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Avec l'herbe, jusqu'à 35 euros d'économie des 1000 litres

En 3 pôles et 12 ateliers pratiques, Cécab et Coop de Broons ont proposé, le 7 juin à Kérel, sur la ferme-école des chambres d'agriculture, une vitrine de 10 ha avec, non pas une, mais des "solutions d'avenir". Et si l'agriculture de précision en est porteuse, mieux valoriser les ressources fourragères de l'exploitation, notamment en herbe, en est une autre, très efficace apportant de 25 à 35 euros d'économie des 1 000 litres en production laitière.

De 25 à 35 euros d'économie à faire des 1 000 litres en faisant sortir les vaches au pâturage de mi-mars à fin septembre.
De 25 à 35 euros d'économie à faire des 1 000 litres en faisant sortir les vaches au pâturage de mi-mars à fin septembre.
© Terra

"On s'est intéressé à la manière de produire du lait à moindre coût, notamment en valorisant au maximum les fourrages produits sur l’exploitation, à la culture des protéines, du pois, du lupin de la féverole et puis à la partie conservation pour minimiser les pertes et gaspillage". C'est ainsi que Jean-Pierre Leroux, directeur agro-distribution du groupe d'aucy, déroule le fil conducteur des plateformes dédiées aux pôles élevage-fourragères et cultures. "Le fourrage le moins cher, c'est l'herbe et elle est particulièrement intéressante quand elle est pâturée", enchaîne Fabrice Bedel, responsable du marché ruminants des coopératives. L'information n'est pas nouvelle mais le sujet chiffré interpelle. Devant lui une trentaine d'éleveurs a pris place sur cet atelier consacré aux coûts de revient des fourrages produits. C'est l'un des trois proposés sur l'herbe aux 700 visiteurs qui auront pu découvrir pertinence des choix variétaux et de leur association suivant que l'herbe soit
pâturée, ensilée, enrubannée affouragée en vert ou en foin...

Chercher de l'herbe au pâturage

À l'heure où le contexte est si difficile, s'interroger sur les économies à réaliser est dans tous les esprits. "Nous avons comparé chaque fourrage en fonction de ce qu'il permet de produire, en suivant des rations sur toute une année. Il y a quelques surprises", poursuit-il. Et notamment "25 à 35 euros d'économie à faire des 1 000 litres en faisant sortir les vaches au pâturage de mi-mars à fin septembre et prenant garde de bien équilibrer la ration", précise-t-il. Des chiffres bien moins intéressants dès lors que l'herbe est mécanisée. "Il y a une différence de coût de 200 euros la tonne de matière sèche produite entre l'herbe pâturée et l'affouragement en vert", démontre-t-il. Et pour optimiser la production, le choix des associations variétales est essentiel. Ainsi, "associer du ray-grass hybride à différents trèfles violets et incarnats est particulièrement intéressant". Car côté protéines, pas de doute pour Jean-Luc Demars, "il faut les produire dans les fourrages, les éleveurs ont des surfaces en herbe, c'est là qu'il faut aller la chercher par des associations". Avec 42 % de la SAU bretonne en herbe et compte tenu de son potentiel, "c'est une culture qu'il faut réussir comme le maïs ou les céréales", insiste le responsable agronomie des coopératives pour qui les enjeux sont énormes.

 

 

Protéagineux, des enseignements

Pour les protéagineux et face aux interrogations que leur culture suscite, également en matière d'économie protéique et d'aides, "on redécouvre ces cultures, il nous faut de nouveaux repères, nous avons mis en place des essais qui seront totalement valorisés l'an prochain". Alors s'il est encore un peu tôt pour parler de références, "il y a déjà beaucoup d'enseignements sur les essais que nous avons menés en cultures d'hiver. Avec elles, on est à l'abri du stress hydrique mais c'est très compliqué en matière de gestion des maladies, beaucoup trop de scérotinia", note Jean-luc Demars qui déconseille leur culture sur des parcelles à légumes. Autre difficulté, "la gestion des adventices, on n'a pas tout l'arsenal, il faut anticiper en gérant le stock semencier, sinon, c'est voué à l'échec". Quant aux cultures de protéagineux au printemps ? "C'est intéressant en matière de développement, le cycle est court et le risque maladie plus faible. Mais le problème, c'est le stress hydrique à la floraison, et on y est en Bretagne".

 

"Tasser, tasser, tasser"

"Tasser, tasser, tasser", c'est le mot d'ordre pour constituer le silo de maïs car une fois le fourrage produit, à la conservation, "il y a de la perte, or on peut l'éviter", relève Fabrice Bedel. Les coopératives ont mené l'enquête chez 85 de leurs adhérents. Résultats ? "Pour deux tiers d'entre-eux, le tassage du silo n'est pas suffisant, c'est une perte équivalent à un ha". Il est en moyenne de 195 kg/m3 quand il devrait être de 220 kg/m3. 10kg/m3 de moins, c'est 1 % de perte. "C'est dommage de rater cette dernière partie de la production d'une culture qu'on stocke toute l'année".

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