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Avant tout, nous avons besoin d’un revenu suffisant !

Franck Pellerin, secrétaire général FDSEA du Morbihan.

Le second confinement, comme le premier, mettra en exergue, l’importance du rôle des agriculteurs français pour assurer la souveraineté alimentaire du pays. C’est bien ! Les agriculteurs ont besoin de reconnaissance. Mais pas seulement en période de crise sanitaire ! Les politiques ne peuvent pas se soucier de l’approvisionnement alimentaire des Français uniquement lors de pandémie ! Il revêt un enjeu tel, qu’il faut que ce soit une préoccupation politique de tous les jours ; au-delà des revendications ou lubies des (trop) nombreux groupuscules qui parlent à la place du consommateur. Mais la question centrale reste celle de notre revenu.
Nous devons poursuivre notre combat sur la maîtrise de nos charges, contre les distorsions de concurrence intra-européennes, mais aussi contre les différences de traitement entre régions françaises, liées à des politiques locales. Nous subissons en effet de plus en plus de distorsions sociales, fiscales et environnementales.
Ces dernières sont les plus mal vécues car nous effectuons notre travail en toute intégrité. Il est révoltant que certains produits alimentaires étrangers restent autorisés à la vente en France alors que les conditions de production de ces aliments sont interdites aux agriculteurs français. L’avancée obtenue sur l’utilisation des néonicotinoïdes pour la culture de la betterave est un premier jalon. Certes, il concerne peu notre région. Mais cela laisse entrevoir d’autres évolutions basées sur le bon sens : "pas d’interdictions avant d’avoir des alternatives équivalente !"
La PAC qui se négocie actuellement est un enjeu majeur pour l’avenir de notre revenu. Notre région de polyculture - élevage ne doit pas être une nouvelle fois pénalisée ! Les aides de la PAC doivent être corrélées à la performance alimentaire car ne l’oublions pas, notre rôle est avant tout de nourrir les Hommes. Nous demandons donc un rééquilibrage vers nos régions à forte performance alimentaire.
Reste la question des prix des produits agricoles. Nous, premier maillon de la chaîne alimentaire, ne pouvons être le dernier servi dans la répartition de la valeur. Nous dénonçons depuis des années le comportement abusif de la grande distribution que les Egalim n’ont pas réussi à recadrer. La guerre des prix impitoyable que se livrent les différentes enseignes, provoque toujours le même dommage collatéral subi par les agriculteurs : le manque de rémunération équitable.
Ce travail sur l’amélioration du revenu sera la clé du renouvellement des générations en agriculture.
La solidarité du monde agricole en fait sa force. Alors, à chacun de nous de rester mobilisé pour faire reconnaître la qualité du travail de tous les agriculteurs, les bienfaits de toutes les agricultures de notre région…

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