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Aux éleveurs de communiquer sur leur quotidien !

Veganisme, abolitionnisme... simple effet de mode ou vrai changement de civilisation ? Pour tenter d'y voir plus clair et les aider à trouver des réponses adaptées, Agriculteurs de Bretagne a invité Francis Wolff, philosophe, à participer à son assemblée générale, le 27 mars dernier à Carhaix (29).

L'assemblée générale d'Agriculteurs de Bretagne a été l'occasion de rappeler l'opération Breizh agri food qui, du 1er au 22 juin, permettra une centaine de portes ouvertes (fermes, entreprises agro-alimentaires, usines d'aliment, filière viande, Innov'action) à travers la Bretagne.
L'assemblée générale d'Agriculteurs de Bretagne a été l'occasion de rappeler l'opération Breizh agri food qui, du 1er au 22 juin, permettra une centaine de portes ouvertes (fermes, entreprises agro-alimentaires, usines d'aliment, filière viande, Innov'action) à travers la Bretagne.
© Terra

Lancée en 2012, Agriculteurs de Bretagne s'est fixé pour objectif de communiquer positivement sur l'agriculture bretonne, "l'une des plus belles du monde". Et tous les moyens sont bons : Tous à la ferme, Vieilles charrues, Agri Deiz, Terralies, Ohhh la vache !, Space... se déclinent tout au long de l'année, touchant un public toujours plus nombreux. Sans oublier les réseaux sociaux, où l'association est très présente.

Communiquer

Face aux attaques incessantes que subit l'élevage depuis quelques temps, le mot d'ordre d'Agriculteurs de Bretagne est clair. "Nous incitons les éleveurs à parler de ce qu'ils connaissent le mieux : le quotidien de leur élevage", indique Danielle Even, sa présidente. Car Francis Wolff l'affirme, "le veganisme est né d'une profonde méconnaissance de l'animal. Le citadin n'a plus de contact avec la vie sauvage et c'est à travers ses rapports avec son chat ou son chien qu'il se projette sur les autres animaux".

À chacun sa place

Mais le philosophe veut chercher encore plus loin les causes du développement de tels mouvements. "Les pays occidentaux ont perdu leurs repères. Avant, dans nos religions monothéistes, l'Homme occupait une place bien précise : en-dessous de son Dieu, avec qui il partageait raison et âme, au-dessus des animaux, avec qui il partageait sa condition mortelle". Avec le recul des religions, le message se brouille. "L'occident a aussi perdu ses utopies révolutionnaires", rajoute Francis Wolff. Socialisme et communisme ne sont plus porteurs et ce sont désormais les animaux qui apparaissent comme les prolétaires du monde contemporain.

"Les neurosciences, très en vogue ces dernières années, ont aussi leur part de responsabilité dans l'apparition des mouvements animalistes. À leur échelle, il n'y a pas de différence entre l'Homme et l'animal et il n'y a que 0,5 % de gênes différents entre nous et le chimpanzé". Mais le continuum concerne tout le vivant et nous aurions aussi 40 % de gênes en commun avec la banane...

Des devoirs différents

Mais que faut-il répondre à ces mouvements, très présents dans les médias et sur les réseaux sociaux ? "Le concept d'animal n'existe pas ! Ça n'a pas de sens de comparer des coraux à des chimpanzés". Et de relations différentes entretenues avec chaque catégorie d'animaux découlent des devoirs différents. "Aux animaux de compagnie, avec qui nous avons des échanges affectifs, nous devons la fidélité", estime le philosophe. Envers les animaux sauvages, l'Homme a une dette écologique. "Nous devons préserver la biodiversité des espèces". Enfin, il doit s'assurer que les animaux de rente, qu'il préserve du stress des prédateurs, ne souffrent ni de faim ni de soif, ni de blessure ni de maladie ; ni de stress ni de peur, "et qu'ils puissent exercer les exigences biologiques de leur espèce".

"Le public saura faire la part des choses". Si Francis Wolff ne croit guère en la montée en puissance de l'abolitionnisme et du veganisme, "on assiste à une évolution des sensibilités et à une intolérance aux signes extérieurs de souffrance animale". Et de citer la chasse à courre, les delphinariums ou les cirques animaliers. "Mais là, il s'agit de welfarisme".

 


Huit lauréats pour la challenge de la communication

L'assemblée générale est aussi l'occasion de remettre leurs trophées aux lauréats du challenge communication. Cette année, huit actions ont été primées :

Réseaux sociaux : Elodie Le Mailloux, qui a fait le buzz sur Twitter avec le défi #milkpintchallenge,

Tous à la ferme : la ferme du centre de réadaptation de Billiers (56), aux portes ouvertes animées par les patients,

Groupes d'agriculteurs : les JA de Lannilis pour leur burger 100 % pays des Abers,

Étudiants : Kévin, Loïc et Pierre-Olivier pour une visite de ferme par 150 élèves,

Collectivités publiques : la mairie de Pluméliau pour son labyrinthe de maïs éducatif et ses 7 300 visiteurs,

Associations : Groin de folie pour son apéro cochonaille aux 2 000 convives à Lamballe,

Entreprises : l'UCPT pour ses visites faisant découvrir au grand public les réalités de la filière légumière,

Coup de coeur : Antoine Thibault, éleveur laitier normand qui partage régulièrement des vidéos montrant son métier d'éleveur sur sa chaîne YouTube.

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