hui menacés par des contraintes environnementales grandissantes.

Enfin, si les élevages danois ont extrêmement rationnalisé et simplifié leur système dans le cadre d'une restructuration très rapide, la taille des élevages ayant triplé en quinze ans, leur fragilité financière en a aussi été maximisée, dans un contexte de prix aujourd'hui très volatile. Et Gérard You de constate "l'effondrement du revenu des éleveurs danois en 2009 malgré une plutôt bonne valorisation du lait".


Des marges de progrès en France

"Les revenus par UTA sont inférieurs en France par rapport aux autres pays d'Europe du Nord mais les facteurs de production sont aussi moindres, ce qui offre des marges de progrès importantes", assure Gérard You. La réduction des coûts de production et l'optimisation des investissements sont notamment des challenges pour les éleveurs dans le cadre des restructurations actuelles. "La Bretagne a montré qu'elle était capable de produire +20% en un an, ce que d'autres pays où les facteurs de production sont déjà optimisés ne pourraient pas faire". Malgré quelques handicaps, "l'Ouest de la France présente des atouts pour profiter de la cessation des quotas", conclut donc l'économiste de l'Institut de l'élevage.

Actualité de Bretagne Contrôle laitier 35

Bretagne Contrôle laitier a fait évoluer son offre de services, et s'est rapproché d'autres organismes de conseils en décembre 2010 au sein de Ouest conseil élevage. Huit contrôles sur dix sont aujourd'hui réalisés avec le boîtier de saisie et les flacons RFID déployés sur le terrain en 2010, pour plus de traçabilité et de performance dans la collecte des données. De nouvelles technologies sont proposées aux éleveurs : la génomie depuis mars et l'analyse fourrages avec des résultats assurés sous 7 jours. L'audit lait a vocation d'être une base de référence technico-économique. Enfin de plus en plus d'exploitations font appel aux services du pôle agronomie environnement et bâtiment.

La structure a enregistré un résultat négatif de -280 000 euros en 2010 du fait d'une baisse d'activité liée à la démission d'adhérents mais aussi à des changements de services.

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