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Ça se bouscule pour les  travaux dans les champs !

Ensilage d'herbe, céréales de printemps, préparation des sols pour le maïs... Avec le retour des beaux jours, si les citoyens bretons sont pour la plupart confinés chez eux, c'est plutôt l'effervescence qui prime dans les champs.

En ce moment, c'est le ballet des épandages de lisier et de fumier avec des stocks conséquents.
Éric Delalande
Éric Delalande, agriculteur en Ille-et-Vilaine : "On a commencé par l'ensilage d'herbe et les dérobés".

"Il y a encore 15 jours on ne pouvait pas aller dans les champs et après la période de pluie très longue, tout a séché en 15 jours avec des vents secs et froids", témoigne Éric Delalande, agriculteur à Roz Landrieux en Ille-et-Vilaine et élu à la chambre d'agriculture. Les travaux ont donc démarré pied au plancher. "Il y a eu la mise à l'herbe et l'entretien des clôtures. On a commencé par l'ensilage d'herbe et les dérobés qui se sont déroulés dans de très bonnes conditions mais avec une baisse de nos rendements de 50 % car on avait implanté en fin d'été quand c'était très sec. Puis on a eu beaucoup d'eau et on a subi une attaque de limaces". Cette semaine, c'est l'heure de l'épandage de fumier et sans doute la semaine prochaine les semis de maïs. Dans son secteur, "on estime à 30 % la surface de céréales qui n'a pas été implantée avec beaucoup de parcelles qui sont dans un triste état".
Avec les grandes difficultés cet automne pour l'implantation des cultures, on estime en Bretagne entre 20 et 30 % des surfaces de céréales qui n'ont pas été implantées par rapport aux autres années. Soit entre 80 000 et 90 000 hecatres reportés pour ce printemps. "La grande part le sera en maïs, mais pour le reste c'est plutôt de l'orge de printemps que du blé, avec des rendements qui peuvent être très bons", explique Louis Le Roux, animateur interfilières à la chambre d'agriculture de Bretagne. Et de poursuivre : "Vu les conditions climatiques, les agriculteurs ont dû faire les semis. Ils ont été retardés cette année, mais pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, il est temps de le faire".

Entre 80 000 et 90 000 hectares reportés à ce printemps en Bretagne

 

C'est aussi le moment de préparer les sols pour la culture du maïs, avec notamment l'épandage de fumier et de remettre en état les parcelles qui auraient pu être abîmées. "Pour le blé et l'orge arrivent les premiers traitements fongicides, mais en général on essaie plutôt de faire l'impasse", ajoute Louis Le Roux. Pour le blé, on observe toutefois par endroit l'arrivée de la rouille jaune sur des variétés sensibles. Et pour le colza, on arrive au premier traitement fongicide sur la chute des premiers pétales. "Prudence donc dans les interventions, avec un message, passez le soir quand les insectes ne sont plus là".

Pensez verdissement !
Devant les difficultés pour la mise en place des céréales du fait de la très forte pluviométrie, le choix a donc pu être fait de ne pas mettre de céréales cet hiver en projetant d’implanter davantage de maïs au printemps. Attention malgré tout à veiller à la diversité des assolements (règles du paiement vert) pour la PAC 2020 avec une 3e culture qui doit représenter plus de 5 % de la surface en terre arable (si plus de 30 ha). De la même façon, si vous comptiez sur vos surfaces en couvert végétaux pour atteindre les 5 % de SIE (surface d'intérêt écologique), il faudra bien calculer s’il y a moins de parcelles en céréales. "Une possibilité pour respecter le taux de 5 % des SIE, ce sont les légumineuses (pure comme la luzerne ou le trèfle ou en mélanges légumineuses + graminées avec une prépondérance pour les légumineuses) qui peuvent également être prises en compte en SIE sous réserve de ne pas utiliser de traitement phytosanitaire sur ces parcelles, interdiction en vigueur depuis 2018 y compris les produits homologués bio", souligne Sébastien Clozel, responsable de l'équipe des conseillers d'entreprise (35-56) à la chambre d'agriculture de Bretagne. "Chez nous on aura les ratios pour la PAC, mais c'est vrai qu'il faut inciter tout le monde à être vigilant sur cet aspect", abonde l'agriculteur Éric Delalande.
Enfin, sur l'herbe, les conditions de pousse se sont détériorées à cause du froid la semaine dernière mais les chantiers d'ensilage avaient commencé un peu plus tôt que d'habitude. "L'herbe a poussé notamment toute cette fin d'hiver et la mise à l'herbe a été assez tardive, ce qui fait que l'on avait déjà des hauteurs assez importantes", estime Jean-Marc Seuret, de la chambre d'agriculture de Bretagne. Et de conclure : "Sur la qualité, le petit bémol que l'on peut apporter, c'est une déception sur la valeur azotée, à cause de l'abondance de pluie".

 

Tout arrive en même temps !

À la Cuma de Plurien, le travail du sol a débuté sur les chapeaux de roue vers le 23 mars. Avec le retour du beau temps, il faut récupérer le retard pris dans les champs. 200 hectares de céréales de printemps, de l'orge surtout, occupent deux chauffeurs et deux tracteurs de 320 chevaux : l'un attelé à la charrue ; l'autre au combiné de semis. La Cuma, située dans les Côtes d'Armor, près d'Erquy (22) compte 130 adhérents et 12 salariés (dont deux apprentis). Comme partout, les conditions météo hivernales particulièrement humides ont perturbé les semis, seuls 60 à 70 % de la surface en céréales d'hiver ont été implantés. Les assolements sont totalement chamboulés et les semis d'orge de printemps, tardifs. "Normalement, nous avons 20 à 30 ha de céréales de printemps, cela occupe deux opérateurs pendant 2-3 jours. Cette année, ils seront occupés pendant 15 jours. Cela bloque aussi les deux gros tracteurs qui d'habitude travaillent la terre à maïs", décrit Nicolas Besret, trésorier, responsable des plannings et de l'équipe des salariés.
En attendant, c'est le ballet des épandages de lisier et de fumier avec des stocks forcément plus conséquents. Avec la pluie et le retard, les fosses à lisier sont plus hautes et les volumes de fumier plus conséquents. "L'épandage de fumier a commencé le 24 mars, contre le 15 février d'habitude. Sur le planning, nous arrivons aux dates du 25 avril pour l'épandage de lisier en sachant que l'on n'aura pas fini à cette date". Trois tonnes à lisier et 5 épandeurs en tout équipent la Cuma. Habituellement, entre le 12 avril et le 15 mai, la Cuma de Plurien sème l'équivalent de 1 000 ha de maïs. Les premiers semis débuteront toutefois à partir du 14 avril. Enfin, 200 à 300 ha d'ensilage d'herbe ont été réalisés en mars.
Chez les adhérents, c'est le gros rush. "On essaie de passer partout mais tout tombe en même temps", déplore Nicolas Besret. Côté météo, le soleil et le vent assèchent rapidement le sol. Et après le surplus d'eau, il faudrait maintenant un peu d'eau pour aider la germination et faire fondre l'engrais apporté aux cultures !
Combiné de semis au travail en 6 m de large, Cuma de Plurien (22). Avec le retour du beau temps, il faut récupérer le retard pris dans les champs. Dans ce secteur, seuls 60 à 70 % de la surface en céréales d'hiver avaient été implantés à l'automne.

 

 

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