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Avec Égée, pour "un regard extérieur précieux et neutre"

L’an passé, Frédéric Stéphan a 26 ans, marié et déjà papa, JA, s’est installé en production porcine. Il a rejoint l’exploitation familiale à Langonnet (56) qui a été créée par son grand-père, développée par son père. Un chemin qu’il souhaite poursuivre. Pour bénéficier "d’un regard extérieur, précieux", il fait appel aux compétences de l’association Égée.

Il le sait. "Structurellement et économiquement, l’outil est solide, aussi par les choix faits par le passé". Une manière pour Frédéric Stéphan, 27 ans, de rendre hommage aux deux générations qui ont bâti et fait grandir la SCEA des Bruyères à Langonnet, membre du groupement Aveltis et multiplicateur Topigs Norsvin. "J’ai toujours voulu revenir". Dont acte, l’été dernier.

Mettre ses pas dans ceux de son père et grand-père

Alors, il s’y est associé en août 2016 en s’y installant avec 65 ha d’apport foncier. "C’est bien, ça reste dans la lignée familiale". Car l’objectif est de poursuivre le développement de cet élevage, aujourd’hui de 350 truies, qu’il mène avec son père, et leurs épouses respectives, salariées avec un 3e employé. À cinq équivalents temps plein, ils sont en recherche active d’un sixième, pour pouvoir travailler en binôme, "ce serait beaucoup mieux. Aujourd’hui, une personne travaille seule. Demain, à six, on pourra organiser trois binômes de travail. Dans cette organisation, on rationalise la main d’œuvre". Là, à Kerbruc, sur 270 ha avec une FAF bien rodée, des cultures, du légume d’industrie, de la pomme de terre plants, 10 000 porcs sont engraissés à l’année.

Investir, pour "rester dans la course"

Bientôt, après l’extension du bâtiment d’engraissement, la construction d’une nouvelle verraterie, d’un bâtiment pour gestantes et d’une nouvelle maternité, l’exploitation accueillera 500 truies, en air lavé. La station de traitement évoluera, elle aussi. "Massifier pour un environnement maîtrisé, pour un gain logistique avec un camion de 200 charcutiers ou 100 cochettes qui partent, idem en termes de coûts alimentaires grâce à des achats groupés, et c’est meilleur en termes de bilan carbone". Frédéric est convaincu du modèle en place derrière son projet où, à terme, une unité de méthanisation pourrait voir le jour.

Une installation pour laquelle il aura investi 1,9 million d’euros, "tout compris, incluant une marge de sécurité, un objectif de 4 500 cochettes vendues et en réduisant de 5 ct notre coût de production par kilo". Car pour lui, "aujourd’hui, c’est un souhait de développer pour écraser les charges, investir pour rester dans la course". Mais toujours en multiplication : "notre plus-value est là. Et puis la génétique fait notre passion du métier", assure ce jeune éleveur, technique, titulaire d’un BTS Acse, d’une licence MAE et d’un certificat de spécialisation conduite d’élevage porcin.

S'entourer, peu mais bien

Bien formé, "même si j’aurais aimé continuer en master mais il n’y a pas d’études adaptées à un projet d’installation". Bien armé : "J’ai aussi fait du salariat ailleurs depuis 2012". Frédéric Stéphan sait aussi s’entourer de consultants extérieurs, tant en gestion, que d’un point de vue technique ou sanitaire. "Nous en avons peu mais ils sont sûrs pour nous", affirme-t-il. Alors quand à son installation, le groupement Aveltis lui parle de l’association Égée pour "Entente génération entreprises et emplois", prête à apporter les compétences de ses seniors, "je me suis dit pourquoi pas, pour avoir l’avis de personnes qui ont travaillé dans l’industrie, ça m’intéressait cette vision". Myriam Le Bihan du groupement le met en contact avec l’association à laquelle a adhéré Jean-Noël Toublant ou Alain Kergourlay, rencontrés en juillet 2016, puis à l’automne passé.

Un recul, une expérience

Vendredi dernier aura eu lieu la troisième rencontre. "Ils ont du vécu. Jean-Noël Toublant a connu toute l’évolution de la filière porcine, il a pris du recul. Il a une vision large sur la production, la transformation et la vente. C’est très intéressant", apprécie Frédéric s’étant engagé à lui montrer "tous les chiffres, les résultats comptables, ceux du projet. Je l’ai fait une fois installé. On a abordé toutes les dimensions, économique, humaine, filière", pointe-t-il en soulignant tout l’intérêt d’une telle démarche si elle est anticipée par rapport à l’installation.

Reste que "ça a conforté mes choix. Et puis je n’ai pas hésité à lui demander son avis sur le recrutement. C’est une autre expérience, un regard extérieur, en toute neutralité, c’est précieux, rare. J’en ai besoin, ça sort de la sphère de nos partenaires", explique Frédéric, crayon à la main, en dessinant des cercles, concentriques.

 

Du partage d'expériences de bénévoles retraités

Association nationale, Égée pour "Entente génération entreprises emplois", a fait du partage d’expériences de ses bénévoles retraités sa raison d’être. L’éducation, l’emploi et l’entreprise sont ses domaines d’action, pour rendre service, sans concurrencer le secteur marchand. Ancien responsable de Porc Sud Bretagne, Jean-Noël Toublant l’a rejointe en 2011 "pour ne pas perdre le contact avec le monde économique d’aujourd’hui. Et puis, j’ai reçu, j’ai eu la chance de faire études, carrière. On peut en redonner un peu", justifie ce bénévole qui a suivi 100 personnes depuis lors. Il compte parmi les 43 conseillers morbihannais de l’association, "de toutes origines, sociales et professionnelles", 160 en Bretagne pour 5 000 interventions en 2016. "Ça permet de rencontrer des gens. Nous avons des conventions de délégations avec des collectivités, des chambres consulaires ou des associations pour intervenir". Ainsi, a-t-il accompagné l’an passé, une vendeuse de bijoux, un agriculteur bio, un forgeron, un ancien militaire, un maçon, un conseiller en gestion... "On a des compétences et du relationnel et un peu d’expérience. Quand on disparaît, ce qui n’est pas donné est perdu". Alors, à la demande d’Aveltis qui a passé convention avec l’association, c’est avec intérêt qu’il a rencontré avec son collègue spécialisé en bovin, Frédéric Stéphan. "On comprend ce qu’il fait. Le dossier est bien ficelé, bien monté. Il a la chance d’être dans une SCEA, il n’est pas seul mais il est tout seul à porter son emprunt. De pouvoir parler avec quelqu’un d’extérieur ça rassure". Trois années de suivi sont prévues, avec trois rencontres pour la première année, deux les deux années suivantes. "C’est le même accompagnement que la procédure "Nacre" pour Nouvel accompagnement des créateurs et repreneurs d’entreprises, portée par la Région", note-t-il. "On ne fait pas à la place mais on aide. La décision, c’est lui qui la prendra. On vient en appui et éclairage, pour trouver des solutions". C’est ainsi que mercredi dernier, dans un lycée vannetais, à quatre conseillers, ils ont permis à 62 étudiants de se tester en entretien d’embauche, comme s’ils y étaient.

CONTACT : pour plus de renseignements, J.P. Machet, délégué régional, 06 60 53 09 18.

Égée en chiffres

L’association regroupe 2 000 conseillers bénévoles en France pour 57 000 interventions en 2015, soit 228 000 heures d’accompagnement auprès de 51 000 jeunes, 8 500 demandeurs d’emplois et 21 300 entrepreneurs.

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