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Bon élan pour la filière volailles en 2016

L'année 2016, pour la filière avicole, a vu l'émergence de plusieurs tendances. En termes de résultats, le moral est plutôt au beau fixe, avec des indicateurs encourageants : hausse de la marge brute annuelle, pour la majorité des productions, maintien des performances techniques à un bon niveau, avec des rotations qui restent élevées, et baisse des charges avec la diminution des dépenses de chauffage, indicateur néanmoins fragile puisque volatile et indépendant de la maîtrise des coûts.

Les résultats de l'enquête avicole 2016 ont été présentés le 15 juin à la chambre d'agriculture d'Angers.
Les résultats de l'enquête avicole 2016 ont été présentés le 15 juin à la chambre d'agriculture d'Angers.
© Terra

Cette étude annuelle des chambres d'agriculture a porté sur 413 aviculteurs de 13 départements, et un total de 898 poulaillers, soit plus de 800 000 m2. Elle a été présentée par Elodie Dezat, ingénieur d'études à la chambre d'agriculture de Bretagne à l'occasion d'une conférence de presse le 15 juin dernier à Angers, en présence des représentants professionnels du grand Ouest. Le premier bilan est plutôt encourageant, mais il est à nuancer par de fortes disparités selon les territoires. En effet, les vides sanitaires, dans certaines zones, ont eu tendance à s'allonger fortement : une quarantaine d'élevages ne se sont même plus remplis, ce qui représente 80 000 m2 (ces éleveurs ne font d'ailleurs pas partie des moyennes qui sont publiées). De plus, des lots de dindes stockées sur pattes l'ont été jusqu'à plus de 25 semaines, avec pour conséquence des performances médiocres. Enfin, dernier bémol, le statut de la France concernant l'influenza aviaire : il n'est toujours pas redevenu indemne. L'hiver 2016 a donc été le deuxième d'affilée avec l'épizootie sur le territoire : les craintes sont palpables pour l'année prochaine, au regard de l'impact économique, surtout pour la production de canards. "Il faut mobiliser l'ensemble des acteurs des filières avicoles afin d'améliorer les pratiques pour éviter un troisième hiver", prévient Nathalie Langereau, avicultrice et responsable FRSEA Pays-de-la-Loire.

Le bras de fer avec les GMS

"Une hausse de 50 euros par tonne pour toutes les volailles serait l'idéal. C'est cette hausse qui permettrait aussi de rénover le parc", estime Christophe Labour, président de la section volaille à la FRSEA Pays-de-la-Loire. "Il s'agirait de 5 centimes d'euro pour 100 g de viande, ce qui représenterait 2 ou 3 euros par consommateur et par an. La conséquence serait donc minime sur le consommateur final, mais cette hausse permettrait une rémunération décente pour les agriculteurs", complète Nathalie Langereau. Pour Didier Goubil, président du groupe de travail au sein de la chambre d'agriculture de Bretagne, cela devient même un enjeu de filière : "si on veut maintenir la production et conserver les producteurs, il faut une rémunération au rendez-vous". Mais aujourd'hui, ce sont les GMS qui orientent les prix. "Elles veulent avoir une image de producteur autant que de distributeur", constate Didier Goubil. "D'autant que leurs choix stratégiques et marketing ne reflètent pas toujours la réalité du terrain et la demande des consommateurs. On a finalement plus de difficultés avec les représentants des consommateurs qu'avec les consommateurs eux-mêmes".

Une filière néanmoins prometteuse

L'ensemble des représentants professionnels présents reste néanmoins optimiste, surtout si l'on met en relief la production avicole avec d'autres productions : des jeunes continuent de s'installer, et la volaille permet parfois de porter une autre production. Bernard Godet, élu à la chambre d'agriculture Pays-de-la-Loire, le résume : "la volaille ce n'est pas facile, mais on a de l'avenir quand on sait y faire. D'ailleurs, quand on regarde les rayonnages, ce que nous fournissons pour les contrats de production est vendu, il n'y a que peu de pertes. C'est une force". Didier Goubil abonde dans ce sens : "c'est la meilleure viande, la plus diététique. La consommation de volaille de la planète ne va faire qu'augmenter. Nous avons un très bel avenir, en France, mais aussi en Europe et dans le monde". Les estimations d'échanges de volailles pour 2016 montrent une hausse des exportations mondiales de l'ordre d'environ 4 % par rapport à 2015, soit en volume 10,7 millions de tonnes. Nathalie Langereau confirme : "nous sommes à deux doigts d'avoir vraiment un boom dans la filière. Il faut continuer nos efforts, ne rien lâcher". Pouvoir incorporer les céréales est un exemple de combat à mener pour les aviculteurs, afin d'avoir un levier supplémentaire dans la maîtrise des coûts, et de gagner en autonomie.

Obsolescence des bâtiments

Au delà des résultats technico économiques, l'étude révèle des tendances de fond. Ainsi, le parc de bâtiments connaît peu d'évolutions. La part de poulaillers neuf se stabilise, mais une large proportion vieillit et devient même obsolète. Les plans d'aide (PCAEA, plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles) ont néanmoins contribué à rénover les poulaillers existants, pour améliorer les conditions de bien-être et réduire la charge énergétique. Aujourd'hui, 64 % des bâtiments ont plus de 20 ans.

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