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JEAN-MICHEL CHOQUET ET LES FERMETURES CHEZ DOUX
A cause de Marrakech... Et maintenant Doha

L'annonce faite par le groupe Doux, le 10 juillet dernier, de la fermeture dans le Morbihan des unités d'abattage et de découpe de Locminé (451 salariés), et de Pleucadeuc (62 emplois) suscite l'émoi. Point de vue de Jean-Michel Choquet.

Jean-Michel Choquet
Jean-Michel Choquet
© Terra

Il témoigne "de la fragilité persistante du secteur avicole", a fait savoir la Confédération française de l'aviculture. "Une situation  dramatique", pour Jean- Michel Choquet, responsable de la section avicole de la FDSEA du Morbihan, qui n'y voit que la conséquence des accords de Marrakech. Il redoute que l'achèvement du cycle de Doha, en cours de négociation à l'OMC, ne finisse de précipiter l'aviculture bretonne dans un mur.

Le quart du parc a disparu
"Un élevage en Bretagne, c'est neuf emplois induits". Les chiffres sont têtus. Depuis 2000, le parc avicole "trinque". "Sur  6 millions de m2, on a perdu le quart du parc. Rien que dans le Morbihan, ce sont 400 000 m2 qui ont disparu", note-t-il. Sur les 2 300 000 dindes mises en production par semaine en France en 2002, "il n'en subsiste que 1,3 million aujourd'hui". La Bretagne occupe 45 % de la production nationale et le Morbihan, la bonne moitié bretonne. "Ces fermetures d'outils industriels ne sont que la conséquence de cette baisse de production", relève Jean-Michel Choquet. Une production dont les accords de Marrakech, en 1994, ont signé le "début de la fin. On a laissé entrer 700 000 t de viande blanche à taux de douane réduits," explique-t-il. Un compromis accepté pour garder des parts de marchés ailleurs qu'en agriculture. C'est ainsi que les débouchés traditionnels de dinde vers le Royaume-Uni, d'abord, puis l'Allemagne, se sont volatilisés au profit du Brésil. Brésil que Doux avait investi en rachetant Frangosur en 1998. "La messe a été dite". Deux années déficitaires ont fait le reste sur des outils tournant au tiers de leur régime.


Choisir entre la peste et le choléra

Pour l'aviculteur morbihannais, "la meilleure façon d'éviter cela et de renforcer la filière, c'est de garder les éleveurs". A condition de pouvoir vendre. L'achèvement du cycle de Doha, en cours de discussions à Genève, fait craindre le pire en matière d'aviculture et de production porcine. "On pourrait proposer le classement de certains produits dits sensibles et de les protéger par des droits de douane forts, à condition d'accepter l'importation de viandes blanches de 700 000 t à 1 million de tonne, se désole Jean-Michel Choquet. Autant choisir entre la peste et le choléra, tempête-t-il. Les politiques peuvent gesticuler, il n'y a rien à mettre dans les abattoirs. Qu'on continue à ouvrir les frontières en faisant entrer n'importe quoi, des poulets à l'eau de javel, par exemple, et on va encore fermer des usines", prévient-il. A un mauvais accord, "mieux vaut aucun accord", résume-t-il. "Nourrir les gens, c'est capital pour un pays souverain. On peut faire le choix de les nourrir à moindre coût, mais à un moment, on le paye au centuple", explique-t-il en invoquant pour preuve la casse sociale vécue dans la filière avicole aujourd'hui à l'Ouest.

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