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Cam 56 : l'OP légumes à l'heure de la nouvelle OCM

Lors de son AG le 27 mars, l'OP légumes de la Cam 56 a annoncé la création d'une AOP en légumes industrie avec Eolys, Saint-Yvi, et les industriels.

La réforme de l'OCM fruits et légumes, entrée en vigueur au 1er janvier 2008, a rouvert le débat sur la gouvernance des filières, en renforçant le rôle des organisations de producteurs. "Pour bénéficier de soutiens financiers apportés dans le cadre de programmes opérationnels, l'OP – ou sa filiale – doit réaliser plus de 90% de la première transformation", précise Delphine Pierron, du Cénaldi. Excepté deux coopératives en France qui détiennent plus de 90% de l'outil de transformation, les autres OP ont la possibilité d'externaliser la première transformation chez un tiers". Elles peuvent en effet créer une AOP (association d'OP) en intégrant des membres non-OP, sous réserve que des intérêts financiers communs engagent les partenaires dans le temps. L'administration accordera désormais ses subventions aux AOP et non plus aux OP, en fonction de la VPC (valeur de la production commercialisée).

 

Naissance de l'AOP SB2L

Les OP Cam, Eolys et Saint-Yvi viennent donc de se réunir dans l'AOP Surgelés Bretagne Loire Légumes (SB2L), avec leurs industriels historiques respectifs, pour un certain nombre de produits. Elles sont majoritaires dans la répartition de l'actionnariat, chacune à hauteur de 25%, par rapport aux industriels Ardo (9% des parts), Dujardin (8%), et Sovaleg (8%). Cette SA va fonctionner dès la campagne 2009. Concrètement, "les OP vendront leurs livraisons à l'AOP, de même que les industriels factureront à l'AOP leur prestation de première transformation", indique Philippe Michard, directeur de la Cam 56. Véritable usine à gaz administrative, ce montage permettra cependant à la Cam, comme aux autres OP engagées, de capter les aides européennes, en plus d'autres retombées positives à la création de l'AOP SB2L. Les OP, qui représentent 8 000  ha de légumes industrie à elles trois, "se parlent enfin", selon Philippe Michard. Cela va "obliger à une transparence complète entre industriels et OP", estime aussi Bernard Bousso, président de la Cam 56.

 

Baisse des surfaces en haricots, hausse en pois

Julien Prat, le nouveau responsable de l'OP, observe que "les marges brutes ont fait un bond prodigieux en 2008", grâce à des prix revalorisés, mais aussi aux bons rendements obtenus en haricots, et aux excellents rendements en pois pour lequel le programme a même été dépassé. Mais après cette année satisfaisante, les producteurs semblent à nouveau entrer dans une ère de turbulences. Comme d'autres OP, la Cam 56 accuse une baisse sensible des surfaces en 2009 liée à la conjoncture. "D'ores et déjà, les industriels évoquent la mévente des produits ou les difficultés des négociations avec les GMS", souligne Bernard Bousso. Les haricots - premiers touchés par la conjoncture chez les clients de la Cam 56, Ardo et Kerlys – seront limités à 610 ha en 2009 contre 720 pour la dernière campagne. Les épinards ne sont pas non plus épargnés. Dans la conjoncture, seuls les appertisés sous MDD tirent leur épingle du jeu chez Kerlys. Elles permettent de tirer les surfaces de pois vers le haut à la Cam 56, de +15% en 2009.

 

Progresser sur la gestion des rotations

Les évolutions réglementaires en matière de protection phytopharmaceutique n'ont pas encore sonné le glas des productions de légumes en Bretagne, selon Bernard Le Delliou. "Pour autant, on ne peut pas faire comme s'il ne se passait rien", avise le technicien de l'Unilet. Avec le règlement européen voté en janvier 2009 sur la mise en marché de substances actives, le scénario d'ici à 2018 prévoit 50% d'herbicides qui disparaitront totalement, ou dont les conditions d'utilisation seront restreintes, -60% de fongicides, et -80% d'insecticides. Au-delà de ces pourcentages, la problématique est de savoir si des produits de substitution existeront, et si la recherche est assez dynamique pour en élaborer de nouveaux. Mais comme rien n'est moins sûr, estime Bernard Le Delliou, en particulier sur la maîtrise du Sclerotinia ou le désherbage, "il faut se préparer à des solutions alternatives, et penser à assainir les sols, progresser sur le désherbage mécanique…". "Le respect des rotations devient une impérieuse nécessité", poursuit Bernard Bousso. Raison pour laquelle Julien Prat est chargé de davantage développer la formation et le conseil agronomique sur la gestion des rotations. De même que pour garantir les meilleurs résultats, la Cam 56 va s'atteler à mieux maîtriser les coûts à l'OP légumes, notamment rechercher un meilleur équilibre entre investissement et maintenance des machines de récolte, et va continuer d'optimiser la maturité et la qualité de ses productions.

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