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"Capitaliser l’expérience acquise"

C’est un retour d’expérience sur la crise sanitaire et leur gestion de l’exploitation face au confinement que Guillaume Quenet, secrétaire général de la préfecture du Morbihan est venu recueillir, mi mai, chez Valérie et Thierry Courtois, à Saint Avé. Ces deux éleveurs laitiers avec un troupeau allaitant ont vu la demande doubler en vente directe. Une orientation durable ?

Thierry et Valérie Courtois ont accueilli le sous-préfet de Vannes sur leur exploitation pour expliquer comment ils avaient vécu la crise Covid 19.
© Claire le clève

"On s’est surpris à travailler plus sereinement. Nous n’avions pas la hantise de croiser un vélo avec le tracteur ou de sortir le pulvé", détaille de la période de confinement, Valérie Courtois du Gaec des trois horizons. A la Grée en Saint-Avé, dans cette première couronne de Vannes, le péri-urbain est aux portes de la stabulation et les 95 ha de l’exploitation, morcelés en trois blocs distants, offrent peu l’occasion aux 50 laitières d’aller au champ. Leur lait est livré chez Sodiaal. A côté, un troupeau allaitant de 60 Blondes d’Aquitaine complète la valorisation en autonomie des fourrages de l’exploitation. "En 2016, nous avons commencé un peu de vente directe. On s’est fait une petite place, les clients viennent à nous", explique le couple. A la question de l’impact du confinement, la réponse est sans appel : "on a doublé notre volume en vente directe en quelques semaines. D’une bête vendue en caissettes tous les deux mois, nous en avons vendu une toutes les trois semaines. De 30 % en vente directe on aimerait passer à 50 %". Car l’offre ne suffit pas à la demande.

Garder la valeur ajoutée

Et le confinement les a obligés à imaginer une autre forme de distribution, " Nous avons organisé un drive, c’est moins convivial mais plus sécurisant". Les 35 colis de 10 kilos se sont envolés comme des petits pains. "C’est la même chose pour nos collègues maraîchers". Et de réfléchir à une installation avec chambre froide plus grande, se regrouper avec des collègues ? "Partout les initiatives se multiplient comme les offres de solutions qui nous sont faites. L’enjeu, c’est de garder la valeur ajoutée pour l’exploitation", cadre Laurent Kerlir, président de la chambre d’agriculture. L’envol des ventes ? "C’est grâce aux réseaux sociaux. Les gens sont inscrits sur notre page Facebook, je mets des photos du quotidien. C’est un merveilleux moyen de communiquer. Les gens changent leur regard sur notre métier", apprécie le couple. "Ici, la cohabitation avec la population se passe très bien. On essaie de faire les choses correctement et les gens comprennent". Passer au bio ou au label ? "On y a pensé, la plus value n’est pas au rendez-vous. C’est le client qui est juge". Quant au lait et à la tension sur la production ? "Ici, nous n’aimons pas accélérer au printemps, on lève plutôt le pied", détaillent les producteurs. "Le pic de production n’a pas eu lieu en Bretagne qui affiche moins 2 % ! Les entreprises font les pleureuses, on est les bons petits soldats mais on n’arrive pas à avoir de retour", déplore Marie-Andrée Luherne en charge du dossier lait à la FRESA.

Claire Le Clève

 

 

Les gens changent de regard sur notre métier

 

 

Covid, une gestion de crise

 

"On s’est organisé par filière. Je me suis chargé de la filière agricole en liaison avec la chambre d’agriculture, le syndicalisme et tous les acteurs de terrain, et en groupe de travail. Tous les jours, nous étions en lien. On nous faisait remonter des questions que nous avons traitées", explique Guillaume Quenet sur le fonctionnement de gestion de crise mis en place à la Préfecture du Morbihan. Un travail de liaison et une réactivité saluée et appréciée."C’est la première fois que je sens ce soutien de l’administration et de l’État. Nous avons ressenti cet appui", n’a pas caché Thierry Courtois apprécant les efforts. "Tous les acteurs ont été réactifs, avec un sérieux et une efficacité ! Chaque salarié des Cuma, des ETA, des fournisseurs d’aliments. Merci d’avoir travaillé pour nous. Il ne faudra pas qu’on l’oublie". En retour "c’est l 'occasion de saluer le travail de l'ensemble des acteurs des filières agricoles pendant cette période de crise sanitaire. Dans ce contexte exceptionnel, la profession agricole a su se réinventer, à l'image de cette exploitation qui propose de la vente directe et développe les circuits courts", a noté Guillaume Quenet.

 

Guillaume Quenet, secrétaire général de la préfecture du Morbihan a salué la mobilisation des acteurs de la filière agricole pendant cette crise sanitaire.

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