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Au Sommet de l'élevage, Emmanuel Macron à la rencontre des éleveurs inquiets

Lors d'une visite surprise au Sommet de l'élevage le 4 octobre, le chef de l'État a échangé avec de nombreux éleveurs inquiets du contexte économique et sociétal. Agri-bashing, sécheresse et Ceta avaient également été au cœur de la visite du ministre de l'Agriculture deux jours auparavant.

Sommet de l'élevage
Emmanuel Macron s'est rendu le 4 octobre à Cournon dans le Massif Central. Ici avec Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine, Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA et Christiane Lambert, présidente de la FNSEA.
© Actuagri

Accompagné du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, Emmanuel Macron n'a pas prononcé de discours formel, se contentant d'une prise de parole sur le grand ring réservé aux concours animaux. D'après l'AFP, le président de la République a proposé aux représentants de la filière bovine que l'État investisse dans des abattoirs via le Grand plan d'investissement promis lors des États généraux de l'alimentation. Lors d'une déambulation sans débordement, il a été interpellé sur les sujets d'actualité comme la sécheresse, l'agri-bashing, les retraites ou encore le débat autour des zones de non-traitement. Mais ce sont surtout les accords de libre-échange, en premier lieu le Ceta (UE-Canada), qui inquiètent les éleveurs. "Les difficultés qu'on a aujourd'hui n'ont rien à voir avec le Ceta !, a lancé M. Macron. Notre problème aujourd'hui est que nous ne savons pas valoriser correctement ce qu'on produit". La veille, Jean-Baptiste Moreau et Roland Lescure, deux députés LREM venus participer à un débat sur le Ceta, s'étaient faits expulser du salon par des syndicalistes de la FDSEA et des JA. Un épisode jugé "inacceptable" par le chef de l'État.

 

Le Ceta au cœur de la visite du ministre

Deux jours auparavant, le 2 octobre, le ministre de l'Agriculture avait passé la journée au Sommet de l’élevage et y avait été, lui aussi, largement interpellé sur le Ceta. "Députés hors la loi, EGA ou Ceta, il faut choisir", pouvait-on notamment lire sur les banderoles déroulées dans les allées du salon.

Patrick Bénézit, éleveur dans la région, l'a accueilli sur le stand de la FNSEA avec ces mots : "On ne peut pas nous imposer toujours plus de règles, et d’un autre côté importer des produits hors la loi, qui vont à l’encontre des EGA. Au Canada, on ne respecte pas les mêmes normes, sur les transports des animaux par exemple, en Europe, c’est 8 heures maximales, là-bas, c’est 14 heures, ils utilisent des farines animales, mais aussi 56 substances phytopharmaceutiques interdites sur notre territoire… Nous demandons au gouvernement de la cohérence !".

Une question qui a semblé agacer Didier Guillaume qui estime que le Ceta ne met pas en péril l’élevage. "Je ne suis pas venu ici pour faire des annonces, je suis d’abord venu pour apporter toute ma solidarité et mon soutien à l’agriculture et aux éleveurs en général. Quand je dis ça, ce sont des mots réels". Il a ainsi réaffirmé sa volonté de lutter contre l’agribashing et le dénigrement de l’élevage, en particulier, qu’il juge insupportable. "Nous ne pouvons pas continuer comme cela, la société doit comprendre que nous avons de l’agriculture, des éleveurs pour
nourrir la planète. Il faut respecter les éleveurs pour qu’ils puissent fournir de la viande de qualité",
insiste le ministre. "Ce n’est même plus un problème de crise, nous sommes dans une situation exceptionnelle, les éleveurs cumulent des prix trop bas, on ne peut pas vendre la viande à 3,50 € et la retrouver dans les étals à 15 €, il faut que la loi EGA fasse son effet", persévère le ministre qui appelle par ailleurs à augmenter la consommation de viande française dans la restauration hors domicile.

 

Sommet de l'élevage

 

Gratuité des péages pour les transports de paille et fourrage

​​​​​​Didier Guillaume a profité de sa visite dans un département très touché par la sécheresse pour annoncer des mesures concrètes aux producteurs victimes de la sécheresse cette année. Il a rappelé qu’il avait obtenu les avances de la PAC au 16 octobre, ainsi que des avances sur les calamités agricoles dans les départements les plus touchés. Deuxième mesure inédite, obtenue par la FNSEA, et annoncée le 2 octobre par le ministre : la gratuité des péages, dans toute la France pour les transports de fourrage et de paille. Aspirant à aborder la problématique de la sécheresse de manière plus structurelle, il appelle à développer les ouvrages de stockage de l’eau. Et comme annoncé le 27 septembre, lors de la présentation du budget de l’agriculture, le budget des calamités agricoles est maintenu, toutefois, Didier Guillaume souhaite que le dispositif assurantiel en agriculture soit complètement rénové.

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