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Brasseurs d’air en élevage laitier : un nouvel outil à maîtriser

Depuis quelques années, les jours de fortes chaleurs se font plus nombreux et leurs effets néfastes sur la production laitière sont mesurables. Pour y faire face, de plus en plus d’éleveurs laitiers souhaitent s’équiper de systèmes de ventilation. En Loire-Atlantique, quelques éleveurs déjà équipés ont ouvert les portes de leurs bâtiments laitiers, à l'initiative de Seenovia, l'occasion de faire un point sur ces équipements et plus largement sur le comportement des vaches par temps chaud et l'incidence sur la production de lait.

Mercredi 21 novembre dernier, Seenovia, entreprise de conseil en élevage en Loire-Atlantique, a proposé une journée de formation à destination des éleveurs laitiers désireux d’investir dans des systèmes de brassage d’air, pour lutter contre les effets négatifs des fortes chaleurs estivales : vaches regroupées et haletantes, baisse de la rumination, baisse de la production… "Nous avons beaucoup de demandes à ce sujet", confie Denis Denion, consultant nutrition et robot.

À mesure des années, le réchauffement climatique se fait de plus en plus ressentir lors des périodes estivales. En outre, la préoccupation des éleveurs pour le maintien de la productivité de leurs animaux en période chaude rejoint la préoccupation grandissante de la société toute entière pour le bien-être animal. "Souvent, je conseille aux éleveurs d’aller se renseigner dans des exploitations déjà équipées. Mais comme il ne s’agissait pas non plus que ce soit un défilé chez ces dernières, j’ai préféré organiser une journée, en cette saison, de façon à ce que les éleveurs aient le temps de réfléchir tout l’hiver à leur investissement".


Deux points de vue techniques

La formation se déroulait sous la forme de quatre visites d’élevage dans le nord de la Loire-Atlantique. Sans aucune publicité, la journée a rapidement fait le plein, rassemblant 17 éleveurs venus de toute la zone de Seenovia (Mayenne, Vendée…). Denis Denion avait également proposé à Benoît Michenot, technicien du GDS 44 spécialiste des ambiances de bâtiment, de co-animer la journée. Une animation avec deux points de vue complémentaires, particulièrement appréciée des éleveurs, d’autant plus qu’elle se faisait en dehors de tout enjeu commercial*.

Les quatre exploitations visitées, le Gaec Saint Armel à Fégréac, le Gaec Vive Eve à Nort sur Erdre, le Gaec de la Papionnière aux Touches et le Gaec de la Gapaillère à Teillé ont toutes investi dans des brasseurs d’air, à flux horizontal ou à pales, avec ou sans automatisation et avec ou sans brumisation. Elles ont également en commun de disposer d'une traite robotisée, permettant de collecter des données objectives et quotidiennes de production par vache, de fréquentation du robot et même, pour l’un d’entre eux, de rumination.

Premier enseignement de ces quatre visites : l’effet de l’installation des brasseurs d’air n’a pas toujours été visible dès la première année ! Dans l’un des élevages visités, c’est même seulement lors du troisième été que les vaches (et les humains) ont passé un été sans encombre, avec une production qui n’a pas varié, à plus de 35 kg par vache  et par jour tout l’été !

 

Les vaches plus sensibles que les hommes

L’une des raisons de l’absence d’efficacité des brasseurs d’air lors des premiers essais est que le ressenti des vaches est différent de celui des hommes : la neutralité thermique d’un bovin se situe entre 0 et 15°C ! En outre, la température, sur laquelle se fondent les consignes de la plupart des systèmes (sauf dans le cas du système manuel du Gaec de La Gapaillère) n’est pas un critère suffisant pour décrire le stress thermique des vaches : "L’idéal serait de prendre en compte la température, l’hygrométrie, la vitesse de l’air et le rayonnement (notamment sous les translucides !)", explique Benoît Michenot.

Les effets de la ventilation ont donc été mesurables généralement lorsque celle-ci était déclenchée tôt dans la saison - pour pas laisser le temps aux vaches de prendre la mauvaise habitude de se regrouper -, et à des consignes basses, par exemple un démarrage à 20 % de ventilation dès 12°C, pour atteindre les 100 % à 20°C.

En outre, la ventilation n’est bénéfique que si d’autres paramètres sont optimisés : le premier étant l’accès à l’eau !

"En été, une vache peut boire jusqu’à 150 litres par jour !", rappelle Denis Denion. "La compétition à l’abreuvoir peut être terrible, la dominante n’en bougeant pas ", ajoute Benoît Michenot. L’alimentation doit également être adaptée (lire encadré).

Les quatre élevages ont également illustré le fait que chaque situation est unique, les bâtiments étant tous différents, et que c’est bien le paramètre de "circulation de l’air au niveau de la tête de l’animal" qui doit déterminer les hauteurs, dimensions et réglages des brasseurs d’air. Enfin, le respect de la conformité électrique des installations est une condition sine qua non de l’efficacité du système de ventilation !

 

 

 

*  Les constructeurs et distributeurs de matériel n’étaient pas présents.

Stress thermique et recommandations zootechniques

"Une vache est incapable de transpirer suffisamment pour réguler sa température corporelle, elle réagit en accélérant sa fréquence respiratoire (20 à 25 respirations par minute en période normale et jusqu’à 50 respirations au-dessus de 25°C). Cette augmentation de la fréquence respiratoire combinée à une réduction de la salivation (vaches qui bavent) conduit à des pertes de substances tampons, donc risque accru d’acidose. Au Gaec de la Gapaillère on a pu observer que le nombre de minutes de rumination par vache baissait fortement à chaque période de forte chaleur. Le métabolisme de la vache est ainsi perturbé, il devient donc difficile de maintenir le TB. C’est pourquoi il est nécessaire d’adapter les apports minéraux de l’alimentation, souvent via une supplémentation en sel et en bicarbonate de sodium", commente Denis Denion.

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