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Attentes sociétales, le plein air prioritaire

L’assemblée générale du GIE Élevages de Bretagne s’est penchée, jeudi dernier à Mûr de Bretagne (22), sur l’acceptabilité sociétale de l’élevage. En tête des attentes, l’accès au plein air. Pour réconcilier élevage et société, les pistes s’esquissent. Le scénario du pire serait celui du déni.

Alors que "les éleveurs des filières herbivores vivent une longue période tourmentée", comme n’a pas manqué de rappeler Marcel Denieul, "s’y ajoute un sentiment d’incompréhension face aux attaques des militants anti-viande et anti-élevage". "Qui n’ont pas d’autre but que d’abolir l’élevage", a pointé Christine Roguet, cheffe de projet au pôle économique de l’Ifip-Institut du porc, en présentant le projet Casdar "Accept" lancé en 2014 sur l’acceptabilité sociale de l’élevage. Ce n’est qu’en 2018 que l’étude menée avec l’Institut de l’Élevage, l’Itavi, l’Université de Rennes 2 et encore le CNRS, s’achèvera. Mais déjà, elle est riche d’enseignements. "Nous n’aurions peut-être pas pu entendre ces choses il y a deux ans", a pointé Marcel Denieul, pour autant, "c’est l’occasion de se poser des questions. Le métier d’agriculteur est de nourrir mais c’est plus large que l’aspect nutrition. Si nous restons dans notre simple approche technique et professionnelle, nous risquons d’être hors-jeu". Le pire étant le déni. "C’est important de ne pas reproduire cette caricature d’erreur qui s’est produite en œuf en France, ce malgré les alertes", analyse Christine Roguet, car une chose est sûre pour ce collège de chercheurs : "On ne peut plus aller contre la société et ses attentes".

Du plein air et de la sécurité alimentaire

Pour les comprendre, ils sont remontés à la source des débats et des controverses sur l’élevage, notamment le plus contesté, "le modèle intensif et industriel", des courants qui les portent, de leurs registres et de leurs argumentaires... "Ces débats sont partagés en Europe dans un gradient de préoccupation allant du nord au sud", et les sujets y sont perméables, d’une frontière à l’autre. La France n’échappe pas aux débats et controverses. Pour l’étude, un sondage mené par l’Ifop en 2016 montre que si 57 % des Français sondés disent mal connaître l’élevage, les deux tiers seraient intéressés par des reportages pour mieux le découvrir. Autre enseignement, seuls 2 % d’entre eux sont végétariens, et moins encore végétaliens et vegans (0,1 %). Si 14 % envisagent de cesser leur consommation de viande (plus du quart chez les moins de 25 ans) et 18 % de baisser leur consommation, 66 % ne pensent ni la réduire ni cesser (dont 73 % d’hommes) d’en consommer. Priorité des priorités  "pour 60 % d’entre-eux, offrir un accès plein air à tous les animaux. Vient ensuite le renforcement des règles de bien-être en élevage et enfin le renforcement des règles en matière de sécurité alimentaire des produits". Des prix accessibles à tous et plus de règles environnementales arrivent en derniers rangs des pistes attendues.

Progressistes et alternatifs à 75 %

Quelles visions de l’élevage s’expriment ? Christine Roguet révèle que 51 % des sondés sont "progressistes, ils soutiennent la diversité des systèmes et souhaitent une amélioration de la production standard quand 24 % sont alternatifs, soutenant le bio et les circuits courts souhaitant la fin du système intensif". Seuls 2 % sont "abolitionnistes" et veulent l’arrêt de l’élevage et de la consommation de viande, et 10 % se disent "compétiteurs", satisfaits de l’élevage actuel, et souhaitant des progrès en matière de compétitivité et d’exportations.

Et ailleurs ? "L’Allemagne est un cas d’école", prévient la chercheuse, y rappelant le boom de la production agricole entre 2000 et 2010, "tout y a été possible"  : + 30 % en porc, + 80 % en volaille... "Le développement s’y est effondré en 2010 parce que l’acceptabilité sociale de l’élevage s’est effondrée". Et l’expertise de ce que devrait y être l’élevage en 2035 "décoiffe sur les conditions de vie", orientation dans les filières depuis 2012, chartes, labels officiels y conduisent…

La France n’échappe pas au débat avec, notamment, l’arrêt de la vente d’œufs issus de poules en cages prévu par plusieurs enseignes de la distribution. Ces initiatives privées impactent l’évolution des pratiques. Entre production standard et bio, "une troisième voie s’esquisse. L’enjeu est d’occuper cet espace entre production standard et production biologique dont le marché est limité parce que deux à trois fois plus cher".

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