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Pour Philippe Jubin
« Avoir des apprentis, j'espère ne plus m'en passer »

Depuis 11 ans, Philippe Jubin accueille sur son exploitation laitière d'Elven, des apprentis. Et s'il apprécie le travail fourni, c'est avant tout de leur présence et des échanges qu'il nourrit son enthousiasme pour l'apprentissage. Car son rôle de formateur lui tient à cœur, sur tout le fonctionnement de l'exploitation. Une formule à découvrir lors des portes ouvertes du 17 mars au CFA de Kérel à Crédin de la Chambre d'agriculture du Morbihan.

Philippe Jubin
Philippe Jubin
© Claire Le Clève
 

 

 

«J'ai tout testé», raconte Philippe Jubin avec humour. Et ce sont des prénoms qui s’enchaînent, Franck, Renan, et puis Clément, Gaétan à qui reviennent les palmes, sans oublier Vincent, Nathalie, David, Maxime...Cette exploitation d'Elven,où 45 laitières donnent leurs 365 000 litres de lait sur 70 ha, est devenue au fil des ans un lieu de formation. Des jeunes en BTS, BPREA, BPA, CS et stagiaires de tout horizon, «y compris des stages de 3 éme», y découvrent le fonctionnement de la ferme.

Y compris la gestion

«Et tout le fonctionnement», pointe avec bienveillance le maître des lieux qui, au passage fustige, ceux qui abusent de l'opportunité. «C'est vrai, le travail apporté par l'apprenti est bon marché. Il y a des aides mais la contrepartie, c'est de bien les former», appuie t-il dénonçant du même coup «ceux qui prennent ces jeunes pour des larbins de service. Ils ne sont pas là que pour faire la traite», dénonce cet exploitant, titulaire d'un BTS et d'un CS de comptabilité et fiscalité, membre régulier de jury d’examen. Alors ici, «au bout de 2 ans, les apprentis savent gérer la paye mensuelle de lait». Car selon lui, en apprentissage, «la formation ne va pas assez loin sur la comptabilité et la fiscalité si on veut s'installer.». Alors ce maître d'apprentissage montre factures, emprunts et charges. «Je fais également avec eux l'enregistrement comptable, la déclaration Pac, le plan de fumure....». En contre partie, des horaires aménagés du lundi matin 9 h au vendredi après le repas du midi. Entre les deux ? «Ils suivent mon rythme de travail, de 7 h le matin à 19h avec les pauses café, déjeuner et goûter. Et s'ils me font un week end ou des vacances, ils sont rémunérés en plus, c'est une motivation et je pars tranquille», reconnaît Philippe Jubin

 

Tolérance et bienveillance

Une relation que le maître d'apprentissage apprécie. «C'est une présence, il y a des échanges. Il faut avoir envie de transmettre des choses. Et puis d'être avec des jeunes, ça aide à rester jeune», glisse l'éleveur qui sait prendre le temps d'expliquer et de montrer. «Il faut aussi être tolérant, il ne faut pas les écœurer du boulot. Ils sont là pour apprendre», pointe t-il, plus prompt à considérer les apprentis comme des stagiaires plutôt que des salariés. «A Crédin, ils ont une phase de pratique, de conseils techniques. Ils aiment en parler. Il y a des choses que je connais, d'autres non». La relation est donc enrichissante. Elle se double d'un calendrier «très bon, le rythme est excellent, étudié». Son seul regret ? «Je trouve qu'ils n'ont pas assez d'école, une formation incomplète à la gestion. Quant à leur rapport, c'est souvent le plus difficile, il faut savoir les motiver», ajoute t-il, ne regrettant pas un seul instant cette expérience d'apprentissage pour laquelle il avoue n'avoir connu qu'un seul échec. «Un jeune, cabossé par la vie. Il n'arrivait pas à se lever pour la traite». Aussi conseille t-il d'être vigilant sur la période d'essai, tant du coté du maître d'apprentissage que de l'apprenti. «Si cela ne se passe pas bien, il faut savoir changer, cette période est faite pour cela». Alors embaucher des apprentis ? «J'espère ne plus avoir à m'en passer» répond t-il.

 

Claire Le Clève

 

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