Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Bien-être animal : un surcoût à répercuter pour les éleveurs de volailles

Dans les élevages avicoles du Grand-Ouest, la prise en compte du bien-être animal fait augmenter les coûts de production. Alors qu’elles présentaient, le 19 septembre, les résultats technico-économiques 2018 de la filière, les chambres d’agriculture insistent sur le besoin de revalorisation de la viande de volaille.

élevages avicoles
Sylvaine Dano, présidente du pôle aviculture de la chambre d’agriculture de Bretagne et Isabelle Leballeur, présidente de la commission avicole de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, pour la présentation des résultats de l'enquête avicole le 19 septembre à Angers. Un rendez-vous annuel qui donne le ton de la filière : plus d’un poulet sur deux produit en France vient de Bretagne ou Pays de la Loire.

"On arrive à une limite". Pour Isabelle Leballeur, les producteurs de volailles ont besoin d’un "retour" sur leurs efforts en matière de bien-être animal. Malgré de bons résultats techniques, les éleveurs ont besoin de répercuter les surcoûts liés au bien-être animal. Une problématique qui concerne aussi le poulet standard. Isabelle Leballeur cite l’exemple des pododermatites. Inclus dans de nombreux cahiers des charges aval, ce critère est désormais suivi en abattoir. "Lutter contre les pododermatites, ça veut dire plus de chauffage, plus de litière et de repaillage", explique l’éleveuse sarthoise.

 

"La vague de rénovations est lancée"

L’année 2018 a aussi été "marquée par les rénovations", insistent les chambres d’agriculture, là aussi pour améliorer le bien-être animal. "La vague est lancée", constate Isabelle Leballeur, citant plusieurs modifications de bâtiments : accès à la lumière naturelle, augmentation de l’espace par animal, création de jardin d’hiver. Des chantiers "assez lourds" qui "coûtent environ 50 €/m2 pour des bâtiments déjà amortis". Les rénovations sont plus avancées en Pays de la Loire, précise l’élue, car les éleveurs bretons attendent la concrétisation de la reconversion de l’ancien abattoir Doux de Châteaulin. Un projet suspendu au dénouement de l’accord UE-Mercosur, qui augmenterait les importations de volailles en UE. Sur le terrain, "l’arrêt de Doux a été plutôt digéré", affirme Isabelle Leballeur. Après une période d’adaptation de six mois, fin 2018, pendant laquelle les producteurs ont basculé du poulet export vers le standard, "les éleveurs ont tous repris avec un planning. Maintenant ça tourne".

 

Toujours plus de poulet importé

Alors que la consommation de poulet en France continue sa progression, les importations ne cessent d’augmenter, atteignant 45 % en 2018. "On observe aujourd’hui une grande contradiction entre les attentes des consommateurs en matière de bien-être animal et leur acte d’achat, le prix restant le critère prioritaire", souligne Isabelle Leballeur. "Les importations ne cessent d’augmenter, on ne sait plus quoi faire pour être meilleurs et séduire le marché français". Pour Sylvaine Dano, de la chambre d'agriculture de Bretagne, "il est aujourd’hui primordial d’obtenir une obligation de l’identification de l’origine des viandes en Restauration hors domicile, mais également sur les plats préparés car l’on sait que le poulet présent provient en majorité d’importation".

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Vignette
À Bolazec, Coralie s'installe avec 30 000 poules plein air
Salariée depuis une dizaine d'années, Coralie Jézéquel souhaitait s'installer en agriculture. Elle franchit le pas à Bolazec (29…
Vignette
La situation financière des élevages bovins s'est dégradée en 2018 (Idele)

Les revenus disponibles des élevages laitiers et allaitants suivis par l'observatoire de l’endettement ont globalement…

Vignette
Le P'tit gallo sur le chemin de l'autonomie énergétique
À Montreuil-le-Gast, la ferme du P'tit Gallo a fait son trou dans le paysage local. Après des débuts "un peu galère", quand il s'…
Vignette
Agriculteurs de Bretagne et "Incoulables" sur le même bateau, vent d’espoir portant
Après "Intouchables", il y aura "Incoulables". Une histoire belle où l’on ne sombre pas, ode à la vie, à l’après, l’après cancer…
"Nous allons passer ce cap difficile, développer notre stratégie, accompagner l'agriculture"
Quelques jours après une grève des salariés qui a marqué les esprits, et à quelques jours des sessions chambre départementales,…
Vignette
7 651 vols en un an dans les exploitations agricoles
7 651 vols ont été recensés en France dans les exploitations agricoles en un an par les services de gendarmerie. Le nombre de…
Publicité